L’avocat criminaliste Charles Cantin a prononcé une conférence sur l’ascension des sommets à la Villa Chicoutimi, mardi, devant une soixantaine de personnes.

Des escaliers en guise de montagne

CHRONIQUE / L’avocat criminaliste de Jonquière, Charles Cantin, s’est rendu à la résidence pour personnes âgées Villa Chicoutimi, mardi, pour prononcer une conférence sur ses expéditions en montagne. Ça prend juste lui pour comparer les 91 marches d’escalier qui mène au 7e étage de la résidence à l’ascension du Kilimandjaro.

Chaque mois, la Villa Chicoutimi organise un dîner thématique et invite quelqu’un pour élaborer sur le sujet. Le thème de mardi était le pôle Nord et Chales Cantin a été invité pour parler des montagnes qu’il a gravies dans des décors enneigés. L’aventurier criminaliste leur a parlé de ses ascensions de nuit, du mal des montagnes, de manque d’oxygène, de cécité des neiges, des porteurs qui transportent leurs bagages et de la préparation mentale et physique.

Récit pour voyager

« J’ai 57 ans, je suis asthmatique chronique, je souffre d’arthrite rhumatoïde sévère et je pratique la plongée sous-marine et l’ascension de montagne pour sortir de ma tête et vivre le moment présent le plus intensément possible », dit-il à la soixantaine de personnes présentes à la conférence.

Il les a fait voyager en Europe sur le mont Blanc en France, sur le Machu Picchu dans les Andes, au Pérou, sur le glacier Perito Moreno d’Argentine, sur L’Elbrous dans le nord du Caucase, en Russie. « Des fois, à 5 h du matin, avec 42 % d’oxygène, par une température de - 30 degrés Celsius, on se demande ce qu’on fait là ? C’est la fois où j’ai eu le plus froid de ma vie. Ça faisait deux heures que j’étais transi, mais quand le soleil s’est levé sur la montagne et que ses rayons ont frappé sur mon corps, c’était comme au feu de la Saint-Jean, c’est la chaleur la plus bienvenue que j’ai connue dans ma vie », a-t-il raconté avec un souvenir impérissable.

Il leur a parlé de préparation et d’entraînement. « Je m’entraîne au mont Fortin à Jonquière, il a la même dénivellation que l’Aconcagua en Argentine, moins haut évidemment, mais avec différentes conditions de neige. J’enfile un sac à dos de 50 livres pour vivre les mêmes conditions qu’en expédition et j’utilise même un appareil pour diminuer l’apport en oxygène comme en haute altitude. Quand on monte le mont Fortin une dizaine de fois dans la même journée, ça aide à la préparation », détaille-t-il à son auditoire de personnes âgées qui l’écoute avec attention et intérêt.

Vos escaliers votre montagne

Un moment donné, il invite son auditoire à sortir à l’extérieur pour profiter du grand air. Une dame l’interpelle en lui disant qu’à un certain âge, il faut respecter ses limites. « C’est déjà un défi pour nous, ici, de trouver une grande motivation seulement pour utiliser les escaliers à la place de l’ascenseur. La résidence compte 91 marches sur sept étages », lui lance la dame.

« Alors, à vous de considérer ces marches d’escalier comme votre montagne. Pour vous motiver, écrivez dans un calepin le nombre de marches que vous avez montées aujourd’hui. Si vous êtes fatigués avant de monter un autre étage, regardez derrière vous pour voir ce que vous avait fait, ça va vous encourager à continuer. En vieillissant, ou en évoluant dans la vie, on fait ce qu’on est capable de faire, comme faire une marche à l’extérieur ou faire le tour du bloc. Le défi est moins grand qu’une montagne à grimper, mais la satisfaction est tout aussi valorisante », philosophe l’avocat.

« Allez-y étage par étage. Si je vous sers sept soupers devant vous, vous ne pourrez pas tous les manger en une seule journée. Mais à la cadence d’un repas par jour, vous allez y arriver au bout de la semaine. C’est la même chose avec les sept étages de votre résidence. Vous pouvez les monter une à la fois. Prenez la peine d’écrire vos progressions, vous allez passer un bon moment en l’écrivant et ça va vous faire du plaisir de voir votre progression. Vivez le moment présent », a-t-il lancé tel un motivateur.

Me Cantin a dû répondre à une vingtaine de questions de la part de l’auditoire. « Je suis avocat en droit criminel, je défends des gens qui sont mal pris dans la vie, qui ont des problèmes de boisson, de drogue, qui vivent dans la pauvreté, qui sont désorganisés et qui ont des problèmes de santé mentale. Je grimpe des montagnes pour sortir de ma tête, mais aussi pour m’impliquer dans ma communauté. Notre dernière ascension au Kilimandjaro nous a permis d’amasser 26 000 $ pour la cause des jeunes », a terminé le conférencier, qui a poursuivi avec des conversations individuelles après la rencontre.