La génération Z s'impose

CHRONIQUE / Ils sont nés après 1995, ils ont entre 15 et 21 ans, ils vivent avec Internet et vivront toujours avec. Ils se fient plus aux médias sociaux qu'aux médias traditionnels, ils expriment leur individualité dans le collectif des réseaux sociaux, ils sont débrouillards, pragmatiques, autodidactes et entrepreneurs, passionnés, peu dociles, et pensent qu'ils peuvent tout faire.
Réjean Simard, psychologue clinicien de Saint-Prime, a donné une conférence sur la génération Z, mardi, à la bibliothèque Georges-Henri-Lévesque de Roberval.
Ils aiment travailler en s'amusant, ils veulent du temps pour leurs loisirs et refusent d'adopter le rythme de travail des plus vieux. La sévérité et les ordres les font fuir. Les sociologues ont cerné la génération Z et elle risque de changer le monde du travail. Le psychologue Réjean Simard de Saint-Prime en a tracé le portrait mardi dans le cadre d'une conférence présentée à la bibliothèque Georges-Henri-Lévesque de Roberval. 
«Les employeurs devront s'adapter, car les jeunes de cette nouvelle génération refuseront de se conformer à un cadre de travail qui ne leur convient pas. Si ça ne fait pas leur affaire, ils iront travailler ailleurs», soutient le clinicien.
La conférence s'est transformée en discussion de cuisine alors que le psychologue a invité les cinq personnes présentes à s'asseoir autour de la table pour présenter une conférence qu'il avait donnée en 2016 à des professeurs en formation professionnelle.
«Ils ont grandi avec le téléphone intelligent, ils ont des amis virtuels qu'ils n'ont jamais rencontrés en personne, ils sont actifs sur Instagram et Snapchat, ce sont les enfants du cocooning, ils sont gâtés et veulent que tout se règle tout de suite», décrit le psychologue qui reçoit régulièrement des parents de ces adolescents dans son bureau.
Le clinicien précise également que les jeunes de la génération Z sont réputés pour être généreux et avoir envie de partage, «mais ils attendent un retour immédiat», indique Réjean Simard.
Le psychologue fait aussi remarquer que les jeunes sont bombardés d'information à longueur de journée et que ça finit par causer de l'épuisement et de l'anxiété. «On constate de plus en plus de trouble anxieux chez les ados. Ils sont toujours à la course et laissent peu de repos à leur cerveau; ils sont hyperstimulés», dit-il laissant entendre que ce sont des comportements qui pourraient alimenter les troubles d'anxiété et les déficits d'attention.
Environnement agité
L'adolescence est une période très difficile pour les jeunes et la génération Z fait face à un environnement plus agité que celles précédentes. Les parents doivent continuer de les encadrer, les jeunes ont besoin de ça. Pour un ado, la liberté c'est ''faire ce que je veux''. Les parents doivent dialoguer avec eux, mais la génération Z est prête à vous écouter si vous faites l'effort de les écouter, sinon ils vont se braquer et rien ne réussira à passer», énonce le psychologue devant l'approbation des mamans qui assistent à la rencontre.
Les Z font aussi preuve d'une grande créativité, ils sont aussi plus affirmatifs et ils n'ont pas l'intention de se laisser piler sur les pieds. «Si on fait équipe avec les jeunes de la génération Z sur le plan professionnel ça va donner d'excellents résultats, mais s'ils ressentent une autorité, ils vont se braquer et partir», tranche le psychologue.
Une des femmes présentes à la conférence a témoigné de son expérience personnelle au travail avec les Z qui pensent davantage à leur loisir qu'à leur travail. «Ils ne veulent pas travailler les fins de semaine, ils ne sont pas disponibles pour des remplacements. Une jeune m'a clairement fait savoir que ce n'est pas moi qui allais l'empêcher d'aller à son voyage dans le Sud, alors que je préparais les horaires de travail. Les plus anciens employés au CHSLD où je travaille parlent de prendre toutes leurs vacances en même temps cet été pour voir comment les jeunes vont s'arranger s'il n'y a plus de personnel expérimenté pour travailler les soirs et les fins de semaine. Si leur comportement ne fait pas notre affaire, ils nous indiquent clairement que ça ne les dérange pas et que s'ils n'ont pas ce qu'ils désirent, ils vont partir pour travailler en agence», de raconter la dame, une attitude que le psychologue a cueillie sans surprise.
Si les employeurs ont trouvé difficile l'arrivée des Y sur le marché du travail, ils ne seront pas au bout de leur peine avec les Z. Ils devront s'adapter.