Roger Blackburn
Le duo de policiers Dominic Gagnon et Carl Tremblay en ont encore pour deux semaines à surveiller le barrage routier de la 175, à Laterrière.
Le duo de policiers Dominic Gagnon et Carl Tremblay en ont encore pour deux semaines à surveiller le barrage routier de la 175, à Laterrière.

Encore 10 jours de contrôle routier

CHRONIQUE / Les agents Dominic Gagnon et Carl Tremblay, de la Service de police de Saguenay, en ont encore pour deux semaines à surveiller la circulation routière sur la route 175, à l’entrée de la Réserve faunique des Laurentides. La réouverture de la région est prévue pour le 11 mai, si tout va bien.

Ces deux agents n’ont pas choisi le travail de policier pour faire du contrôle routier douze heures par jour, mais en période de pandémie, ils se confinent le long de la 175 pour contrôler les véhicules qui sortent de la région, une occasion pour eux de découvrir un autre aspect de leur travail.

Réaffectation

« Nous sommes des agents de prévention et de communications. D’habitude, nous travaillons dans les écoles avec les jeunes ou en relation avec les médias. Comme les écoles sont fermées, on nous a réaffectés à ce barrage routier. Ça va très bien ; les gens respectent les consignes », note Carl Tremblay, qui est en poste depuis le 29 mars.

« Il passe entre 600 et 700 véhicules par 12 heures et de ce nombre, au moins la moitié sont des camions. C’est étonnant de constater tout ce qui sort de la région chaque jour », observe l’agent Dominic Gagnon.

« On découvre les camionneurs. Ce ne sont pas des gens avec qui on a affaire régulièrement. Leurs activités de transport sont surtout supervisées par les contrôleurs routiers. Dans le cadre de ce barrage, on prend le temps d’établir un contact avec chacun des chauffeurs qui traversent la 175 et je peux vous affirmer que ce sont tous des passionnés de leur travail », estime l’agent Gagnon.

Regard différent

C’est le même son de cloche pour Carl Tremblay. « C’est surprenant de voir tout ce qui est transporté par camion. Comme ce sont seulement les déplacements essentiels qui sont permis, ce sont surtout les camionneurs, les militaires, les médecins, les infirmiers, les travailleurs des mines ou des employés de Rio Tinto qu’on intercepte. En prenant le temps de nous parler et de nous expliquer pourquoi ils sortent de la région, les gens portent un regard différent sur notre travail et ils nous remercient pour ce qu’on fait, dénote Carl Tremblay. Ça rassure les gens de la région de savoir que l’on contrôle la circulation. »

Pas de problème

Ça prend de bonnes raisons pour quitter la région, car à leur retour, les voyageurs sans raison essentielle doivent se confiner pendant 14 jours dans leur résidence avant de pouvoir mettre le nez dehors. « Il n’y a pas de problème pour sortir d’ici pour les bonnes raisons. Les gens nous présentent des papiers pour confirmer un rendez-vous chez le médecin ou pour des raisons professionnelles », explique Carl Tremblay.

Évidemment, si vous invoquez des raisons humanitaires pour vous rendre à Québec et que vous traînez une remorque plein de meubles et d’électroménagers, ça va vous prendre de bons arguments pour convaincre les policiers.

Par contre, lors de notre passage sur le barrage, un individu avec un VTT dans la boîte de sa camionnette a invoqué qu’il devait se rendre à son érablière et il a passé sans problème.

« C’est du cas par cas. On parle avec chaque automobiliste. Il y a même des gens qui viennent se tourner ici juste pour s’informer s’ils peuvent aller à Québec ou à Montréal, et on les informe des mesures de confinement qu’ils devront respecter à leur retour, fait savoir Carl Tremblay. Ça incite certaines personnes à faire demi-tour. »

Déconfinement pour le 11 mai

Il est beaucoup plus difficile d’entrer dans la région que d’en sortir. Comme la région est fermée aux déplacements non essentiels, c’est la Sûreté du Québec qui gère la circulation. « La route 169 est fermée, au Lac-Saint-Jean, alors les gens d’Alma doivent passer par ici pour se rendre à Québec. Nous en avons vu quelques-uns. Ça leur fait un bon détour », laisse savoir Dominic Gagnon.

La vice-première ministre Geneviève Guilbault a annoncé mercredi la réouverture des régions étape par étape et que le Saguenay–Lac-Saint-Jean serait rouvert à compter du 11 mai, en même temps que l’Outaouais (sauf Gatineau), l’Abitibi et La Tuque. Ce déconfinement de la région va sûrement faciliter les choses pour les travailleurs et les familles.