Roger Blackburn
Les trois couples du Lac-Saint-Jean sont confinés en Espagne dans un condo près de la mer Méditerranée. C’est cette vue qu’ils ont à partir de leur condo.
Les trois couples du Lac-Saint-Jean sont confinés en Espagne dans un condo près de la mer Méditerranée. C’est cette vue qu’ils ont à partir de leur condo.

Confinés en Espagne, pas de panique

CHRONIQUE / Même si le premier ministre Justin Trudeau demande aux Canadiens à l’étranger de rentrer au pays, le simple fait de trouver un vol relève presque de l’impossible. Quatre couples du Lac-Saint-Jean sont présentement confinés en Espagne, dont la population est au pic de la contagion.

« Nous sommes à Benalmádena, sur la Costa Del Sol, au sud de l’Espagne. Nous croyons que c’est plus sécuritaire pour nous de rester confinés ici, dans le condo que nous avons loué pour un mois, que de se retrouver dans les aéroports à travers plein de monde », fait valoir Gilles Brassard lors d’une conversation téléphonique.

Gilles Brassard, de Dolbeau-Mistassini, était en compagnie de sa conjointe Renelle Boudreault et d’un couple d’amis, Guylaine Proulx et Christian Pelchat, lors de notre entretien mercredi matin.

Un couple quitte pour le Québec

« Nous étions quatre couples au début de nos vacances en Espagne, mais un couple a décidé de rentrer au pays. Il leur a fallu quatre jours pour trouver deux billets d’avion à des prix très élevés. Ils sont partis tôt mercredi matin de l’aéroport de Malaga et, aux dernières nouvelles ils ont raté une correspondance à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, à Paris. Ils sont en attente d’un vol pour Montréal », fait savoir Gilles Brassard.

Les trois autres couples ont décidé de rester en Espagne malgré le haut taux de contamination. « Nous respectons les consignes d’isolement. Une seule personne de notre groupe se rend à l’épicerie pour faire les courses et les restaurants sont fermés. À la petite boulangerie, près de notre condo, nous attendons à l’extérieur, dans la rue, pour recevoir notre commande », explique Guylaine Proulx, ancienne directrice générale du Cégep de Jonquière à la retraite depuis 2016.

« Nous avons tout ce qu’il faut pour notre hygiène et notre confort. Nous avons accès à de la nourriture et nous sortons sur notre balcon pour admirer la Méditerranée. Nos proches sont inquiets, évidemment, de nous savoir si loin au coeur d’un pays parmi les plus infectés, mais nous nous sentons en sécurité », assure Renelle Boudreault.

Ça pourrait être long

Ces vacanciers confinés ne se disent pas angoissés ou inquiets, ils suivent les consignes. « On entend dire que ça pourrait être long. Pour l’instant nous sommes calmes face à la situation et nous avons confiance que le Canada viendra chercher ses citoyens un moment donné. L’ambiance risque de changer si nous devions passer trois mois ici, mais nous avons espoir de pouvoir retourner au Québec d’ici quelques semaines », exprime la Jeannoise.

Les couples en vacances ont essayé de revenir au pays, mais les compagnies aériennes ne répondaient pas à leurs appels ou le coût des billets dépassait les 3000 $ avec trois ou quatre escales. « Le propriétaire du condo que nous avons loué nous a informés qu’on pouvait louer pour un mois additionnel si nous le voulions, car toutes les réservations ont été annulées. On préfère payer un mois de location supplémentaire au lieu de se retrouver bloqué dans un aéroport et de payer 5000 $ pour un billet d’avion », évoque Guylaine Proulx.

« On surveille les informations d’heure en heure. Nous lisons Le Quotidien tous les matins, nous écoutons RDI, on suit les conférences de presse de Justin Trudeau et de François Legault et nous avons des tablettes et des téléphones cellulaires pour communiquer avec nos proches. Le fait d’être trois couples à vivre ça ensemble facilite aussi les choses pour partager ces moments », met en relief Gilles Brassard, qui était encore jusqu’à tout récemment président du chapitre régional de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs.

Pas de panique

« Le gouvernement espagnol fait très bien les choses jusqu’à maintenant et la population respecte les consignes. Benalmádena est une petite ville d’Espagne (68 000 habitants), c’est comme le Dolbeau-Mistassini d’Espagne et les rues sont désertes, les gens se confinent à la maison, nous ne sommes pas inquiets », assure-t-il.

« Selon les dernières informations, l’Espagne serait au pic de la contagion avec plus de 2000 cas et plus de 100 morts en 24 heures (2500 nouveaux cas et 107 morts enregistrés en 24 heures selon les chiffres officiels de mercredi, 15 h). On ne ressent pas de panique pour le moment », fait valoir Gilles Brassard. L’Espagne comptait plus de 13 700 cas et près de 600 morts mercredi à la mi-journée le deuxième pays le plus touché en Europe et le quatrième dans le monde.