Louis Boivin, professeur et chef cuisinier au Centre de formation professionnelle d’Arvida, était l’un des juges lors de la finale régionale des brigades culinaires.

Des jeunes derrière les chaudrons

CHRONIQUE / Honnêtement, c’était beau à voir. Une trentaine de jeunes à s’activer dans la cuisine du Centre de formation professionnelle (CFP) d’Arvida, à couper des légumes avec des couteaux plus grands qu’eux, à peler des patates grelots pour les faire rissoler et à se demander comment faire cuire leur filet de morue pour remporter la finale régionale des Brigades culinaires.

La cuisine fait maintenant partie des activités parascolaires dans les écoles secondaires de la région. À l’image des émissions de télé, les jeunes chefs de 12 à 17 ans se livrent compétition, tout en apprenant à cuisiner et à s’alimenter. Dans leur panier, ils avaient un filet de morue, des zucchinis et des tomates comme aliments obligatoires dans l’assiette. Pour le reste, il y avait un garde-manger bien garni pour compléter leur recette.

Le poisson a été cuit à la poêle et au four, il a été nappé de sauce, couvert de légumes et accompagné de riz, de légumes ou de pommes de terre rissolées. Bien que plusieurs d’entre eux n’avaient jamais cuisiné de morue avant cette finale régionale, les sept équipes s’en sont bien tiré. Une brigade a osé des épices piquantes, et c’était drôle de voir des juges réclamer de l’eau et du lait.

« Il y en a qui ont échappé la boîte d’épices », a déduit le chef du CFP, Louis Boivin, avec un petit sourire en coin, comme si ce n’était pas la première fois que ça se produisait.

Toutes les assiettes étaient bien montées avec le souci d’allier le mou et le croquant et des couleurs variées de légumes.

Les jeunes avaient écouté attentivement les consignes du chef et professeur concernant leur défi culinaire. Il a pris quelques instants pour montrer à une équipe comment fonctionne une cuisinière au gaz alors que ces jeunes avaient toujours cuisiné sur des cuisinières électriques.

Pas assez d’alimentation dans les écoles

Les brigades, en équipe de quatre ou cinq, avaient une heure pour réaliser leur défi et subir le jugement de cinq juges, dont je faisais partie. C’est la brigade culinaire de l’École polyvalente Jonquière qui a remporté la finale régionale et qui représentera la région à l’épreuve provinciale.

« Il y a une bonne participation dans les écoles pour les activités qui se donnent sur l’heure du midi. La cuisine intéresse de plus en plus de jeunes », constate Louis Boivin. Pour la plupart des participants, ce sont leurs parents qui les ont intéressés à la préparation des repas.

Pour l’éducatrice spécialisée à l’École secondaire des Chutes de Dolbeau-Mistassini, Valérie Villeneuve, « on ne parle pas assez de cuisine dans les écoles. Il y a le sport-études, l’art-études, la musique-études, mais il n’y a pas de programme cuisine-études. On ne parle pas assez d’alimentation dans les milieux scolaires », insiste celle qui accompagnait la brigade de l’école des Chutes.

Les émissions de télévision, comme Les chefs ! , contribuent aussi à rendre populaire la cuisine chez les jeunes. « À la maison, on écoute ça en famille, et c’est plus populaire que bien d’autres séries », m’a confié une membre du jury.

C’est rassurant de voir que l’école aussi propose aux jeunes de se mobiliser derrière les poêlons.