Roger Blackburn
Le Quotidien
Roger Blackburn
Sur cette photo datant de 2015, le Festival des vins, sur la rue Racine, à Chicoutimi, accueillant son lot de festivaliers.
Sur cette photo datant de 2015, le Festival des vins, sur la rue Racine, à Chicoutimi, accueillant son lot de festivaliers.

Il nous reste le plein air

CHRONIQUE / Ma fille me texte, il y a quelques semaines, en me disant qu’un de ses amis avait loué un campeur motorisé et qu’il avait l’intention de passer quelques jours à Saguenay. Elle me demande de lui suggérer quelques activités à faire pour un couple de jeunes touristes.

Je vais vous dire une chose, à part le plein air et les musées, il n’y a pas grand-chose à faire au Saguenay quand il n’y a pas d’événements. On ne descend pas de Montréal pour venir souper Chez Georges, même si le restaurant est un incontournable.

On va se le dire, un été sans événement, c’est un été plate, « rataplate ». Nous sommes chanceux pareil, il a fait beau, vraiment très chaud, probablement l’été le plus caniculaire que je n’ai jamais connu. Imaginez s’il y avait eu des événements.

On aurait dit que Robert Hakim a les fesses bénies avec de belles soirées chaudes pour les spectacles du Festival international des Rythmes du monde. Les gens auraient mangé tard sur les terrasses, les rues auraient été bondées, une température idéale pour des événements extérieurs.

La rue Racine aurait débordé de monde aussi pendant le Festival des vins en accueillant des vignerons de partout dans le monde. Il aurait fait beau, il aurait fait chaud. La bière aurait coulé à flots sur la zone portuaire, pendant le Festival des bières et ses fins de soirées musicales.

Ça aurait été la même histoire pour Jonquière en musique, pour Les Grandes Veillées et pour tous les événements musicaux. Même les nageurs auraient profité de l’eau chaude du lac Saint-Jean pour la Traversée.

On a pris du vin et de la bière tout l’été sans festival et plusieurs personnes ont nagé dans le lac, mais avouons que les événements nous manquent et qu’ils font partie de l’ADN de la région. Nos événements devraient aussi faire partie de nos créneaux d’excellence. Ce ne sont pas deux ou trois soirées de ciné-parc comme prix de consolation qui vont suffire à combler notre goût de faire le party ensemble.

On a dû aussi faire le deuil des activités sportives en équipe. J’ai de la difficulté à imaginer des matchs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) se jouer à huis clos dans les arénas. La Ligue nationale de hockey (LNH) peut profiter des revenus de télévision, mais les Saguenéens ont besoin de monde dans les gradins pour engranger du fric. Les amateurs de hockey junior vont trouver l’hiver long.

Y a toujours le plein air

Nos rassemblements festifs sont aussi une occasion de rencontrer du monde. C’est bien beau Facebook, Zoom et toutes les applications de communication par vidéo, mais ça n’a rien à voir avec nos rassemblements festifs qui nous permettent de voir notre monde.

Les amateurs de plein air font partie de ceux qui ne sont pas trop pénalisés par la pandémie et qui peuvent tirer leur épingle du jeu. Outre les événements et nos grands sites touristiques, ce que la région a de mieux à offrir, ce sont des activités de plein air.

Alors, les amateurs de vélo, de kayak, de sports nautiques, de randonnées en forêt et d’autres loisirs en plein air ont pu se défouler sans problème dans nos grands espaces. J’ai vu énormément de voitures sur la 169, au Lac-Saint-Jean, plus que par les années passées, avec des supports à vélo, des supports à kayak et d’autres qui traînaient des bateaux et des VTT.

Un proche est venu nous visiter à Chambord, la semaine dernière, et il blaguait en disant qu’il était passé par l’échangeur Turcot de Saint-Bruno pour nous rendre visite. Il faisait allusion à la longue file de voitures qui circulait pare-chocs contre pare-chocs, à l’intersection des routes 169 et 170.

Pour les amateurs de plein air, la région est une véritable terre de prédilection. Le tourisme d’aventure fait d’ailleurs partie de nos créneaux d’excellence et la pandémie permettra peut-être de les mettre en évidence.

Trouvez-nous un vaccin pour qu’on puisse enfin faire le party en gang ! C’est bien beau le plein air, mais on aimerait ça se rassembler pour fêter, une fois sorti du bois.