Christian Cazenave et son fils Alex, deux Franco-Américains, portent les couleurs des États-Unis.

Double déception pour le Bénin

CHRONIQUE / Le président de la Fédération béninoise de pétanque, le colonel Aurélien Vinnou, n’en menait pas large dans les gradins de la 48e édition des Championnats du monde triplettes messieurs et tir de précision à Desbiens, puisque le Bénin était en lice face à Desbiens pour recevoir cette compétition mondiale. Mais pour ajouter l’insulte à l’injure, les membres de l’équipe vice-championne en 2016, à Madagascar, ne peuvent défendre leur titre, car le Canada a refusé de délivrer des visas pour les laisser entrer au pays.

« C’est une grande déception, nous étions préparés pour ce championnat. C’est quand même incroyable de ne pas avoir de visa. Comment expliquer ça ? Nous sommes les vices-champions, nous sommes donc qualifiés d’office et nous n’avons pas eu de visa. On nous a refusés trois fois, on nous doit des explications », clame le Béninois qui était à Desbiens sans son équipe nationale.

Le colonel Aurélien Vinnou a des enfants qui vivent à Montréal et possédait déjà son visa pour entrer au pays, ce qui n’est pas le cas pour les autres boulistes du Bénin. « Au pays, les gens ne sont pas contents. Pourtant, le Bénin a de bonnes relations avec le Canada et nous parlons français comme au Canada ; comment cela se peut-il ? », dénonce celui qui a participé mercredi soir à une rencontre des fédérations mondiales.

Dylan Rocher, le tireur de l’équipe de France, attire les foules. Les spectateurs se sont déplacés face à l’aire de jeux pour regarder ses exploits.

« Sans nous sur les terrains, le niveau de jeu de la compétition sera moins relevé. Marcel Bio, notre joueur étoile, a été la révélation au mondial de 2016 à Madagascar et il n’est même pas ici », se désole le Béninois. Mais il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur et, en bon sportif, Aurélien Vinnou dit être serein malgré la déception. « Les gens ici sont joyeux et c’est bien pour la famille sportive. C’est l’histoire qui continue », a-t-il confié lors d’un entretien pendant les compétitions de tirs de précision.

Des tireurs d’élite
Pendant que le monsieur du Bénin cherchait à savoir si le drapeau de son pays était suspendu dans l’enceinte sportive, les tireurs d’élite de chaque délégation défendaient les couleurs de leur pays au tir de précision.

Un spotteur (des bénévoles du Lac-Saint-Jean) place un gabarit dans un cercle d’environ un mètre et place des boules à différents endroits dans le cercle. « C’est la même disposition pour chaque joueur au millimètre près », m’explique un organisateur de l’événement qui suit avec attention la compétition. Pour chaque séquence, le tireur lance sa boule pour en déplacer une déposée dans le cercle. Une fois en arrière du cochon, une fois entre deux boules noires, une fois seule au centre, une fois le cochon seul dans le cercle et une autre fois derrière une boule noire.

Le colonel Aurélien Vinou, président de la Fédération béninoise de pétanque, est très déçu que le Canada ait refusé de délivrer des visas aux joueurs du Bénin, vice-champion lors du dernier championnat mondial à Madagascar, en 2016.

« C’est la précision qui compte et ils répètent les tirs à différentes distances pour un total de 20 lancers. La précision de leur tir leur procure des points », m’explique encore l’organisateur qui fait mon éducation en pétanque. Par hasard, j’étais assis dans les estrades à regarder tirer les joueurs de la Belgique et du Maroc. Une fois les tirs terminés, l’annonceur maison invite la France à se présenter sur le terrain devant moi. À ce moment, un mouvement de foule s’amorce et je me retrouve avec plein de monde autour.

Dylan Rocher déplace les foules
Les joueurs se déplaçaient pour voir lancer le champion du monde Dylan Rocher. « C’est le meilleur au monde, il n’y a personne pour le battre », assure mon voisin de droite de l’équipe américaine. Il n’a pas très bien fait. « Je suis déçu de mes lancers », m’a-t-il dit après sa prestation. Peu loquace, il a ajouté que son équipe allait essayer de remporter ce championnat.

À ma droite, dans les estrades, j’ai fait la connaissance du plus jeune joueur du championnat, Alex Cazenave, 14 ans, qui portent avec son père, Christian, les couleurs des États-Unis. Ce jeune franco-américain dont les grands-parents sont originaires de Lourdes, en France, vit en Floride. « Je joue à la pétanque depuis que je suis tout-petit, c’est mon père qui m’a initié », commente le jeune qui ne semblait pas impressionné par la présence des champions mondiaux.

Championnat mondial de pÈtanque à Desbiens Monaco vs Canada

J’ai regardé les compétitions de tir un bref moment en compagnie de Frédérick Lavoie, l’auteur de Chicoutimi et journaliste à l’international bien connu qui était sur place pour prendre le pouls de l’événement. La Presse, le Journal de Québec, Radio-Canada et TVA étaient présents pour cette première journée de compétition et je peux vous confirmer qu’il n’y a aucun expert en la matière ! Nous sommes tous là en mode découverte.