De l’eau et de saines habitudes

CHRONIQUE / Le nouveau Guide alimentaire canadien qui a été officiellement rendu public mardi représente beaucoup plus les réalités alimentaires d’aujourd’hui comparativement à l’édition 2007 et révèle aussi quelques surprises. L’eau est la boisson la plus recommandée, les fruits et légumes occupent la moitié de votre assiette alors que des aliments à grains entiers et protéinés représentent chacun un quart de votre assiette quotidienne.

Si ça vous tente de partir une discussion, comme ça autour de vous, dites que le nouveau Guide alimentaire recommande de retirer la peau de la volaille avant la cuisson. Ça veut dire que le poulet cuit entier et encore tout chaud que vous achetez à l’épicerie, votre cuisse de poulet chez Saint-Hubert ou la poitrine que vous commandez au restaurant ne sont pas recommandés par le guide.

Et là, vous allez entendre : « Bien là, la peau, c’est ça qui est le meilleur! » Ce n’est pas parce que c’est bon au goût que c’est bon pour la santé. Ça veut dire aussi finis les ailes et les pilons de poulet et bien évidemment tout ce qui est préparé, ou presque, dans les chaînes de restauration rapide.

Le berlingot de lait au déjeuner le matin ne fait plus partie des recommandations. Il est maintenant considéré comme un aliment protéiné comme les fromages, les yogourts, la volaille, le poisson, les œufs et la viande. On ne recommande plus de jus de fruits.

C’est ça qui est le meilleur

Dans la rubrique « Préparation d’aliments protéinés », on recommande également de limiter la quantité de sauce ou de beurre. Évidemment, mes filets de truite au fromage Perron fort qui sont arrosés de beurre et d’huile d’olive ne passent pas le test; parce que c’est meilleur avec du beurre.

Les spécialistes qui ont conçu le guide ont vraiment fait un effort de variété et ils ont aussi fait l’effort de se coller à la réalité des bonnes tendances alimentaire.

Pour Émilie Tremblay, agente de développement pour la Table agroalimentaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la grande place des légumes dans le nouveau guide est une bonne nouvelle pour les maraîchers de la région. « On constate qu’on redonne la responsabilité aux consommateurs de garnir leur assiette idéale. Le guide recommande aussi de consommer moins de produits transformés, ce qui est une bonne nouvelle pour les producteurs de légumes de la région », commente Émilie Tremblay lors d’une conversation téléphonique.

Habitudes alimentaires

« Il y a aussi un chapitre complet qui traite des habitudes alimentaires. C’est une approche nouvelle qui permet d’apprécier la consommation d’aliments produits en région, près de chez nous, et qui fait partie de nos traditions et cultures alimentaires. C’est un beau message pour la consommation locale », fait valoir la porte-parole de la table agroalimentaire.

Le guide recommande maintenant de vous préoccuper de ce que vous mangez, du moment, de l’endroit, de la façon et de la raison pour laquelle vous le faites, pour vous permettre de faire des choix plus sains et plus éclairés.

« Les spécialistes vont encore plus loin en indiquant que de partager des aliments sains en compagnie de proches, d’amis, de voisins ou de collègues de travail est une bonne façon de tisser des liens et de transmettre les traditions alimentaires d’une génération à l’autre et les partager avec les autres communautés. C’est vrai que c’est important de transmettre aux autres générations nos mets et nos traditions alimentaires qui mettent en valeur les produits d’ici », soutient Émilie Tremblay.

Équilibre

Contrairement à la dernière édition de 2007, le guide 2018 ne recommande plus de portion par jour, mais un équilibre entre les proportions de fruits, de légumes, d’aliments protéinés et d’aliments à grains entiers. On recommande de choisir des aliments qui contiennent peu ou pas de sodium, du sucre ou du gras saturés ajouté.

Il y a aussi tout un chapitre intéressant sur le marketing alimentaire. Une mise en garde que je suivrais si j’étais parent de jeunes enfants, c’est-à-dire de retirer la boîte d’emballage de céréales sur la table quand on sert des Frootloops (qui ne sont pas sur le guide en passant) ou des produits transformés avec un bel emballage tout en couleur.

Comme les fruits et légumes composent la moitié de l’assiette du guide alimentaire, ça va peut-être donner des idées au gouvernement pour soutenir nos agriculteurs qui aimeraient produire des légumes en serre ou des fruits à longueur d’année. De l’électricité à rabais pour soutenir notre industrie agroalimentaire, ce qui pourrait permettre de développer la culture de légumes sous serre comme on le fait avec les serres Toundra à Saint-Félicien.