La gérante du Walmart de Chicoutimi, Lisette Rivard (au centre, en noir), était bien contente de recevoir la clientèle pour l'ouverture du nouveau Supercentre Walmart de Chicoutimi, jeudi. Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, était présent pour l'inauguration.

La madame était contente

CHRONIQUE / La madame était bien contente. Les rénovations au Walmart de Chicoutimi sont terminées. La gérante Lisette Rivard, qui travaillait pour Woolco avant que ça devienne Walmart, travaille pour le géant du commerce au détail depuis 29 ans dans la région. Ça fait une longue carrière comme associée pour la dame de Chicoutimi.
La madame du Walmart nous a reçus à l'entrée avec du popcorn et du café gratuit en nous souhaitant la bienvenue dans le nouveau Supercentre Walmart. Les rideaux sont enlevés et les comptoirs à fruits et légumes sont installés avec de beaux enseignes au néon. Les prix sont intéressants pour certains produits : du jus de tomate Heinz à 0,50 $ la canne, on ne voit pas ça souvent.
C'est quand même difficile à imaginer que, dans un rayon d'un kilomètre carré, on trouve un Maxi, un Super C, un Provigo, un IGA, un Metro, en plus de Costco qui n'est pas très loin, et quelques épiceries fines. Et voilà que le géant du commerce au détail se dit : « Tiens, j'ai une bonne idée. Je vais transformer mon magasin en épicerie ». C'est quand même étonnant pour nous, simples consommateurs, de comprendre cette métamorphose.
« Pour ce géant américain, c'est une simple question de part de marché. Avec ce nouveau concept, ils vont réussir à prendre des parts de marché à leurs concurrents et ainsi augmenter leur volume. Grâce à leur structure d'entreprise, ils sont capables d'offrir de bons prix et de concurrencer les autres épiceries », fait valoir André Michaud, consultant spécialiste en alimentation.
« C'est clair que les autres commerces d'alimentation vont perdre des ventes. À ce que je sache, la population de Chicoutimi n'a pas augmenté ces dernières années pour justifier un autre supermarché. C'est une guerre de titans que ce livrent ces commerces. Il va falloir que les autres joueurs s'adaptent à cette nouvelle réalité. Ce n'est pas toujours aux fournisseurs de changer leurs façons de faire », estime le spécialiste.
Les clients le disaient dans les allées au hasard de quelques commentaires entendus. « Il va y avoir moins de monde chez Costco, c'est certain. C'est l'enfer, ils vont sûrement faire mal aux autres magasins. »
Les consommateurs sentent bien que ça n'a pas de bon sens d'ouvrir une autre épicerie dans un aussi petit marché que Chicoutimi. Enfin, ils doivent connaître leur affaire mieux que quiconque, ils ont plus de 400 succursales au Canada avec plus de 95 000 employés, ce n'est pas une cabane à patates frites.
Au-delà des super prix sur certains produits vedettes, l'épicerie du Supercentre Walmart, à part de grandes allées équivalentes à quatre voies, n'a rien de plus à offrir qu'une épicerie normale. On y trouve peu de produits régionaux à part le lait Nutrinor et quelques sacs de fromages en crottes. Le même produit occupe cependant plus de place sur les tablettes, ça donne l'impression d'abondance. C'est le cas notamment dans les nombreux congélateurs vitrés.
Tout de même, le nouvel investissement a l'avantage d'avoir créé une trentaine d'emplois supplémentaires dans un magasin qui en compte déjà 190, que Walmart appelle affectueusement des associés. Il s'agit du 54e magasin à être transformé au Québec.
La première chose qu'on peut constater avec l'arrivée de cette nouvelle méga épicerie à Chicoutimi, c'est que le consommateur y trouvera un avantage au niveau des prix. On ignore cependant ce que sera l'impact chez les concurrents. On ne surnomme pas Walmart du nom de « killer » pour rien. Leur présence se fait toujours ressentir par la concurrence.
Je ne crois pas que j'irai faire mon épicerie chez Walmart, mais jeudi, lors de l'ouverture, j'étais très tenté par les bas prix de certains produits. Alors comme c'est près de chez moi et que je passe souvent dans le coin, je vais peut-être en profiter. Il y a quand même près de 200 personnes de Chicoutimi qui travaillent là et la madame bien contente y a fait une carrière de 29 ans. On dira ce qu'on voudra, ce sont des gens d'ici. Walmart n'a pas fait venir des travailleurs du Mexique pour en faire des associés.