Jean-Marie Tremblay, fondateur de la bibliothèque numérique francophone Les Classiques des sciences sociales, et Gilles Tremblay, secrétaire du conseil d’administration, lancent un appel à l’aide.

Ils ne suffisent plus à la tâche

Il a accompli un travail titanesque, il tient ça à bout de bras depuis 1993 avec l’aide d’une soixantaine de bénévoles, mais le sociologue Jean-Marie Tremblay, fondateur de la bibliothèque numérique francophone Les Classiques des sciences sociales, ne suffit plus à la tâche. L’oeuvre est rendue plus grande que son fondateur.

La bibliothèque numérique, qui était à l’origine un site en Intranet réalisé par le professeur de sociologie pour les élèves du Cégep de Chicoutimi, rassemble aujourd’hui plus de 7000 oeuvres en texte intégral de 1628 auteurs francophones de partout dans le monde, tous accessibles gratuitement.

«Cette bibliothèque numérique, qui célèbre son 25e anniversaire de fondation en 2018, est la seule et unique organisation régionale qui, avec plus de 9,4 millions de téléchargements en 2016, rayonne mondialement dans 224 pays sur six continents. Je reçois une quarantaine de courriels par jour d’auteurs qui veulent offrir leurs oeuvres gratuitement. Nous ne sommes plus capables de suffire à la tâche. Les besoins à combler sont immenses. Nous accusons du retard sur les oeuvres à diffuser. Nous avons besoin d’aide», a lancé comme cri du coeur l’homme de 70 ans, qui travaille plus de 60 heures par semaine pour alimenter la bibliothèque numérique.

De grands classiques

«De 1993 à 2000, seuls les étudiants en sciences sociales du Cégep de Chicoutimi avaient accès à cette bibliothèque, et je voulais qu’elle soit accessible à d’autres personnes dans le monde. J’ai alors contacté les 437 universités francophones à travers le monde, et elles ont toutes répondu favorablement», explique Jean-Marie Tremblay, qui a signé un protocole d’entente avec l’UQAC pour héberger le site informatique en 2000.

C’est fou tout ce qu’on peut trouver dans cette bibliothèque, et le téléchargement des livres en différents formats (.doc, .pdf, .rtf) ne prend que quelques secondes. On peut lire Histoire de Chicoutimi de Russel-Aurore Bouchard ou La guerre des Gaules de Jules César, des textes d’Albert Einstein ou de Nicolas Machiavel. La plupart des livres, répartis dans sept grandes collections et 11 sous-collections, ne sont plus disponibles en librairie. Il s’agit d’un patrimoine de connaissance unique.

« Cette bibliothèque numérique est la seule et unique organisation régionale qui, avec plus de 9,4 millions de téléchargements en 2016, rayonne mondialement dans 224 pays sur six continents. Je reçois une quarantaine de courriels par jour d’auteurs qui veulent offrir leurs oeuvres gratuitement. Nous ne sommes plus capables de suffire à la tâche. »

Jean-Marie Tremblay

Oeuvre colossale

« Cette oeuvre colossale de mon frère Jean-Marie Tremblay (Chevalier de l’Ordre national du Québec en 2013) dépasse aujourd’hui son créateur. Elle est à ce point importante et considérable qu’elle pourrait même devenir, au rythme où vont les choses, le principal legs de la région, à la sauvegarde et à la diffusion à l’échelle l’internationale du patrimoine littéraire et scientifique francophone dans le monde», avance Gilles Tremblay, secrétaire du conseil d’administration de la bibliothèque numérique.

«Nos ressources humaines et matérielles ne suffisent plus. La demande mondiale pour la création de partenariats en cette matière explose littéralement, notamment dans les pays sous-développés ou en développement d’Amérique centrale et d’Afrique. Les fondateurs de la bibliothèque se font maintenant vieillissants, et il nous faut déjà penser à une pérennisation des Classiques à court et à moyen terme. Nous travaillons depuis deux ans sur une planification visant à transformer notre modèle d’affaires en collaboration avec différents partenaires, mais nous avons un urgent besoin d’aide», clame Gilles Tremblay.

Devoir de l’Université

J’ose imaginer que le Cégep de Chicoutimi, qui a contribué dans un projet de la bibliothèque avec Haïti récemment, l’UQAC, l’administration municipale, le ministère de l’Éducation, le ministère de la Culture ou une organisation quelconque saisira au passage la demande à l’aide du fondateur de cette bibliothèque classique. Je vois les logos du Cégep de Chicoutimi et de l’UQAC qui trônent en haut de page des pages Internet de la bibliothèque. Vous avez le devoir de saisir au bond cet appel à l’aide.

«Moi je suis comme le boulanger qui fait du pain la tête dans le four et les deux mains dans la farine. Pour le reste, la livraison, la mise en marche ou l’administration, je ne sais pas comment m’y prendre» dit-il à bout de ressources.