Gaston Laforest, président régional des sociétés Saint-Vincent de Paul du Saguenay–Lac-Saint-Jean, invite la population à la générosité le dimanche 2 décembre pour la traditionnelle guignolée.

Donnez à la guignolée de dimanche !

CHRONIQUE / Évidemment, les médias traitent abondamment de La grande guignolée des médias du 6 décembre, mais le dimanche 2 décembre, c’est la traditionnelle Guignolée de la Saint-Vincent de Paul. Celle soutenue par 2500 bénévoles qui vont frapper à vos portes dimanche matin.

« La Saint-Vincent de Paul est présente dans 50 conférences dans la région, et notre mission est d’aider les gens pauvres, les familles en difficulté et les moins bien nantis de notre collectivité. La pauvreté est de plus en plus présente. Nous devons intervenir chaque mois pour dépanner de jeunes familles qui n’arrivent pas à boucler la ceinture », fait valoir le président régional de l’organisme de bienfaisance, Gaston Laforest.

Une aide aux familles

L’an dernier, les bénévoles ont récolté plus de 300 000 $ au cours de cette journée, comparativement à environ 210 000 $ pour La grande guignolée des médias, qui finance les soupes populaires. « L’aide qu’on apporte directement aux familles se traduit généralement en bons d’achat dans les épiceries. Nous avons sensibilisé les supermarchés pour que ces bons d’achat, qui peuvent varier de 75 $ à 200 $ par mois, servent uniquement à acheter de la nourriture, ce qui exclut, par exemple, l’achat de boisson et de cigarettes », précise le président régional.

« Ce n’est pas évident pour les gens qui vivent avec la sécurité du revenu. On voit toutes sortes de situations de précarité. Une mère monoparentale avec un enfant sur l’aide social dispose d’un chèque de 680 $ par mois, plus un montant d’allocation familiale. Quand elle investit 600 $ pour son logement, il ne lui en reste pas assez pour vivre jusqu’à la fin du mois », constate le bénévole de 79 ans.

Les gens crient à l’aide

Les familles dans le besoin finissent par prendre le téléphone pour demander de l’aide à la Saint-Vincent de Paul. « Quand les gens crient à l’aide, deux de nos bénévoles se déplacent à la résidence pour constater les besoins. On discute avec eux, ils nous expliquent de leurs nécessités et on leur donne ensuite des bons d’épicerie », explique Gaston Laforest, conscient qu’il y a des gens qui ne s’en sortiront jamais et qui doivent être aidés chaque mois. On voudrait donner dix fois plus, mais nous sommes limités, malheureusement », déplore-t-il.

Ça finit par être triste de côtoyer quotidiennement la misère humaine et de constater des situations désespérantes. « Parfois, on trouve ça injuste, on ressort démolis après certaines visites. Prenons le cas d’une mère monoparentale sur la sécurité du revenu qui vient de rencontrer un nouvel ami qui habite avec elle. On lui a coupé son chèque, et son ami va terminer un cours dans quelques mois, ce qui lui permettra de trouver un travail. La loi est ainsi faite et nous les avons aidés jusqu’à ce que le garçon trouve un emploi », raconte Gaston Laforest.

De belles histoires aussi

Les bénévoles de la Saint-Vincent de Paul sont aussi témoins de belles histoires. « On finit par connaître nos gens et nos interventions peuvent aller plus loin que du simple dépannage. Nous avons convaincu un jeune homme de retourner aux études grâce à nos commentaires positifs et nos encouragements. On a même financé ses études, en plus de lui acheter une passe d’autobus pour le transport en commun jusqu’à ce qu’il trouve un emploi. Il s’est montré très reconnaissant et donne généreusement maintenant aux bénévoles de la guignolée », témoigne Gaston Laforest.

Chaque conférence de la Saint-Vincent de Paul compte de 10 à 12 bénévoles actifs à l’année. Ces gens mobilisent une quarantaine de bénévoles pour les aider le jour de la guignolée. « Il y en a pour qui c’est leur bénévolat de l’année et ils se joignent à nous pour l’avant-midi du dimanche. Les gens sont généreux, mais je me rends compte avec les années que les brunchs du dimanche matin sont très populaires dans les restaurants. L’année dernière, dans le secteur où je passais pour la guignolée, une porte sur dix s’ouvrait à nous. Les gens ne sont pas à la maison », fait remarquer Gaston Laforest, qui a dévié son trajet vers un centre commercial pour rencontrer du monde.

L’argent remis aux bénévoles de la guignolée va directement aux besoins des familles de la région.

Soyez généreux, dimanche! L’argent récolté servira toute l’année.

Avec un peu de chance, on vous fredonnera peut-être la traditionnelle chanson!