Chlorophylle: une marque, 40 ans [PHOTOS]

Roger Blackburn
Roger Blackburn
Le Quotidien
CHRONIQUE / La marque Chlorophylle fête ses 40 ans cette année et le cinéaste saguenéen Philippe Belley vient de terminer un court métrage pour souligner cet anniversaire. Il s’est mis sur la trace des fondateurs pour nous raconter l’histoire de cette marque régionale qui a rayonné partout dans le monde.

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai toujours ressenti une fierté en portant des vêtements Chlorophylle. Je suis un peu chauvin, je l’avoue. Quand ça vient d’ici, ça goûte meilleur. Je ressens les mêmes sentiments pour les vélos Devinci, les sacs Lavoie, la sauce Vio et tous les autres produits régionaux.

Chlorophylle est née près du fjord, au pied des montagnes, à côté d’une université qui offre un baccalauréat en plein air. La marque a été créée par des passionnés d’aventure, à une époque où l’industrie du plein air n’existait presque pas. À une époque où, simplement, les gens jouaient dehors.

Le logo de Chlorophylle fait partie de notre ADN. Je me rappelle de ma première doudoune d’hiver, ce grand manteau bleu qu’on revoit dans le court métrage de Philippe Belley à côté de la version 2020. Le designer et styliste de l’époque, Pierre Beaudoin, l’a enfilé et a ressenti les sensations d’autrefois.

Pionniers du plein air

Le récit de Gilles Couët, l’un des fondateurs avec Laval Tremblay et Pierre Beaudoin, témoigne de la passion et des connaissances de ces aventuriers du plein air, aux tout débuts de Chlorophylle. Ils ont inventé des produits qu’ils utilisaient dans leurs expéditions.

« On revenait de trois ans de voyage à travers les Amériques. Le stock de plein air, on connaissait ça. On en a utilisé 365 jours par année pendant trois ans. À notre retour, on a ouvert un petit magasin, L’Aventurier », raconte Gilles Couët.

Les amateurs de plein air se souviennent tous de cette boutique bien aménagée avec des planches de bois. Elle avait des équipements d’escalade en inventaire. Je me souviens de leur casquette en tissu coloré avec une petite palette que l’on pouvait plier.

Dans le court métrage, Gilles Couët raconte : « Le premier produit qu’on a fabriqué, c’est une doudoune d’expédition et un anorak. La première année, nous avons vendu pour 80 000 $. La deuxième année, nous avons vendu 3500 anoraks, pour un chiffre d’affaires de 250 000 $. Nous avons fait d’autres produits, des vêtements, des pantalons, un sac à dos. La troisième année, notre chiffre d’affaires avait dépassé le million de dollars. On s’est dit : “Wow ! Ça marche, nos affaires !” Après 20 ans, nos ventes dépassaient les 20 millions de dollars et nous avions des clients partout au Canada, en Europe et au Japon, entre autres », de raconter celui qui s’est retiré des affaires.

Le fondateur de Chlorophylle évoque que la compagnie était de loin la plus petite de plein air au monde ayant un rayonnement international. « On avait l’impression d’inventer et de créer des choses nouvelles. Nos vêtements n’avaient pas de complexes », fait-il savoir.

Il faut le rappeler, Chlorophylle a été une des premières entreprises à sensibiliser sa clientèle à la protection de l’environnement. « Dans notre premier catalogue, nous avions deux pages complètes qui parlaient d’environnement », rappelle Gilles Couët dans le court métrage.

M. Couët prend la peine de souligner l’implication de toute une équipe au début, avec Alain Dumas, Gilles Lévesque, Régis Pageau, Simon Coutu, Marc Fournier et Hélène Philion.

Le cinéaste Philippe Belley est aussi allé à la rencontre d’Alain Dumas, photographe et premier gérant de la boutique L’Aventurier, sur la rue Racine. « Chaque fois que de nouveaux produits sortaient, on allait les essayer en expédition. Et là, on disait “La manche est trop longue ; ça bloque ici quand on marche” ou “Le pantalon a tel défaut”, et Pierre [Beaudoin] retournait en atelier pour corriger tout ça avant de les mettre sur le marché », se rappelle le photographe et amant de plein air.

L’héritage du passé

Après toutes ces années, l’entreprise, qui a traversé toutes sortes d’aventures, se rappelle les valeurs du passé pour définir l’avenir.

Pour souligner ce 40e anniversaire, la marque Chlorophylle, propriété de Côté-Réco, va lancer la collection Héritage, cet automne, en ramenant la doudoune d’expédition des années 80 à la saveur 2020 et les anoraks. L’entreprise va même ramener le logo du début, avec le coucher de soleil et la verdure. Bref, le vintage sera à l’honneur.

Évidemment, il n’y aura pas de lancement avec rassemblement, mais la marque va continuer à nous rendre fiers de ce succès régional. Ça donne le goût !