La grand-maman Salma, qui pose ici en compagnie de Réjean Bergeron et de son fils Ammar, était très heureuse de savoir que sa fille avait quitté le Liban pour venir les retrouver à Saguenay.

La grand-mère irakienne rapatrie sa fille

CHRONIQUE / Quand la grand-maman de la famille irakienne de Chicoutimi, Salma Alqes Hanna, a appris que sa fille Maissa, réfugiée au Liban, pouvait émigrer à Chicoutimi, elle ne se comprenait plus. « Elle est arrivée ici dans ma maison, tout excitée les bras en l’air, en disant que Dieu avait entendu ses prières », raconte Monique Simard, qui accompagne cette famille d’immigrants depuis le mois d’avril 2018.

Un autre parrainage privé

Le comité d’accueil de la paroisse Sainte-Anne a donc entrepris une autre réflexion, car c’est beaucoup de responsabilités que d’accepter de parrainer une famille d’immigrants. « Quand Mario Brisson (un père jésuite de Montréal originaire d’Arvida) nous a contactés pour nous dire qu’ils avaient réussi à amasser les fonds nécessaires pour faire émigrer la fille de Salma avec son mari et ses quatre enfants, nous savions ce que ça exigeait comme engagement. Mais comme c’est la sœur d’Ammar, qui vit près de nous depuis sept mois, nous avons accepté de faire les démarches », raconte Réjean Bergeron qui vit quotidiennement le défi de l’intégration avec sa conjointe Monique Simard.

Le couple, qui a entrepris le parrainage privé des réfugiés avec Denis Tremblay, de la paroisse Sainte-Anne, répète donc l’expérience. Réjean Bergeron a pris la direction de l’aéroport de Montréal en compagnie de Denis Tremblay et d’Ammar Shamoon, mardi midi, pour accueillir cette nouvelle famille irakienne.

Terre promise à Saguenay

« Nous avions déjà l’expérience pour ce qui est de la paperasse et nous avons aussi des contacts à la commission scolaire, au ministère de l’Immigration, et il y a maintenant une employée à la Ville de Saguenay qui s’occupe des immigrants », fait valoir celui que les jeunes Irakiens appellent affectueusement « papy ».

« Les Irakiens ont trouvé la terre promise à Saguenay. Le comité d’accueil a donc fait les démarches pour leur trouver un logement pas loin de l’école Charles-Gravel et de généreux donateurs se sont immédiatement manifestés pour trouver des meubles, des lits et des électroménagers pour que la famille puisse s’installer », explique Réjean Bergeron.

Implication exigeante

La famille irakienne, qui devait en principe arriver à Chicoutimi dans la nuit de mardi à mercredi, est composée de Maissa, sœur d’Ammar et fille de Salma, de son mari, de ses trois garçons de 22, 18 et 15 ans, ainsi que de sa fille âgée de cinq ans. « Les réfugiés irakiens à Beyrouth connaissent tous Chicoutimi. Ils savent que la vie est facile pour eux ici et on dirait qu’ils veulent tous venir y habiter. Le frère d’Ammar, qui vit à Montréal, a aussi manifesté l’intention de s’en venir au Saguenay », fait savoir Réjean Bergeron.

« Malheureusement, on ne peut pas tous les accueillir, c’est très exigeant comme implication personnelle. Notre implication sera moins intense cette fois-ci, car la famille d’Ammar est déjà installée ici et elle pourra s’occuper de l’intégration de la famille de sa sœur, de ses neveux et nièces », expose le parrain des immigrants.

« Les Irakiens se sentent bien ici. Ce sont des catholiques pratiquants et ils sont très croyants, un peu comme les familles québécoises l’étaient dans les années 1960. Ils disent que c’est le bon Dieu qui nous a mis sur leur route. Ils vont à la messe tous les dimanches et prient très fort pour que de Dieu prenne soin d’eux », met en relief Monique Simard qui est très engagée dans ce parrainage.

Générosité des gens

Celle qui dirige avec son conjoint un élevage d’alpagas sur le boulevard Sainte-Geneviève désire souligner au passage la générosité et le dévouement du conseiller municipal Marc Petterson qui a multiplié les gestes depuis le mois d’avril pour veiller au bien-être de cette famille d’immigrants. « Il n’a pas hésité à entreprendre les démarches pour que chaque enfant ait un vélo cet été en plus d’organiser un souper-bénéfice pour les aider », détaille Monique Simard.

La famille irakienne de Chicoutimi passera un premier Noël en famille depuis cinq ans. Seule la fille de Salma, qui vit à Toronto, ne sera pas au rendez-vous le 25 décembre puisqu’elle a accouché récemment et ne peut faire le voyage. Les cousins et cousines pourront partager ce beau moment ensemble autour de l’arbre de Noël qui trône au-dessus d’une belle crèche dans le coin du salon.

Courtisés pour des emplois

« Pour eux, c’est un cadeau du Bon Dieu. Ils adorent vivre à Saguenay et l’hiver pour eux n’est pas un souci. Ils ont hâte d’essayer le ski de fond et de pêcher dans les cabanes à La Baie. Les enfants maîtrisent le français alors que les adultes suivent présentement, à temps plein, des cours de francisation. Ils prennent ça à cœur et ils ont le nez dans leur cahier le soir pour faire leurs devoirs », indique Monique Simard.

Réjean Bergeron me confiait qu’un employeur a voulu inviter les familles irakiennes pour offrir des cadeaux de Noël aux enfants. « Ils commencent déjà à se faire solliciter pour des emplois, tellement le manque de main-d’œuvre est criant », expose-t-il.