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Roger Blackburn
Le Quotidien
Roger Blackburn
Benjamin, Yohan, Elijah Joncas, Gaelle Levesque-Asselin, l’heureuse famille du bébé de l’année dans la région.­
Benjamin, Yohan, Elijah Joncas, Gaelle Levesque-Asselin, l’heureuse famille du bébé de l’année dans la région.­

Il attendait 2021 pour naître

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CHRONIQUE / Non, mais qu’est-ce qu’il veut le chroniqueur du Quotidien, cette semaine ? Pourquoi nous parle-t-il de patinoires sur les lacs et des parents du premier bébé de l’année alors que le Capitole américain est envahi par des manifestants, que la pandémie de COVID-19 est hors de contrôle et qu’on impose un couvre-feu au Québec ? Il ne vit pas sur la même planète que nous.

J’aimerais bien vous partager mes états d’âme sur ce nouveau confinement en commentant les incohérences de ce qui reste ouvert et ce qui doit fermer et soulignant au passage les responsabilités du gouvernement et celles des citoyens, mais j’ai l’impression qu’il y a déjà de nombreux observateurs et analystes qui le font sur toutes les plateformes. Je n’aime pas non plus faire le corps-arrière du lundi matin qui commente les mauvais jeux du match de la veille.

Je pourrais bien aussi vous chanter que « J’vois toute l’Amérique qui pleure dans mon téléviseur »... et que ça devient très lourd d’écouter les informations en continu à la télévision quand se déroulent des événements en direct et que les gens en studio sont mieux informés que ceux sur le terrain en raison de la rapidité des images véhiculées sur les réseaux sociaux. Ils se permettent des commentaires sur des images en direct que nous voyons en même temps qu’eux. Le lecteur de nouvelles parle de bombe lacrymogène à l’intérieur du congrès alors que les images montrent clairement un manifestant qui utilise un extincteur d’incendie pour enfumer la pièce.

Je serais tenté de vous dire que le président sortant Donald Trump est un crétin de la pire espèce et qu’il fait jaillir ce qu’il y a de plus « niochon » dans la population américaine, mais ça fait quatre ans que cela se dit sur toutes les tribunes, alors je ne crois pas que des commentaires supplémentaires sur le sujet puissent faire avancer les discussions.

Le premier bébé de l’année

Pour vous parler d’autre chose que de la COVID-19 et des élections américaines, j’ai lâché un coup de fil à la maman du premier bébé de l’année, la nouvelle qui fait la manchette, d’habitude, quand on commence une année normalement. J’essaie juste de trouver un peu de normalité dans ce qu’on vit et je laisse les crises entre les mains de mes collègues qui en ont plein les bras.

Sa naissance était prévue pour le 28 décembre, mais le petit Elijah ne voulait pas naître en 2020. Il ne voulait pas venir au monde dans l’année du virus, il a préféré naître dans l’année du vaccin. Les sociologues lui rappelleront assez souvent qu’il est un enfant COVID, comme tous ceux qui vont naître en 2021. En principe, il devrait fêter l’an 2100, si on fête encore les fins d’année en ce temps-là.

La maman du petit Elijah, Gaelle Levesque-Asselin, a choisi une sage-femme pour accueillir son petit dans ce nouveau monde. « Nous avons eu notre premier enfant à la Maison de naissance du Fjord-au-Lac à Chicoutimi. Pour nous, c’est une expérience plus intime et plus personnalisée que d’accoucher à l’hôpital », souligne la mère, qui semblait en pleine forme au bout du fil.

« On ne s’attendait pas à ça, mais ça lui fait déjà une belle histoire. On ramasse déjà les textes des journaux », précise Gaëlle Levesque-Asselin, qui a mis au monde son petit garçon à 2h55, dans la nuit du premier janvier, et il pesait 3,5 kg. C’est peut-être un signe que la sagesse va nous accompagner en 2021.

« Un accouchement, ça reste un accouchement, mais ç’a bien été. On se sent en confiance à la maison de naissance. Il y a trois chambres d’accouchement, on choisit à l’avance celle qui nous plaît le plus et on se sent en sécurité avec le personnel compétent. S’il y avait des complications, la maison est située juste en face de l’hôpital. »

Elijah arrive au monde avec un grand frère, Benjamin, qui aura deux ans dans quelques semaines, une maman qui aimerait bien avoir quatre enfants, et un papa, Yohan Joncas, dans une famille qui a choisi de vivre à Saint-David-de-Falardeau. Les parents aiment bien vivre au rythme de la nature et gèrent l’entreprise Tavata Chalets qui se spécialise dans la location de chalets dans la région.

« Avec les conditions sanitaires en vigueur, c’est un énorme avantage de pouvoir louer un chalet dans la montagne alors que le chalet de ski est fermé », indique la maman, qui aime bien profiter des joies de l’hiver.

Chacun son époque

Je ne sais pas si Elijah fera du télétravail un jour, mais il se fera sûrement raconter ce qui se passait quand il est venu au monde. À son anniversaire, sa mère, son père et ses grands-parents lui raconteront qu’aux premiers jours de sa vie, les gens étaient sous le coup d’un couvre-feu, que seuls les commerces essentiels étaient ouverts, qu’on ne pouvait pas recevoir de visite à la maison, qu’on ne pouvait pas visiter les grands-parents, qu’on devait porter des masques, qu’on devait se laver les mains avant d’entrer à l’épicerie et que les jeunes ne pouvaient pas jouer avec leurs amis.

À chacun son époque, Elijah a eu la chance de naître en 2021, à une époque où les scientifiques sont capables de trouver des vaccins rapidement, à une époque où l’Internet existe pour télétravailler et parler à ses proches à l’aide de vidéos, à une époque où il y a du divertissement à la télé pour passer le temps avec les Netflix et différentes chaînes de ce monde pour regarder des films ou jouer à des jeux vidéos.

Mon père me racontait d’autres histoires concernant son époque. Il est né en 1906, son père et sa mère sont morts de la grippe espagnole dans le même mois, en 1918. Il était trop jeune pour participer à la guerre 14-18 et trop vieux pour faire la guerre 39-45. Il a été confiné dans des camps de bûcheron chauffés au bois pendant l’hiver de 14 à 30 ans. Ma mère a eu ses deux premiers bébés dans le bois, dans un camp sans électricité. Elle avait 18 ans pour son premier bébé, accouché par une sage-femme. Pour eux, c’était une belle époque.

La maman d’Elijah partage avec ma mère le fait d’avoir accouché de ses deux premiers enfants avec une sage-femme et je peux témoigner, maman Gaelle, que se faire accoucher par une sage-femme, ça fait de très bonnes mamans.