Les trotinettes électriques permettent de se déplacer rapidement et facilement dans un environnement sans voiture, comme à Oslo, sur cette photo.

Consommation d’alcool dans les parcs

CHRONIQUE / De retour de voyages dans les pays scandinaves, on ne peut pas faire autrement que de faire des comparaisons avec notre style de vie. Par exemple, j’étais au coeur de la ville de Copenhague, la capitale du Danemark, dans le haut lieu touristique où j’ai vu le plus grand nombre de restaurants au pied carré ; il y a des terrasses tout au long de nos pas.

Histoire de prendre une pause en milieu d’après-midi et de flâner sur une de ces terrasses pour voir la planète défiler devant nous, on cherche à s’attabler quelque part. Face à un restaurant où la terrasse était bondée, on commande une bière et la serveuse nous demande si c’est pour boire sur la terrasse ou pour emporter ? Je réponds : « for take away ».

J’avais remarqué, chemin faisant, que des gens étaient assis le long du canal sur la pièce de bois qui bordait la rue en train de siroter une bière. Alors on a fait comme eux, on a commandé une bière pour emporter, dans un verre en plastique. Nous nous sommes assis le long du canal et on a regardé défiler les passants ; ce fut un beau moment.

Pique-nique et bouteille de vin

Nous avons aussi vu des gens installés sur un espace gazonné en train de partager une pizza avec une bouteille de vin, ils avaient l’air heureux et faisaient partie du décor. Ça mettait de la vie de voir ces gens attablés en plein air, un portrait de la couleur locale.

En comparant nos modes de vie, je trouve qu’on est reculé par le tonnerre à Saguenay. Je trouverais ça sympathique de voir des gens assis dans l’herbe sur la zone portuaire de Chicoutimi, ou le long de la rivière aux Sables à Jonquière, ou au parc Mars à La Baie, ou au parc de la rivière du Moulin, ou au parc Rosaire-Gauthier, assis en rond à discuter tout en pique-niquant avec une bière ou une bouteille de vin lors d’une fin d’après-midi ensoleillée.

Je trouve ça moche qu’à Saguenay il soit « strictement défendu de consommer, de se préparer à consommer ou d’avoir en sa possession des boissons alcoolisées dans toute place ou dans tout endroit public ». On dirait que nous sommes encore dirigés par des curés avec une morale insensible aux plaisirs de la vie. Ce n’est pas pour rien que les jeunes se rassemblent dans les sous-sols de maison pour prendre un verre entre amis, car ils ne peuvent pas le faire en gang, à travers d’autres personnes, dans un lieu public, un comportement qui pourrait être rassembleur et agréable.

Pourtant on permet de le faire sur la rue Racine lors d’événement comme le Festival des vins, ou à la zone portuaire lors du Festival des bières. À la Saint-Jean-Baptiste ou à la fin de l’année scolaire, les jeunes doivent se cacher en milieu rural, dans le bois, pour se faire des feux et prendre une bière entre amis.

Il me semble qu’on pourrait déguster une bouteille de vin entre amis dans un lieu public, ailleurs que dans un restaurant où il faut payer 40 $ pour une bouteille de vin, plus taxe, plus le service ou de payer 8 $ pour une bière en côtoyant des gens. J’ignore si ces restrictions sont imposées par les policiers ou par le lobby des restaurateurs qui ont peur de perdre des ventes, mais il me semble qu’on nous prive de bons moments entre amis. Les gens vont continuer de prendre leur apéro sur le patio de leur cour arrière et les jeunes dans le sous-sol des maisons privées au lieu de se donner rendez-vous au parc.

Ville sans autos

J’ai découvert à Copenhague le bonheur d’une ville sans autos. Il y a des taxis, des autobus, le métro et quelques voitures, mais pas de circulation intense. Il y fait bon vivre. Ça ne peut pas être une réalité en région, mais je pense qu’on pourrait interdire les autos dans certaines rues du Vieux Québec, ou dans certaines rues achalandées à Montréal.

En éliminant les automobiles sur certaines artères très achalandées par les piétons, on permettrait ainsi une circulation plus facile pour les vélos et les trottinettes électriques. Nous étions accompagnés de la jeune Florence à Oslo et à Copenhague. Elle a des limitations physiques en raison d’un accident survenu il y a quelques années et se déplacer à la marche sur de longues distances lui est particulièrement difficile. Grâce à des trottinettes électriques, elle a pu nous accompagner durant tous nos déplacements à pieds à travers la ville. Le système de trottinettes électriques fonctionne sans ancrage fixe, les utilisateurs peuvent les laisser n’importe où dans la ville. Il suffit de télécharger l’application sur le téléphone mobile pour scanner le code-bar de la trottinette avant de partir avec. On en trouvait à tous les coins de rue, un mode de transport facile à utiliser quand il n’y a pas de voiture dans le décor urbain.

Le ministère des Transports du Québec songe à implanter les trottinettes électriques bientôt dans la province, une initiative qui saura certes plaire à ceux qui veulent utiliser de moins en moins la voiture. Si ça se fait à Copenhague, ça peut se faire au Québec en période estivale.