Roger Blackburn
Le Quotidien
Roger Blackburn
Laurence Dubé acquiert de nouvelles connaissances tous les jours dans la réparation de patins à roulettes.
Laurence Dubé acquiert de nouvelles connaissances tous les jours dans la réparation de patins à roulettes.

La chasse aux patins à roulettes

CHRONIQUE / Laurence Dubé, 22 ans, de Chicoutimi, a reçu cette semaine le titre d’étudiante entrepreneure du mois d’août 2020 par l’Association des clubs d’entrepreneurs étudiants du Québec (ACEEQ), pour avoir créé Patinodrome Saguenay, une entreprise de production d’événements de patins à roulettes vintage.

En 2018, elle a participé à l’événement Retour à la Grosse Machine, en collaboration avec La Plug Production, en hommage à l’ancienne Grosse Machine de Chicoutimi, un genre de patinodrome où les jeunes allaient patiner au son de la musique disco.

La jeune entrepreneure entrepose ses patins à roulettes chez des amis, chez ses parents et partout ou elle peut.

Depuis cet événement, qui a connu du succès au pavillon de l’Agriculture avec la participation de 400 personnes, Laurence Dubé prépare le Retour de la Grosse Machine pour 2021, en espérant organiser des soirées semblables partout au Québec.

« Je n’ai pas l’intention d’acheter une bâtisse pour le transformer en patinodrome, mais j’ai l’intention de louer des emplacements pour organiser des soirées de patins dans plusieurs villes », précise-t-elle.

Collection

« Je suis en train de monter un inventaire de patins à roulettes, à quatre roues, vintage, pour être en mesure d’en louer aux participants lors des prochains événements. Présentement, j’en ai 200 paires et je veux me rendre à 250 », exprime la jeune organisatrice d’événements.

Pour avoir créé Patinodrome Saguenay, Laurence Dubé a été nommée étudiante entrepreneure du mois d’août 2020 par l’Association des clubs d’entrepreneurs étudiants du Québec.

« Je mets beaucoup de temps pour revamper les patins que je déniche un peu partout sur des sites d’annonces classées. Il y a des gens qui veulent s’en débarrasser et je passe les prendre. Je m’assure que les équipements sont sécuritaires. Je vais sur Internet pour savoir comment les réparer et quand c’est plus sérieux, je fais affaire avec un cordonnier », dit-elle.

« Je ne suis pas une adepte de patin. Je ne suis même pas capable de freiner. Ce que j’aime, c’est d’organiser des événements. Il y a plus de demande que d’offre pour les soirées de patins, qui sont entourées de nostalgie. Je n’étais même pas encore née à l’époque de la Grosse Machine. Ce projet-là est arrivé par hasard dans ma vie. J’ai senti une vibe », exprime-t-elle.

Course aux patins

Laurence entrepose ses patins dans le sous-sol de la maison de sa mère, dans sa voiture et chez des amis. Elle est en train se se constituer une collection unique de patins vintage.

« Je les déniche un par un, sauf lors de la fermeture du Paladium de Brossard. J’ai pu en acheter un lot de 60 paires. C’était la dernière place au Québec où on pouvait faire du patin à roulettes intérieur. Cette fermeture a causé de la déception chez plusieurs adeptes », souligne la jeune entrepreneure de 22 ans.

Elle administre une page Facebook, où elle partage ses trouvailles. Et elle a fait partie de trois clubs d’entrepreneurs depuis 2018, soit ceux des cégeps de Chicoutimi, de Jonquière et de Saint-Jérôme.

Laurence Dubé est maintenant de retour dans sa région. Elle a profité de ses aller-retour entre la maison de ses parents et le Cégep de Saint-Jérôme pour cueillir des patins à roulettes le long de sa route.

Elle a acheté un lot de patins à la fermeture du Paladium de Brossard.

En attendant de pouvoir organiser des événements, Laurence Dubé apprend le métier de cordonnière et continue sa campagne de financement en vendant des bonbons au sucre d’orge à deux dollars.

« C’est une belle reconnaissance de la part des clubs d’entrepreneurs. J’ai appris beaucoup au contact de ces organisations. J’avais la chance de rencontrer des gens et les rencontres annuelles offraient des conférences et des personnes ressources, ce qui m’a aidée dans mes projets », conclut-elle.