Des jeunes allument leurs vêtements dans le but d'épater la galerie sur YouTube, un jeu qui peut s'avérer très dangereux.

Jouer avec le feu

CHRONIQUE / Si vous ne l'avez jamais fait, il y a sûrement un gars autour de vous qui l'a déjà fait, posez la question et vous aurez votre réponse. La plupart des gars ont déjà joué avec le feu. Certains aiment même encore ça, même à l'âge adulte.
On a tous comme souvenir la fois où les amis ont placé un briquet sur leur arrière-train pour mettre feu au gaz qu'ils venaient de lâcher. Il y a encore de nombreuses vidéos sur YouTube sous la rubrique «pet en feu». Ça n'a rien d'élogieux, mais ça se fait encore.
De nombreux gamins ont joué avec des pétards à mèche, des feux d'artifice, de l'essence à briquet ou avec des quenouilles imbibées d'essence en guise de torches. Le feu a toujours été fascinant, qu'il s'agisse d'une allumette, d'un feu de forêt ou d'un feu d'herbes.
Les services de sécurité des incendies entreprennent des campagnes de sensibilisation, d'année en année, pour nous mettre en garde contre les dangers du feu. La dernière mise en garde de la Sécurité incendie de Saguenay remonte au 21 décembre 2016 sous forme d'un Avis aux parents d'adolescents sur le territoire de Saguenay intitulé: «Un nouveau jeu impliquant le feu pourrait avoir de graves conséquences».
«Chers parents, nous aimerions porter à votre attention sur une situation particulière qui nous a été rapportée et que nous considérons comme extrêmement dangereuse. En effet, il appert que certains jeunes du secondaire sur le territoire de Saguenay aspergeraient leurs vêtements d'aérosol de type "Axe" et les enflammeraient à l'aide d'un briquet. Par la suite, ils étoufferaient les flammes dans la neige pendant que d'autres jeunes filment le tout».
La Sécurité incendie de Saguenay invite par la suite les parents à discuter de cette problématique avec leurs enfants. «Le feu n'est pas un jeu», conclut la Ville.
Sans jeu de mots, cette missive a enflammé les animateurs de Radio X qui ont mis le feu à leur micro, mardi matin, après avoir mis la main sur cette lettre envoyée aux parents d'adolescents.
Évidemment, ce nouveau phénomène a piqué la curiosité des animateurs. La sensibilisation est toujours bonne, mais dans ce cas-ci, une vidéo captée sur les médias sociaux est à l'origine de cette mise en garde.
«Il n'y a aucun cas de jeune à signaler qui s'asperge avec du parfum en aérosol pour ensuite y mettre le feu et se rouler dans la neige pour l'éteindre», assure Hélène Aubin, porte-parole de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay. Il s'agit d'une démarche de prévention à cause d'une vidéo sur YouTube», dit-elle.
L'histoire provient d'un parent d'une adolescente qui a trouvé sur le cellulaire de sa fille une vidéo de jeunes qui enflamment leurs vêtements en les aspergeant préalablement d'un désodorisant en aérosol. La mère, dans un souci de prévention, informe le service des incendies pour les mettre au parfum - sans jeu de mots - de cette pratique.
«Le service de prévention et la direction de l'école secondaire Dominique-Racine ont jugé opportun d'envoyer une lettre aux parents pour les inviter à partager une discussion avec leur jeune sur les dangers de jouer avec le feu», explique Hélène Aubin. C'est toujours une bonne idée de jaser avec nos ados, mais nous sommes loin d'une nouvelle pratique à Saguenay.
Je suis allé au Dollarama pour acheter une canette de parfum pour voir l'effet que ça fait quand on met le feu à nos vêtements. J'étais curieux de découvrir quelle connerie les jeunes avaient inventée.
Je voulais savoir s'il y avait quelque chose que je n'avais pas fait en jouant avec le feu. J'ai fait tout ça pour finalement découvrir que c'est une vidéo provenant des États-Unis qui a probablement embrasé l'actualité régionale des faits divers.
Les médias sociaux sont de plus en plus souvent à l'origine de vagues dans différentes sphères d'activités. «On ne pouvait pas laisser cette mère de famille avec ses inquiétudes. On sait qu'avec les médias sociaux, ce qui se passe à l'autre bout du monde nous arrive rapidement. Nous avons collaboré avec l'école secondaire pour sensibiliser les parents. Avec les téléphones intelligents et les médias sociaux, il faut toujours être un ou deux coups en avance tellement ça se répand rapidement», a fait valoir Carol Girard, de la Sécurité incendie de Saguenay. «Si cette démarche a enlevé l'envie à un jeune qui pensait le faire, bien c'est ça de gagné», conclut le chef de la prévention des incendies.
On ne joue pas avec le feu.