Carol Grenier, un bénévole de l'organisme les Petits frères de Saguenay, visite une fois par semaine sa vieille amie à la résidence Les Jardins Sainte-Émilie de Jonquière.

La rencontre de Carol et Jane

À l'occasion de la semaine du bénévolat, notre chroniqueur est allé à la rencontre de personnes bénévoles qui se dévouent dans leur collectivité pour rendre service, semer du bonheur, écouter les autres, aider, s'impliquer et créer des liens. Ces gens généreux reçoivent autant qu'ils donnent, même si souvent ils côtoient la solitude, la tristesse, la misère et l'abandon. Ils veulent faire plaisir, c'est dans leur ADN. Notre chroniqueur a puisé dans les ressources du Centre d'action bénévole de Chicoutimi et de l'organisme les Petits frères de Saguenay pour recueillir des témoignages. Voici le deuxième volet de son reportage.
Jane venait de perdre son partenaire de vie. À plus de 80 ans, elle se retrouvait seule dans son appartement. C'est en attendant à la pharmacie qu'elle a trouvé un dépliant sur les Petits frères de Saguenay. « J'ai peut-être vu ces dépliants une centaine de fois avant, mais je n'avais jamais porté attention. Et là, tout d'un coup, comme ça, mon regard s'est arrêté sur les Petits frères à un moment où j'en avais besoin », raconte la gentille dame que j'ai rencontrée dans son coquet appartement de la résidence Les Jardins Sainte-Émilie de Jonquière.
« Après un coup de téléphone chez les Petits frères des pauvres (l'ancien nom de l'organisme), j'ai pris la décision de déménager ici, dans la résidence. Tout a fonctionné du premier coup ; les Petits frères m'ont trouvé un ami bénévole qui me rend visite une fois par semaine et la résidence m'a trouvé l'appartement que je voulais. Tout a marché facilement. Il faut dire que je l'avais demandé en haut avant, mais ça, c'est une autre histoire », raconte la dame qui a pris cette décision quatre mois après le décès de son partenaire de vie.
La vie n'a pas été facile pour Jane Roy. Elle a perdu son mari et ses quatre enfants, au cours de sa vie. Survivre à ses enfants, aucune mère ne veut ça. 
« Je me suis retrouvée seule dans mon appartement, je l'ai fait pendant quatre mois. On regarde les murs et on se sent envahi par la solitude », témoigne celle qui n'a pas hésité à contacter l'organisme des Petits frères de Saguenay.
Du temps à offrir
Carol est un policier de la Sûreté du Québec à la retraite, il a du temps pour lui. « Je venais de voir la publicité des Petits frères dans le magazine Virage de la FADOQ et 10 minutes après, je vois la même publicité à la télé. Je me dis : "Coudonc, sont-ils en train de me parler eux autres ? " », raconte l'homme dans la soixantaine qui a rempli un formulaire d'implication bénévole par Internet.
L'organisme l'a rappelé immédiatement pour le jumeler avec une vieille amie de 93 ans qui est décédée au bout de quelques semaines. « J'ai fait la rencontre de madame Roy dans les jours qui ont suivi sa demande de service et je pourrais dire que le courant passe bien entre nous. Nous ne manquons jamais de sujets de conversation », assure celui qui vient lui rendre visite toutes les semaines. « Nous sommes deux grandes gueules et on se fait du bien l'un l'autre. Nous allons nous côtoyer aussi longtemps qu'on pourra le faire », indique Carol Grenier, précisant que les jumelages à long terme sont un des objectifs des Petits frères de Saguenay.
« Avec M. Grenier, je me sens utile, il me rend bien des services, on se raconte des blagues, les mauvais coups qu'on a faits dans le passé et on se promène partout dans nos discussions sur le Nouveau-Brunsuick d'où je suis originaire » raconte la dame. « Je ne suis pas impotente et je marche beaucoup », insiste celle qui a bon pied bon oeil et qui affiche une belle santé. « J'ai passé ma vie à travailler avec le public et je suis habituée aux discussions. Ça me fait du bien », dit-elle. « Je ne veux pas de services gouvernementaux, je veux de l'aide », fait savoir celle qui ne regrettera jamais d'avoir téléphoné aux Petits frères de Saguenay.
L'implication bénévole de Carol Grenier lui fait autant de bien à lui qu'à sa vieille amie. « C'est important d'aider son prochain, de se rendre utile », fait valoir l'ex-policier. Des fois M. Grenier lui offre un transport comme visite de la semaine. 
« Un taxi, l'hiver, oubliez ça. On nous fait souvent descendre en face d'un banc de neige et les chauffeurs ne vous ouvrent même pas la porte », évoque madame Roy qui se sent en sécurité avec son ami bénévole qui lui consacre au moins deux heures par semaine.