Roger Blackburn
Le Quotidien
Roger Blackburn
Martin Saint-Pierre, directeur général de Centraide Saguenay–Lac-Saint-Jean, et Marie-Karlynn Laflamme, présidente du conseil d’administration, posent aux côtés des coprésidents de la campagne de financement, Dre Sharon Hatcher et Marc Savard.
Martin Saint-Pierre, directeur général de Centraide Saguenay–Lac-Saint-Jean, et Marie-Karlynn Laflamme, présidente du conseil d’administration, posent aux côtés des coprésidents de la campagne de financement, Dre Sharon Hatcher et Marc Savard.

Des besoins plus grands pour le filet communautaire

CHRONIQUE / Centraide Saguenay–Lac-Saint-Jean ne l’aura pas facile cette année pour sa 40e campagne de financement. À l’instar des autres organismes de bienfaisance, plusieurs activités de financement ont été annulées. La vente de garage de Rio Tinto, le tir de CF-18 à la Base militaire de Bagotville et le porte-à-porte représentent des dons de quelque 300 000 $ annuellement. L’an dernier, l’organisme a réussi à lever plus de 2,5 millions de dollars.

C’est donc tout un défi en cette période de pandémie, alors que les besoins sont de plus en plus grands dans tous les milieux, particulièrement en santé mentale. Les deux porte-parole de la présente campagne, la Dre Sharon Hatcher, doyenne associée et directrice du programme de formation médicale à Saguenay, et Marc Savard, président de Fonderie Saguenay, devront redoubler d’efforts pour soutenir le milieu communautaire.

De l’aide pour tous

« J’ai accepté de coprésider cette campagne avant la pandémie. D’habitude, on regarde le chiffre de l’année précédente et on se fixe comme objectif de le dépasser. Mais cette année, il faut aller plus loin que le chiffre, car les besoins sont là et les donateurs aussi », fait valoir la médecin de famille.

C’est la première fois en 40 ans qu’une médecin copréside la campagne de Centraide. « Je constate tous les jours, dans le cadre de mon travail, l’importance des organismes communautaires dans la collectivité. Le système de santé agit souvent en mode curatif, mais ce sont les organismes communautaires qui accompagnent les gens après. Leur travail est méconnu », fait valoir celle qui pratique la médecine depuis 34 ans dans la région.

« Souvent, les gens croient que les organismes communautaires oeuvrent seulement auprès des moins bien nantis de la société, mais c’est faux. Toutes les classes de la société ont recours aux services de la centaine d’organismes dans la région. C’est plus d’une personne sur quatre qui bénéficie de l’aide de ces organismes », explique la coprésidente.

Ce ne sont effectivement pas seulement les gens vulnérables qui profitent du filet social communautaire. Des travailleurs de tous les milieux peuvent avoir besoin d’aide pour du répit, s’ils sont proches aidants, pour du soutien psychologique ou pour sortir de la solitude.

Les entreprises à l’ère du télétravail devront être inventives pour mobiliser leur personnel. Le coprésident Marc Savard oeuvre depuis cinq ans sur le comité des Grands donateurs. « Centraide jouit d’une bonne crédibilité dans la collectivité. Les gens savent que 83 % de l’argent que nous récoltons est redonné à la collectivité et demeure entièrement dans la région. C’est un organisme de choix pour aider nos proches qui ont besoin de services communautaires », dit-il.

« Il va falloir être imaginatif, car la pandémie a forcé l’annulation de nos activités de financement, plusieurs personnes ont perdu leur emploi et plusieurs entreprises fonctionnent au ralenti. Les besoins sont toujours là cependant ; il y a trois fois plus de demandes pour les paniers d’épicerie et de nombreuses personnes ont besoin d’aide pour briser l’isolement », exprime Marc Savard.

« Plusieurs travailleurs sont restés à la maison à faire du télétravail pendant la pandémie. Ils ont réalisé des économies d’essence, alors faire un don à Centraide pourrait être une façon de partager une partie de ces économies avec la collectivité », suggère le coprésident de la campagne.

Effort collectif

Depuis des années, il y a toujours un responsable par entreprise partenaire qui se dévoue à la cause et s’occupe de ramasser des sous pour Centraide. De nombreuses activités ont été mises sur pied, que ce soit la permission de porter un jean le vendredi en échange d’un don, de vendre à l’encan le droit d’utiliser le stationnement du patron près de la porte pendant une semaine, le tirage de billets moitié-moitié ou autres idées du genre.

Chaque année, environ 300 milieux de travail dans la région participent activement à la cause de Centraide en réalisant une campagne de sollicitation pour prélever de l’argent sur chaque paie ou en organisant des activités de financement. Il y a 5500 bénévoles qui oeuvrent pour l’organisme chaque année.

Je sais que ce n’est pas facile pour bien du monde à vivre au rythme de la pandémie, mais il y en a pour qui c’est encore moins facile. C’est dans ces occasions qu’il faut aider ceux qui ont besoin d’aide.

Avec la COVID-19, Centraide a besoin de vous plus que jamais.