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Roger Blackburn
Le Quotidien
Roger Blackburn

La grève d’Exceldor affecte la région

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La grève des 600 employés de la coopérative Exceldor de Saint-Anselme, spécialisée dans la transformation de poulets, commence à avoir des impacts dans la région.

Le restaurant Chez Georges à Chicoutimi et les marchés d’alimentation IGA ont de la difficulté à s’approvisionner en raison de cette grève déclenchée le 23 mai dernier. Après 10 jours de conflit, le poulet commence à manquer chez les clients de cette usine d’abattage de volailles, une des plus importantes au Québec.

« Tous les plats de poulet que nous offrons sur le menu sont des poulets d’Exceldor et nous ne sommes plus capables d’en recevoir en raison du conflit. Je multiplie les démarches pour en trouver chez d’autres fournisseurs, mais ils servent leurs clients en premier », exprime Sandy Laforge, copropriétaire du restaurant Chez Georges et responsable des opérations, qui assure avoir réussi à combler son inventaire, non sans peine.

Même son de cloche dans les supermarchés IGA, qui sont aussi des clients de la Coop Exceldor. « Pour le moment, nous sommes dans la même situation que tout le monde, on manque de poulet. On va attendre l’arrivage de demain (vendredi) pour voir si les fournisseurs avaient des commandes en réserve », a commenté le propriétaire du IGA Talbot à Chicoutimi, Yvon Haché.

Le propriétaire du restaurant Saint-Hubert sur Talbot à Chicoutimi, Stéphane Laforge, fait valoir que la chaîne est cliente d’Exceldor et de Olymel et que « pour le moment, on réussi à répartir les poulets dans les restaurants de la chaîne. Nous serons touchés par ce conflit, évidemment », a-t-il dit lors d’un appel téléphonique.

Le gouvernement interpellé

Mardi, Exceldor a publié un communiqué pour interpeller le gouvernement à propos de ce conflit à son usine de Saint-Anselme, où on transforme un million de poulets par semaine.

« Les conséquences de ce conflit sont désastreuses avec plus de 200 000 poulets euthanasiés depuis le début du conflit et 300 000 de plus qui s’ajouteront d’ici la fin de la journée de dimanche. Ce sont donc 500 000 poulets qui auront été euthanasiés en deux semaines de conflit. Il est déjà prévu que la cadence d’euthanasie à la ferme se poursuivra à raison d’au moins 400 000 poulets par semaine. À noter que le maximum de volailles est déjà déplacé vers d’autres entreprises de transformation primaire au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick », indique la direction de la coopérative.

C’est inacceptable que les producteurs de poulets du Québec doivent euthanasier leurs volailles en raison de cette grève. Il doit sûrement y avoir une loi pour la protection des animaux qui empêche ça. Du gaspillage alimentaire de cet ordre ne devrait pas exister.

Lire aussi : Conflit de travail chez Exceldor : le poulet pourrait s'envoler des menus 

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Service essentiel

« En plus d’affecter grandement les chaînes d’approvisionnement des supermarchés et des restaurants désormais autorisés à rouvrir leur salle à manger, cette grève pourrait se traduire par l’incapacité des autres usines de la coopérative à obtenir la matière première dont elles ont besoin pour transformer la volaille », ajoute la direction d’Exceldor.

« Au plus fort de la pandémie, des entreprises alimentaires comme Exceldor coopérative étaient reconnues comme un secteur prioritaire en raison des services essentiels qu’elles offraient à la population. Aujourd’hui, il est inconcevable que cette grève nous empêche d’être ce service tout aussi essentiel pour nourrir les Québécois et les Canadiens », de commenter, via un communiqué, Joël Cormier, vice-président principal Division poulet.

Pour ceux que ça intéresse, voici de l’information d’ordre corporatif qu’on retrouve à la fin du communiqué :

« Exceldor coopérative, propriété de quelque 400 membres producteurs au Canada, a son siège social à Lévis et sa production est répartie entre ses usines de Saint-Anselme, Saint-Damase, Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Agapit au Québec, ainsi que celles de Hanover en Ontario et de Blumenort au Manitoba. La coopérative opère également un centre de distribution à Beloeil, au Québec, et est aussi copropriétaire de quatre autres entreprises œuvrant dans le secteur de la volaille, soit Les Viandes Lacroix, Unidindon et Volailles Giannone au Québec, ainsi que Golden Valley Farms en Ontario.

La coopérative commercialise des produits sous plusieurs marques, dont Exceldor, Butterball, Granny’s et Lacroix. Elle a plus de 3450 employés à son actif et a un chiffre d’affaires de l’ordre de 1 milliard de dollars. »