Des arbres en attendant?

CHRONIQUE / On va se le dire entre nous, l’espace libre qui sert de stationnement au centre-ville de Chicoutimi, entre la rue du Havre et le boulevard du Saguenay, est un bel espace perdu. C’est un endroit désolant, et qu’on y circule à pied ou en auto, ça n’a rien d’inspirant, ça reste un terrain vacant.

Ça fait plus de 30 ans qu’on discute autour de cet espace public situé au cœur du centre-ville en face de la zone portuaire, mais rien n’a été fait. On se souviendra du débat entourant la construction d’une salle de spectacle dans ce secteur sous le règne du maire Jean Tremblay. Il y avait eu signature des registres contre le règlement d’emprunt et une consultation populaire organisés en 2010 pour savoir si les citoyens préféraient une rénovation de l’Auditorium Dufour à 10 millions ou une nouvelle salle de spectacle de 40 millions $ au centre-ville e Chicoutimi.

Le débat a duré trois longues années. Voilà que le nouveau conseil municipal avait l’intention qu’il se passe quelque chose sur l’ancienne zone ferroviaire. Les élus souhaitent organiser une consultation populaire.

Pour Bruno Gauthier, président de l’Association des centres-ville de Chicoutimi, il va y avoir urgence dans la demeure bientôt. « Le stationnement à étages de la rue du Havre arrive à sa fin de vie utile. D’ici un an, on pourrait apprendre par un ingénieur que le stationnement à étages doit être fermé. Ce dossier-là devra être réglé un jour. Peu importe le projet, ça doit inclure le stationnement à étages », soutient Bruno Gauthier qui a aussi un commerce au centre-ville.

C’est une décision pas facile à prendre pour les élus, ce n’est pas pour rien que ce terrain en plein cœur du centre-ville est resté un terrain vague depuis le moment où nous avons retiré les rails de chemin de fer. On ne peut pas vendre les terrains et en faire un genre de commerce DIX30 comme on en voit ailleurs ou un développement commercial avec un commerce de restauration rapide, une station d’essence et deux ou trois boutiques, à l’image de ce qui se fait un peu sur le boulevard Tatlbot.

Pour Éric Larouche, propriétaire de l’Hôtel Chicoutimi et président de Tourisme Saguenay–Lac-Saint-Jean, « le centre-ville a besoin d’un projet attractif avec une mixité de services. Il y a eu déjà plusieurs discussions pour aménager ce secteur, mais on ne veut pas arriver avec un éléphant blanc qui va coûter une fortune à opérer, car il faut aussi considérer les coûts d’opération d’un tel projet. Ça prend un véritable outil de développement qui va rayonner pour l’ensemble de la ville et de la région », fait valoir l’homme d’affaires.

« Que ce soit un aréna sportif, une piscine de 50 mètres, une chaire de recherche universitaire, peu importe, il faut intégrer ce projet pour qu’il rayonne sur tout le centre-ville de la rivière du Moulin au poste de traite sur la rivière Chicoutimi. Il faut que ce projet génère un accès à la rivière Saguenay. Ce projet doit créer un milieu de vie avec une mixité de services », explique l’hôtelier.

Il ne faut pas oublier qu’il passe près d’un million de personnes à la zone portuaire chaque été. La ville de Montréal a aménagé des plages urbaines le long du Saint-Laurent. Pourquoi chez nous c’est de la roche avec de la broche à poule ? On devrait être capable de faire mieux.

Le stationnement à étages à la Place Sainte-Foy, à Québec, a coûté 60 millions $ avec un ascenseur panoramique et ça va nous prendre la même chose à quelques dollars près à Saguenay. Alors si on veut un projet d’envergure sur la zone ferroviaire, il va falloir mettre la main dans nos poches.

Je suis bien d’accord avec un projet d’amphithéâtre au centre-ville, mais il ne faut pas que cette bâtisse ouvre ses portes une fois ou deux par semaine pour un match de hockey qui attire 3000 personnes. Il faut avoir l’intelligence de réaliser quelque chose de majeur.

Si nous n’avons pas de projet majeur, aussi bien planter des arbres en attendant.