Le musée de la Défense aérienne de Bagotville raconte l’histoire de l’aviation militaire canadienne et présente de nombreux objets historiques.

Découvrir l’histoire de la Défense aérienne

CHRONIQUE / Chose promise chose due, j’ai visité le musée de la Défense aérienne de Bagotville. À l’occasion du spectacle aérien, c’est une bonne occasion pour vous de faire ce que j’ai fait, une heure de visite intéressante qui permet d’en apprendre beaucoup sur l’histoire de l’aviation canadienne et sur la Base militaire de Bagotville.

Je vous suggère la visite guidée, car les préposés ont de petites anecdotes qui agrémentent la visite. Se faire raconter les débuts de l’aviation canadienne nous révèle des choses étonnantes. On apprend notamment que lors de la Première Guerre mondiale, les pilotes de chasse ne portaient pas de parachute à bord de leur avion. Les stratèges militaires craignaient que les pilotes abandonnent leur avion en sautant en parachute dès qu’ils arriveraient dans une zone de danger, pour sauver leur vie.

Tirer dans l’hélice

En 1914, les avions de chasse étaient équipés de mitraillettes, mais les pilotes devaient quitter leur poste de pilotage pour tirer alors que l’avion piquait vers le sol. Ils ont donc modifié les avions en installant les armes automatiques devant le pilote, mais les balles frappaient l’hélice en avant de l’appareil, ce qui a causé la mort de plusieurs pilotes.

Nos génies de la guerre ont donc décidé d’installer des hélices en métal, mais les balles rebondissaient sur le cockpit ouvert, ce qui a encore là causé la mort de nombreux pilotes. Un de ces appareils s’est retrouvé en Allemagne et les ingénieurs ennemis ont repris le concept en synchronisant le tir des balles entre les tours d’hélice. Un avion allemand s’est écrasé en sol canadien et nos génies de l’air ont repris le concept, ce qui a enfin permis de sauver la vie de plusieurs pilotes. C’est alors que votre guide vous informe que l’espérance de vie d’un pilote de chasse en 1914 était de 11 jours, après son premier vol.

Il y a des images marquantes montrant des pilotes de chasse qui laissent tomber des bombes avec leurs mains par-dessus bord, alors qu’ils portent un simple casque de cuir et des lunettes d’aviateurs. On peut y découvrir des anecdotes sur des as de l’aviation qui ont accompli des actes héroïques lors d’attaques d’avion de chasse.

Des avions pour protéger Alcan

Lors de la Deuxième Guerre mondiale, les pilotes ont eu la permission de porter des parachutes et l’aviation a grandement progressé. On apprend aussi que la base de Bagotville a été construite en 1942 pour protéger l’aluminerie Alcan d’Arvida et les barrages hydro-électriques d’Isle-Maligne, de Chute-à-Caron et de Shipshaw. À cette époque, Alcan produisait 80 % de l’aluminium canadien et 20 % de l’aluminium mondial, un métal très utilisé pour la construction d’avions militaires. La Grande-Bretagne craignait qu’un raid aérien des Allemands ou que des actes de sabotages freinent la production d’aluminium.

On y apprend aussi qu’au cours de la Deuxième Guerre mondiale, les femmes ont été mobilisées pour l’effort de guerre. Elles exerçaient toutes sortes de métiers, comme chauffeuse, mécanicienne ou travailleuse en usine. Le métier le plus prisé était cependant celui d’infirmière, d’une part parce qu’il y avait beaucoup de blessés, mais aussi parce que les infirmières avaient le même salaire que les soldats. Votre guide vous fera remarquer que pour la première fois de l’histoire, on parlait d’équité salariale entre les hommes et les femmes.

Dès votre entrée dans le musée, vous avez droit à un bel accueil de la part du jeune personnel. On vous propose la visite du parc extérieur avec une tablette électronique qui anime votre découverte en diffusant des vidéos et des commentaires sur la dizaine d’aéronefs exposés qui ont marqué l’histoire militaire du Canada. Vous avez même la possibilité de monter à bord d’un CF-18 qui a fait la guerre au Kosovo. On peut aussi y observer un Mig-23 soviétique qui a été donné au musée par la République tchèque.

Le musée raconte l’histoire de l’aviation militaire canadienne au Québec et c’est le seul musée au Canada qui ouvre les portes d’une base militaire au grand public. Les visiteurs ont droit à une visite guidée des installations de la 3e Escadre durant les heures d’opération et il n’est pas rare qu’ils puissent assister au décollage des CF-18, sur le tarmac.