Vendredi, le Groupe de travail sur les mines et métaux a présenté 18 recommandations dans le cadre du Colloque minier qui se tenait à l'Hôtel Chicoutimi.

La ruée vers les mines

CHRONIQUE / Faire du Saguenay-Lac-Saint-Jean une région minière. Voilà le projet que propose le Groupe de travail sur les mines et métaux créé dans le cadre du suivi du Sommet économique régional de 2015. Dans le rapport rendu public vendredi midi, les coprésidents Brigitte Gagné, de Produits forestiers Résolu et François Gagné, ancien président de la Chambre de commerce et d'industrie Saguenay-Le Fjord, ont présenté les 18 recommandations dans le cadre du Colloque minier qui se déroulait à l'Hôtel Chicoutimi.
François Gagné, ancien président de la Chambre de commerce et d'industrie Saguenay-Le Fjord, et Brigitte Gagné, de Produits forestiers Résolu, ont présenté le rapport du Groupe de travail sur les mines et minéraux vendredi, lors du colloque minier du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
« La région de l'Abitibi-Témiscamingue compte présentement 1670 projets miniers en démarche et ici au Saguenay-Lac-Saint-Jean nous en avons à peine deux ou trois », a mis en relief François Gagné lors de la présentation. « On ignore combien de ces projets en Abitibi se rendront à terme, mais il n'en demeure pas moins que ça bouge beaucoup comparativement à notre région », ajoute-t-il.
« En Abitibi ils ont de l'or. On nous a expliqué que ce métal précieux avait favorisé la prospection et l'exploration minière. C'est parfois en cherchant de l'or que les compagnies minières ont trouvé d'autres métaux pour bâtir un historique de 70 ans d'industrie minière dans cette région », a fait valoir François Gagné qui considère que la région recèle un immense potentiel minéral reconnu, mais sous-estimé.
Nouveaux métaux
« Le Saguenay-Lac-Saint-Jean offre beaucoup de possibilités minières. L'industrie des téléphones intelligents et de l'informatique fait appel à de nouveaux matériaux et les possibilités sont énormes pour le vaste territoire de la région », assure Frank Guillemette, prospecteur, qui a reçu en 2016 la Médaille Nicolas Denys pour souligner la carrière d'un prospecteur qui a contribué de façon significative au développement de la prospection et de l'exploration minière au Québec.
« Je travaille en collaboration avec l'Association des prospecteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean et je développe des projets miniers avec eux. Depuis 2004, nous avons réussi à générer des investissements de plus de 14 millions $ dans la région », soutient le prospecteur.
« Certains projets exigent jusqu'à 150 permis de toutes sortes avant d'être réalisés. L'accompagnement fait d'ailleurs partie des recommandations du rapport pour réduire les délais de réalisation et s'assurer d'un allègement réglementaire », explique François Gagné.
L'impact d'une industrie minière dynamique ne génère pas seulement des retombées au chapitre des emplois, mais aussi dans la communauté. En Abitibi, en 2015, les quatre compagnies minières ont investi plus de trois millions de dollars en dons et commandites. Il y a des fondations, des causes et des événements qui seraient bien heureux de compter sur de telles sommes annuellement dans la région.
Parmi les recommandations formulées par le Groupe de travail sur les mines et métaux, l'acquisition de connaissances arrive en tête de liste. « Avant de décréter une aire protégée, il faut s'assurer qu'une cartographie complète et une analyse adéquate des potentiels miniers soient réalisées », estiment les auteurs du rapport.
Cartes du sous-sol
Le Saguenay-Lac-Saint-Jean est aussi vaste que l'Abitibi et il doit y avoir toutes sortes de ressources disponibles. Il serait en effet indispensable d'investir pour cartographier adéquatement non seulement le sol, mais le sous-sol. Il existe aujourd'hui de nouvelles technologies pour découvrir ce que contiennent les roches. Il y a encore des prospecteurs qui se promènent en forêt comme de grands amants de la nature à la différence qu'ils n'observent pas les arbres et les animaux, mais qu'ils marchent tête baissée pour trouver des roches bizarres, mais il y a aussi de nouvelles technologies qui pourraient stimuler la prospection.
Évidemment l'acceptabilité sociale touche près de la moitié des recommandations du rapport du Groupe de travail sur les mines et métaux. Les auteurs vont jusqu'à recommander qu'un fond d'exploration minière autochtone soit instauré pour soutenir les activités liées à l'exploration du potentiel minéral. À ce sujet, le prospecteur Frank Guillemette a suggéré que ce fonds d'exploration soit aussi disponible pour d'autres projets autres qu'autochtones. « Je ne connais pas beaucoup de prospecteurs autochtones dans notre domaine », fait part l'homme d'affaires qui achète des claims pour faire lever des projets. Les autochtones semblent incontournables dans le développement des projets miniers. 
Autochtones
Le député de Dubuc Serge Simard, qui était présent lors du colloque minier en compagnie de son collègue Guy Bourgeois, député d'Abitibi-Est, adjoint parlementaire du ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable du Plan Nord, s'est aussi prononcé. « La loi est claire, les promoteurs de projets sur les territoires autochtones sont obligés de consulter les premières nations pour obtenir l'acceptabilité sociale. Il faut travailler en partenariat. Nous sommes condamnés à nous entendre », a fait valoir celui qui a été ministre délégué aux Ressources naturelles et à la Faune de 2008 à 2012.
On est loin de la ruée vers l'or, mais ce n'est pas une mauvaise idée de réveiller ce qui dort dans le sous-sol de la région. Notre pays traditionnellement lié à l'agriculture, à la forêt et à l'aluminium va peut-être se réinventer une autre industrie. Le tourisme d'aventure et les grands espaces, c'est bien, mais ça ne génère pas beaucoup de retombées. Il est temps que Niobec, Blackrock et Arianne Phosphate inspirent les prochaines générations.