Josiane Gagnon, conseillère au Service budgétaire et communautaire de Chicoutimi, explique que les besoins, déjà très présents en temps normal, augmentent avec l’approche du temps des Fêtes.

Des besoins toujours présents

CHRONIQUE / La vie bascule rapidement parfois. « Prends un couple de personnes âgées, par exemple, quand la conjointe décède. L’homme se retrouve seul et c’est son épouse qui s’est occupée durant toute sa vie de la correspondance, du paiement des factures comme l’électricité, les services du câble et de téléphonie, du remboursement des cartes de crédit, etc. Il arrive parfois, alors qu’il doit vivre son deuil, que les factures s’accumulent et qu’il n’ait pas pris le temps de mettre de l’ordre dans toute la paperasse. Notre aide est très importante pour ce genre de personnes », raconte Josiane Gagnon, conseillère au Service budgétaire et communautaire de Chicoutimi.

« Les comptes s’empilent, les cartes de crédit qui sont au top, les dettes d’études difficiles à supporter, les difficultés de paiement s’accrochent, les gens ont besoin de se faire conseiller et de comprendre qu’il y a d’autres solutions que la faillite », fait valoir Josiane Gagnon.

On a l’impression que, pendant la période des Fêtes, les organismes communautaires sont plus sollicités ou que les besoins sont plus grands. « À l’approche de Noël, on va faire davantage de dépannage alimentaire ou la préparation de paniers de Noël pour des familles dans le besoin. Il y a des familles qui n’oseront pas demander d’aide, mais dont nous connaissons les besoins. Les larmes montent aux yeux et les familles se montrent très reconnaissantes quand nous arrivons avec un panier de Noël offert par le Club Rotary », raconte la conseillère budgétaire.

Mince barrière du besoin

« Les gens les plus gênés dans le cas de dépannage alimentaire sont souvent ceux qui étaient habitués à gagner un revenu décent. Leur nouvelle situation financière leur cause des difficultés. Ils n’osent pas », témoigne celle qui reçoit une centaine de nouveaux dossiers par année au Service budgétaire et communautaire.

La barrière de l’abondance et de la nécessité est bien mince parfois. « Une perte d’emploi, la maladie, une séparation, le décès d’un conjoint ou une blessure grave peut faire basculer rapidement votre vie et personne n’est à l’abri de ce genre de situation », assure Josiane Gagnon.

La période des Fêtes est un passage très émotif pour plusieurs personnes. Des familles aimeraient bien recevoir leurs enfants, mais leur servir autre chose que des pâtes avec du jus de tomate. Le plus triste, souvent, ce ne sont pas leur besoin primaire, mais de lire leur tristesse de ne pas pouvoir faire de cadeau à leurs petits-enfants ou à leurs enfants. Noël pèse dur sur le moral quand notre cœur est plus généreux que notre porte-monnaie.

Clientèle variée

Le Service budgétaire et communautaire de Chicoutimi a pour mission d’aider les personnes à bien gérer leurs finances personnelles et à consommer de façon responsable. « Il n’y a pas de catégorie de gens particulière qui s’adresse à nous. Ça peut être autant l’étudiant, la mère monoparentale, les hommes vivant seuls ou les personnes âgées », dit-elle.

« Les personnes du troisième ou du quatrième âge se retrouvent souvent dépourvues face aux nouvelles technologies. Nous faisons de l’accompagnement parfois pour régler de mauvaises facturations en ce qui a tait à des services publics. La communication avec les représentants de ces diverses compagnies n’est pas toujours facile », convient la conseillère.

Outre le temps des Fêtes, Josiane Gagnon confie que le mois de juillet est aussi une période très difficile pour les gens qui ont de la difficulté à gérer leurs finances personnelles. « Souvent, les gens négligent de rédiger leur rapport d’impôt. Les conséquences font qu’au mois de juillet, les gens ne reçoivent plus leurs allocations familiales pour les enfants, leur chèque de crédit d’impôt social et les retours de TPS. Ils débarquent dans nos bureaux un peu désorganisés et souvent très émotifs », raconte celle qui compte pas moins de 409 dossiers dans ses classeurs.

Pour aider le Service budgétaire et communautaire de Chicoutimi, on peut faire des dons de vêtements à la friperie l’Éco-fripes de la rue Roussel, dans le secteur nord de Chicoutimi. Dans la boutique, il y a un contenant près de la caisse pour faire des dons en argent. « On achète souvent des cartes-cadeaux pour des achats en épicerie. Dernièrement, nous avons reçu un don en argent et les donateurs voulaient être certains que ça ne servirait pas à acheter du tabac ou de l’alcool. Dans ces cas, on fait des trous dans les cartes cadeaux pour indiquer à l’épicier que c’est seulement pour de la nourriture. D’autres vont cependant nous dire que les gens ont beau s’acheter ce qu’ils veulent, que, même dans le besoin, ils peuvent avoir envie d’une bouteille de vin à Noël », met en relief la conseillère. Soyez généreux.