Patrick Verreault est passé de préposé à l’entretien à guide de chasse et pêche aux Portes-de-l’Enfer et à Anticosti, avec d’occuper le poste de gérant de secteur au Gîte-du-Berger dans la Réserve faunique des Laurentides.

Du CFP de La Baie à la Sépaq

CHRONIQUE / Les élèves du programme de protection et exploitation de territoires fauniques du Centre de formation professionnelle (CFP) du Fjord à La Baie constituent une véritable pépinière d’employés pour la Sépaq, qui embauche les finissants en les déployant sur ses territoires.

Lors d’une récente visite dans la Réserve faunique des Laurentides, j’ai rencontré Patrick Verreault, qui est maintenant gérant de secteur du Gîte-du-Berger, le long de la route 169. Le jeune guide de chasse et pêche en a fait du chemin depuis sa sortie du CFP du Fjord en 1997. « J’ai commencé comme homme d’entretien au camp Cyriac, mais après deux semaines, on m’a transféré comme guide pour la pêche et la chasse à l’orignal aux Portes-de-l’Enfer, un poste que j’ai occupé pendant 16 ans », raconte le passionné de chasse et de pêche, qui a aussi été guide de chasse à la Sépaq d’Anticosti pendant 17 ans.

Patrick Verreault est maintenant responsable de cinq secteurs – Gîtes-du-Berger, Montagnais, Hirondelle, Camping-Belle-Rivière et Lac-des-Écorces – et de 13 employés. « Nos horaires sont de 7 h du matin à 21 h le soir et les semaines varient sur des séquences de dix ou huit jours de travail pour quatre jours de congé », explique celui qui recrute le plus possible son personnel dans les cohortes du CFP de La Baie.

« J’ai gardé de bons contacts au CFP. J’y ai travaillé pendant plusieurs années comme enseignant et je tente de recruter ceux qui sont intéressés à devenir guides et à faire le même travail que nous. C’est un métier très exigeant qui se fait par des gens passionnés qui aiment travailler avec le public », fait savoir Patrick Verreault.

Guide et psychologue

« Parfois, un guide de pêche, ça doit agir comme un psychologue. Quand tu passes huit heures dans une chaloupe avec un client, les confidences font partie de l’aventure. Les gens se sentent en confiance et se laissent aller. On doit écouter et on en entend de toutes sortes », confie Patrick Verreault.

Le jeune guide Alex Plamondon fait partie des finissants du programme de protection et exploitation de territoires fauniques du CFP de la Baie. Il vise une carrière à la Sépaq.

« Quand tu travailles comme guide dans une réserve faunique, tu dois t’attendre à faire tous les métiers. Les jours où tu ne guides pas de clients, tu peux être appelé à réparer une galerie, une poignée de porte, à corder du bois de chauffage, à réparer un quai, une chaloupe en fibre de verre, un réfrigérateur au propane, à ouvrir un nouveau sentier à la scie mécanique et à faire le ménage dans les chalets », détaille celui qui se retrouve seul pendant la chasse au petit gibier dans le secteur du Gîte-du-Berger, pour faire tout le travail d’entretien des camps et des services à la clientèle.

Quand un détecteur de monoxyde de carbone sonne pendant la nuit dans un chalet, c’est le gérant de secteur qui se lève pour servir les clients.

Il faut non seulement prendre soin de la clientèle, mais aussi veiller sur les employés qui résident sur des sites où ils composent avec toutes sortes de conditions, comme les moustiques, la pluie ou le froid.

Secteur de la 169

La Réserve faunique des Laurentides est principalement fréquentée par des amateurs de chasse et pêche de la région de Québec et de Montréal, mais via la route 169, à environ 30 minutes d’Alma, il existe cinq secteurs de pêche comptant pas moins de 27 chalets disponibles pour des forfaits de pêche avec hébergement.

« L’activité de pêche est en hausse, la clientèle rajeunit et nous voyons de plus en plus de familles qui profitent de nos forfaits. Cet après-midi, je vais accueillir six familles avec une douzaine d’enfants sur le site du Gîte-du-Berger. Les jeunes pêcheurs ne tiennent pas à passer sept ou huit heures assis dans une chaloupe ; ils aiment bien diversifier leurs activités en faisant du kayak, du pédalo, de la baignade ou un pique-nique à l’extérieur. Ils peuvent espacer leurs sorties en choisissant de pêcher deux ou trois heures le matin pour y retourner une heure en début de soirée », a fait remarquer Patrick Verreault lors d’une entrevue au poste d’accueil.

L’arrivée de jeunes pêcheurs parmi la clientèle provoque immanquablement des besoins en matière de téléphonie cellulaire et Patrick Verreault déplore le fait qu’il n’y ait pas encore ce service dans ce secteur de la route 169.

« Je pense que tout le budget de téléphonie cellulaire a été dépensé dans le secteur de Charlevoix lors du dernier Sommet du G7. Je sais que la MRC de Lac-Saint-Jean-Est travaille pour faire avancer le dossier. C’est un élément de sécurité important tout autant pour les automobilistes que pour la clientèle de pêcheurs », exprime celui qui continue de gravir les échelons depuis sa formation au CFP de La Baie.