Les quartiers bien décorés attirent plusieurs enfants d’un peu partout.

Des rues vedettes pour l’Halloween

CHRONIQUE / L’Halloween est la fête la plus célébrée après Noël. C’est quand même assez impressionnant de constater qu’une fête qui met en vedette des monstres, des citrouilles et des bonbons se classe pas très loin de la fête du petit Jésus.

Statistique Canada, qui documente à peu près tout en compilant des chiffres au pays, estime à plus de 550 millions de dollars la valeur des ventes au détail de biscuits, friandises et aliments à grignoter, en octobre 2017, alors que ce chiffre atteint 651,2 millions de dollars en décembre.

J’avais peine à croire, mais c’est une jeune maman collègue de travail qui me l’a confirmé, les parents dans sa rue préparent pas moins de 400 sacs de bonbons à distribuer. L’an dernier, elle avait fait 200 sacs et à 18 h, il ne lui en restait plus, assure-t-elle.

Des orphelins de l’Halloween

Voyons donc ! Il ne peut pas y avoir 400 enfants dans une seule rue de quartier, me suis-je dit. C’est là que j’ai appris qu’il y avait des enfants orphelins de l’Halloween. Ce sont ces enfants qui habitent en milieu rural ou dans des quartiers sans enfant avec de vieux résidants qui ne donnent pas de bonbons aux petits morveux. Ils ne peuvent donc pas passer l’Halloween près de chez eux et ils se dirigent dans des quartiers où vivent de jeunes familles qui célèbrent avec opulence et splendeur cette fête de l’horreur.

C’est le cas du quartier des Fleurs, à Jonquière, sur la rue des Campanules. L’an dernier, des centaines d’automobiles étaient stationnées sur le boulevard René-Lévesque, entre la rue du Roi-Georges et le boulevard du Saguenay, puisque l’entrée du quartier avait été fermée à la circulation. Un couple avait préparé 900 sacs de bonbons et les parents estimaient en manquer vers 19 h, pouvait-on lire dans Le Quotidien.

Des rues vedettes

Je comprends un peu les familles orphelines de l’Halloween de se chercher un quartier où ça se fête. J’ai fait une virée dans quelques rues pour constater que c’est beaucoup plus beau et festif quand les maisons sont décorées de personnages gonflables, de citrouilles illuminées, de pierres tombales, de fantômes et de monstres à presque toutes les portes.

« Ces rues super bien décorées vident certains quartiers de leurs enfants. Dans le secteur où je demeure à Arvida, il n’y a pas beaucoup de maisons décorées. On laisse une boîte de bonbons sur la galerie en invitant les enfants à se servir et on va passer l’Halloween dans un autre quartier », concède avec un peu de regret la mère de quatre enfants qui célèbre cette fête en rivalisant d’imagination pour trouver une thématique familiale pour les costumes.

Attendre au moins à 18 h

Admettons qu’en gang, c’est plus agréable, mais ça génère un peu d’insatisfaction dans les chaumières. « Il devrait y avoir des règles pour l’Halloween, des fois ça commence à cogner à la porte à 17 h. Il faudrait laisser le temps aux gens qui travaillent d’arriver à la maison. Nous aussi on a besoin de temps pour costumer et maquiller les enfants. Ça devrait se passer entre 18 h et 20 h 30 », me raconte une maman qui demeure dans un quartier très décoré du secteur nord de Chicoutimi, que j’ai visité dans ma virée.

Une enquête réalisée pour le Conseil québécois du commerce de détail indique que 54 % des Québécois participeront cette année aux festivités entourant l’Halloween, et qu’ils dépenseront en moyenne 84 $ pour cette fête. Mais si je me fie à ce que j’ai vu dans certaines rues, il y a des familles qui doivent investir des centaines de dollars en décoration et je ne vous parle pas des costumes pour les enfants.

Avec ce déluge de bonbons, de chocolats et de friandises, j’ai l’impression que pour une semaine ou deux, les saines habitudes de vie et d’alimentation vont prendre le bord. Je ne peux pas croire que les enfants vont tout manger ce qu’ils récoltent.

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EN CHIFFRES

3 924 041

Nombre d’enfants de 5 à 14 ans au Canada (au 1er juillet 2017)

14 millions

Nombre de logements privés occupés au Canada en 2016 que les enfants pourraient visiter pour obtenir des friandises... ou faire des sottises !

2569

Le nombre d’exploitations agricoles au Canada ayant des champs de citrouilles, selon le Recensement de l’agriculture de 2016.

28,7 M $

La valeur estimative à la ferme des récoltes de citrouilles au Canada en 2017.

17,4

Nombre de kilos de sucre raffiné destiné à la consommation d’aliments par personne au Canada

(Selon Statistique Canada)