Roger Blackburn
Le Quotidien
Roger Blackburn

Des jeunes sautent à partir du quai [PHOTOS]

CHRONIQUE / Une vingtaine de jeunes, garçons et filles, s’amusaient à sauter en bas du quai de croisière, à La Baie, lundi après-midi, sous un chaud soleil d’été. La scène était tout de même remarquable avec des plongeons de plus de huit mètres et le fjord comme décor en arrière-plan.

Je sais, il y en a parmi vous qui vont dire que c’est dangereux. Ce l’est probablement un peu, mais les jeunes avaient vraiment du plaisir à se défier entre eux. Évidemment, il y en a toujours des plus téméraires qui grimpaient sur le garde-fou du quai pour monter encore plus haut, alors que d’autres sautaient en tandem à la course pour se donner un élan. C’était de toute beauté, j’aurais voulu avoir 14 ans pour le faire avec eux.

Interdiction de sauter

La première chose que les jeunes m’ont demandé, quand ils m’ont vu arriver avec un cahier de notes, c’est si je travaillais pour la police. « La police ne veut pas qu’on saute en bas du quai, des fois y viennent nous avertir. Moi, c’est rendu qu’ils connaissent mon nom », me lance un ado qui m’informait des visites occasionnelles des policiers.

Il y a bien une affiche disant qu’il est strictement interdit de sauter, de plonger ou de se baigner à partir du quai.

« Nous sommes au courant que des jeunes sautent en bas du quai de croisière. Quand nous avons des appels de la part de citoyens, les policiers se rendent sur place pour rappeler aux jeunes que cette pratique est interdite », a fait savoir le porte-parole de la police de Saguenay, Bruno Cormier, à qui j’ai posé la question, lors d’un appel téléphonique. « Les jeunes s’exposent à des amendes de 100 $ plus les frais, mais jusqu’à maintenant, à ma connaissance, les agents se limitent à la sensibilisation », ajoute-t-il.

Spectacle en plein air

Les jeunes avaient des spectateurs pour les regarder sauter, des pêcheurs, des touristes et des promeneurs. Une jeune maman qui n’habite pas loin était sur place avec un bébé dans les bras. « Je suis venu vérifier si mon fils respectait les consignes. Je lui ai donné la permission de jouer avec ses amis sur le quai, mais je lui ai interdit de sauter dans l’eau. J’étais bien contente de constater qu’il avait les cheveux secs », m’a confié Caroline Lavoie, qui observait la scène sur le quai de croisière.

« Les jeunes, tu leur donnes un pouce et ils prennent un pied. Il suffit qu’on leur donne la permission de sauter dans l’eau à partir du quai et, après dix minutes, ils grimpent sur le dessus de la clôture », philosophe la mère de famille.

Une dame qui profitait du beau temps sur le quai était bien découragée de ce qu’elle voyait. « Il y a des grands ados, bon, ça peut aller, mais il y a des plus jeunes. Lui, il n’a pas dix ans, c’est certain. Je trouve que ça n’a pas de sens, je me demande si leurs parents sont au courant », dit-elle.

Témérité et sans peur

« Y a pas de danger, y a une échelle pour remonter », lance un jeune téméraire. « Vous direz dans votre article qu’on aimerait ça avoir une tour pour pouvoir sauter plus haut », me lance le gamin pendant que les pêcheurs d’éperlans demandaient aux jeunes de ne pas sauter devant leur canne à pêche.

C’est quand même une bonne hauteur. La marée était à son plus bas, j’ai trouvé que les jeunes étaient téméraires. J’ai vu le même genre d’exploits, il y a quelques années, alors que les moniteurs du camp VIVA vacances familles proposent ce défi aux jeunes campeurs au bout du quai de Petit-Saguenay. C’était moins haut et il y avait un maître-nageur dans l’eau pour surveiller les jeunes qui relevaient le défi.

Ce n’était pas le cas au bout du quai de croisière à La Baie, les jeunes pratiquent cette activité interdite et deux d’entre eux m’ont confirmé que leurs parents étaient au courant. Je serais ce genre de parent à ne pas interdire les sauts au bout du quai, ça leur permet de développer des habiletés dans l’eau. Je sais qu’il y a d’autres façons d’y arriver, mais quand tu grandis en face d’un quai, c’est un peu normal, un jour, que tu finisses par sauter en bas à un moment donné.

Il y en a cependant qui aiment le risque à haut niveau. La marée a commencé à monter en milieu d’après-midi et certains jeunes sautaient près du rivage et on voyait les roches dans le fond. Espérons qu’il n’arrivera pas d’accident, du genre un enfant qui saute sur la tête d’un autre ou qu’un d’entre eux touche le fond en se blessant. On ne voudrait pas de clôtures autour de cette installation.

Malgré toutes les apparences de danger, les jeunes courent ce risque en sautant au bout du quai. Il appartient aux parents de les sensibiliser. Partout où il y a des ponts, des quais, de l’eau et des jeunes, il y a immanquablement des sauts dans l’eau.