De gauche à droite, Gilles Guay, Chantale Tardif, présidente de l’Association des joueurs de pétanque du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Jean Langlais et Mario Guay, tous d’excellents boulistes qui représentent l’élite régionale agissent à titre de bénévoles pour le Championnat mondial de Desbiens. On le voit ici à l’intérieur du chapiteau où se dérouleront les compétitions.

Desbiens en mode pétanque

CHRONIQUE / Je serai à Desbiens, la semaine prochaine, pour assister au 48e Championnat du monde de pétanque qui se déroulera sous un énorme chapiteau érigé sur le terrain arrière du Juvéna de Desbiens, du 13 au 16 septembre. Je me suis pointé le nez, mercredi matin, sur le site qui accueillera l’élite mondiale des lanceurs de boules.

En entrant dans le chapiteau, j’ai fait la rencontre de l’élite régionale des joueurs de pétanque, en pleine discussion sur l’aménagement du site. J’ai été étonné de constater que les parties se joueront sur de la garnotte, du zéro trois-quarts, dans le jargon de la construction. Je croyais, à tort, que ça se jouait sur de la poussière de pierre bien tassée. « Ça prend des roches pour changer la trajectoire des boules, sinon ça serait trop facile », me lance Jean Langlais, un joueur de pétanque de Roberval qui compte 52 ans d’expérience dans ce domaine. « Nous avons un cahier de charges fourni par les championnats pour l’aménagement des sites et ça va très bien jusqu’à maintenant », ajoute-t-il.

L’élite régionale de la pétanque
Jean Langlais a même déjà participé au Championnat mondial à deux reprises, aux Îles Canaries en Espagne et à Paris. « On arrive de Montréal où nous avons disputé la coupe du Québec », détaille le bouliste qui fait équipe cette année avec Mario Guay, un autre Robervalois qui compte également 52 ans d’expérience à la pétanque. Son frère Gilles, âgé de 70 ans, compte 56 ans d’expérience à ce jeu de boules.

« J’ai commencé à jouer à 12 ans, c’est mon père Idola Guay qui a instauré la pétanque au Lac-Saint-Jean. On retrouve des clubs à Chambord, Desbiens, Alma et Saint-Félicien », fait savoir celui qui a représenté le Canada au Championnat mondial de Paris en 1989 avec deux coéquipiers de Montréal.

La présidente régionale de l’Association des joueurs de pétanque du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Chantale Tardif, était sur le site de Desbiens avec les autres bénévoles pour aider l’organisation. Elle a déjà participé à des championnats en Belgique et à Paris. « Ça fait beaucoup d’ouvrage à organiser, mais c’est une opportunité extraordinaire d’avoir cet événement dans la région. On ne verra plus ça jamais, les gens ne doivent pas passer à côté de ça », commente celle qui est également présidente du Club de pétanque de Roberval, lequel compte pas moins de 150 membres.

Un bel engouement
« Ça va créer un bel engouement et ça va faire connaître davantage ce sport. Il va y avoir plus d’une quarantaine d’équipes de partout dans le monde. Les Français vont débarquer ici avec leur entraîneur, leur médecin, leur psychologue. Pour eux c’est plus fort que le Canadien de Montréal ici », raconte la présidente régionale. Elle espère que la tenue du Championnat mondial va leur permettre de recruter des jeunes pour la pratique de ce sport qui exige un entraînement de plus de 20 heures par semaine si on veut faire partie de la douzaine d’équipes d’élite au Québec, évoque la bouliste.

Le maire de Desbiens, Nicolas Martel, vit une période intense, ces jours-ci. « C’est un gros défi à organiser. Nous sommes en train de régler le dossier des visas canadiens pour les joueurs de certains pays africains. Nous avons mis ça entre les mains du député fédéral Richard Hébert en plus d’expédier une lettre à la ministre de l’Immigration pour lui souligner le caractère urgent de la situation. Il y a quatre équipes d’Afrique qui n’ont pas réussi à avoir un visa pour entrer au pays, je ne croyais pas que le comité devrait gérer les visas en plus des autres éléments de l’organisation d’un événement de cette envergure », explique le maire « extrême », que j’ai rencontré sur l’heure du midi dans son bureau de directeur de l’école secondaire d’Alma.

Les hôtels sont pleins
« Les hôtels sont pleins de Saint-Félicien à Jonquière. L’équipe française a réservé le Delta à Jonquière et cette délégation est autonome avec leur voiture et toute leur organisation. Pour les autres, nous avons organisé un système de navette pour leur assurer le transport jusqu’au site de compétition », décrit celui qui veut se rendre à Québec lundi pour accueillir la délégation de Madagascar, les gagnants du Championnat 2016 qui avait lieu dans leur pays.

« On devrait s’organiser pour boucler le budget de 350 000 $ pour organiser l’événement. Au début de la campagne de financement, le monde riait de nous un peu, mais quand le premier ministre du Québec Philippe Couillard nous a donné son appui, on a commencé à considérer l’événement. La mère de Philippe Couillard est d’origine française (Grenoble) et le premier ministre devait sûrement savoir l’importance d’un championnat de pétanque pour nous trouver une aide financière de 115 000 $ dans un programme d’aide aux événements sportifs d’envergure internationale », plaide Nicolas Martel.

Desbiens Extrême
Mercredi matin, le maire de Desbiens espérait que les bénévoles trouvent une façon de peser la tourtière extrême qui sera servie aux visiteurs pour battre un record Guinness d’un pâté de 1800 livres qui a été fait au Pérou. « On a programmé les trois spectacles de Québec Issime pour faire connaître notre culture musicale à nos invités et qui sera sûrement apprécié de la part des visiteurs du Festival Desbiens Extrême que nous avons déplacé en même temps que le Championnat mondial », explique Nicolas Martel qui compte également sur la diffusion en direct de la finale en France pour faire rayonner la région à l’étranger.