Histoires de Barrette

CHRONIQUE / L'animateur, comédien et humoriste Michel Barrette sera au Salon du livre de Jonquière, samedi et dimanche, pour présenter son livre Histoires (vraies) de chars, d'avions, de motos, de sièges bananes et de meurtres (Éditions de l'Homme) qui sort en librairie le 27 septembre.
« À l'écriture de ce livre, je me suis rendu compte que je n'avais pas encore tout dit. J'ai évité de raconter des histoires que j'avais déjà livrées sur scène et je me suis servi des chars, des motos et des avions pour raconter des aventures, des anecdotes, des voyages, des folies et mes délinquances. Je ne voulais pas que ce soit seulement des histoires de chars, je voulais que madame Girard de Port-Alfred ait aussi du plaisir à lire ce livre », a commenté Michel Barrette lors d'une entrevue téléphonique, lundi après-midi.
Le Bye-bye de 1996
C'est au Bye-bye de 1996 que ce livre a commencé à s'écrire. « Quand nous avons fait le Bye-bye à Chicoutimi après le déluge, j'ai passé beaucoup de temps avec Yvon Deschamps et Dominique Michel pour la préparation de ce spécial télé. Quand le chauffeur du minibus nous ramenait vers l'hôtel, je lui disais de faire un détour par la rue Morin, dans le bas de la ville, et là je racontais mes histoires à Yvon et Dominique en leur montrant la maison de mon grand-père, l'histoire de mon oncle, du voisin, de l'école Lafontaine. Ils devaient être tannés de m'entendre », relate l'humoriste.
Un bon soir, les doyens de l'humour au Québec ont demandé à Michel Barette de venir les rencontrer, parce qu'ils avaient affaire à lui. 
« Là, je capotais, j'étais sûr qu'ils voulaient me dire d'arrêter de les ennuyer avec mes histoires. S'ils me disent ça, je m'en vais aller vendre des chars à Laterrière, j'étais nerveux. Ils m'ont dit : ''là Michel, tes histoires que tu nous racontes, il faut que tu écrives ça, faut pas que tu les oublies. Même si c'est juste un bout de phrase sur une anecdote, ça va t'aider à t'en rappeler'', m'a conseillé Yvon Deschamps. Ça fait donc plus de trente ans que je prends des notes sans savoir que ça finirait par ce livre d'histoires », raconte celui qui a passé toute son enfance à Chicoutimi et Alma.
Des histoires de tôle
Michel Barrette a possédé 163 voitures, au cours de sa vie, et chacune raconte une histoire. Il est en train de magasiner la 164e. 
« Il y a 30 minutes je discutais avec un gars de Colombus en Ohio aux États-Unis, il a une Volkswagen Karmann Ghia 1970 à vendre. Je vais me trouver une date et je vais prendre l'avion pour aller la voir, c'est plus fort que moi, ça n'arrête jamais », détaille celui qui continue encore de vivre des aventures et d'avoir des idées de fou.
C'est donc à travers des histoires de tôle sur roues que Michel Barrette nous livre les 70 histoires colligées dans ce livre abondamment illustré de photos de famille et de ses nombreux voyages. Il est souvent plus question de gens que de voitures dans ce livre. L'auteur fait des clins d'oeil à son époque, aux événements qui l'ont marqué, aux personnalités qui ont meublé son imaginaire, ses « roads trips », son envie de marcher dans les pas des événements.
Le 50e de la mort de JF Kennedy
Il raconte entre autres son voyage à Dallas, au Texas, pour le 50e anniversaire du décès de JF Kennedy. Il était là sur la rue du Dealey Plaza, à la même heure, au même endroit précisément où Kennedy a été assassiné. « Pire encore, j'ai fait le même trajet que Lee Harvey Oswald, à partir du dépôt de livre, dans la rue où il a abattu l'agent de la police de Dallas, J. D. Tippit, jusqu'en face du cinéma Texas Theatre. J'arrive à imaginer ce qui s'est passé, comme si j'y étais », confie Barrette qui ressent les mêmes émotions quand il s'agit de sa vie personnelle.
Encore plus à venir
C'est plus fort que lui, Michel Barrette aime revisiter le passé, c'est sa maladie du nostalgique. Non il n'a pas encore tout dit. « J'ai raconté à ma mère, récemment, que deux semaines après ma tentative de suicide à Alma, je suis retourné sur le pont Carcajou. C'était après un party d'Halloween, j'étais déguisé en Pierrot. J'avais rempli un gant de chirurgien avec du sang de boeuf et j'avais mis le gant bien serré sur ma tête avec un chapeau par dessus. Quand je pesais sur le chapeau, le sang coulait le long de mon visage. Ma mère ne connaissait pas cette histoire et elle m'a dit : je t'imagine sur le pont avec ton costume ensanglanté et ça ferait une belle scène de film. Ça m'a donné des idées », dit-il.
Si le livre d'histoires de Michel Barrette connaît du succès, l'humoriste va s'appliquer à écrire sa bio.
« Si les gens se montrent intéressés par ces anecdotes, je vais le savoir en rencontrant des lecteurs au Salon du livre. J'en ai assez pour écrire une télésérie », lance-t-il.