Roger Blackburn
Le Quotidien
Roger Blackburn
De gauche à droite, le directeur général Jonathan Jean-Vézina, Éliane Martel, présidente, et Nicole Tremblay, vice-présidente et fondatrice de l’Association Renaissance des personnes traumatisées crâniennes du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
De gauche à droite, le directeur général Jonathan Jean-Vézina, Éliane Martel, présidente, et Nicole Tremblay, vice-présidente et fondatrice de l’Association Renaissance des personnes traumatisées crâniennes du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Bon pour ma fille, bon pour tous

CHRONIQUE / En 1993, la fille de Nicole Tremblay a subi un traumatisme craniocérébral (TCC) lors d’un accident de VTT. « Je suis éducatrice spécialisée de formation alors j’ai pris ma fille en charge et je lui ai apporté tout le soutien que je pouvais lui donner. Je l’ai accompagnée, j’ai fait des démarches pour qu’elle rencontre des gens qui avaient subi le même traumatisme. J’ouvrais des portes pour trouver des ressources et trouver de l’aide. J’ai collaboré avec le département des sciences neurologiques de l’hôpital et c’est le docteur Aubin, à l’époque, qui m’a interpellé. Il m’a dit “on a un budget de 5000 $ pour que les gens puissent recevoir des services et de l’aide des ressources sociales” », raconte la dame que j’ai rencontrée lors de l’inauguration des nouveaux locaux de l’Association renaissance des personnes traumatisées crâniennes à Jonquière.

Il a fallu plusieurs rencontres de cuisine, à l’époque, pour structurer cette organisation qui soutient 345 membres au Saguenay-Lac-Saint-Jean. « À l’époque, les gens allaient à Québec pour recevoir des services de réadaptation. Les personnes traumatisées craniocérébrales ont des séquelles toute leur vie. Pour une grande partie des TCC, il n’y a pas de retour à l’école possible ou de retour au travail », explique celle qui a fondé l’organisme.

« Je voulais que les gens reçoivent les mêmes services que j’offrais à ma fille. Les TCC ont besoin d’être entourés, d’être encadrés. Ces gens ont droit à des services, ils ont besoin d’une vie sociale, et leurs proches ont aussi besoin d’aide et de répit. Quand c’est un accident de la route, on les accompagne pour les réclamations à la SAAQ. C’est à ça que sert cette organisation, entre autres », fait savoir Nicole Tremblay, qui salue l’implication de l’équipe au sein de l’organisme communautaire.

Des besoins croissants

Pour le directeur général Jonathan Jean-Vézina, les besoins pour les TCC ne cessent de croître. « Il y a neuf ans, on avait 126 membres dans notre organisme alors que nous en comptons 345 en 2020. Nous avons une douzaine d’employés, des éducateurs et des intervenants dans différents domaines pour soutenir nos membres », dit-il.

L’Association reçoit également de l’aide de la Fondation Martin-Matte pour donner du répit aux proches aidants.

« Il y a des TCC qui sont autonomes, mais il y en a d’autres qu’on ne peut pas laisser seuls à la maison. Ça devient compliqué pour les proches aidants qui travaillent », fait valoir le directeur général.

Nicole Tremblay, fondatrice de l’Association Renaissance des personnes traumatisées crâniennes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, lors de l’inauguration des nouveaux locaux à Jonquière.

Nicole Tremblay, qui oeuvre dans le domaine depuis 25 ans, connaît bien les impacts d’un traumatisme crânien. « C’est difficile pour les familles, souvent ça brise des relations de couple, ça change des vies complètement », dit-elle.

« Il y a 25 ans, nos services n’existaient pas. Aujourd’hui, le CIUSSS connaît bien notre organisation et nous réfère les familles qui vivent avec un TCC. Mais on veut aussi aider ceux qui ont eu un traumatisme crânien il y a plus de 25 ans et qui ne savent pas qu’on peut les aider. Il leur suffit de présenter une attestation de leur état de santé », dit-elle.

Nicole Tremblay fait partie de ces bâtisseurs, de ces forces de la nature qui transforment l’histoire d’horreur d’un accident de VTT de son adolescente en un long fleuve d’aide et de don de soi. Toutes les portes que cette dame a ouvertes sont des planches de salut pour les TCC.

« Les besoins sont nombreux. Que ce soit de la réadaptation physique, des services psychiatriques, du transport adapté, de la réinsertion sociale, l’organisation d’activités de loisirs et de sports, notre organisme offre aussi des ateliers de formation et de l’aide psychosocial », fait valoir la fondatrice.

L’organisme ne s’occupe toutefois pas des gens qui ont subi des commotions cérébrales. « On s’occupe des gens qui ont des traumatismes légers et modérés qui ont des séquelles pour la vie », dit-elle.

Longue route

L’Association Renaissance des personnes traumatisées crâniennes est un organisme communautaire autonome qui travaille en collaboration avec le Centre de réadaptation de Jonquière, le ministère de la Santé et des Services sociaux. L’organisme est aussi reconnu par la Direction de la santé publique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, dont le directeur régional est le Dr Donald Aubin, le même docteur Aubin qui a offert 5000 $ de budget à Nicole Tremblay pour élaborer une structure destinée à venir en aide aux TCC.

Nicole Tremblay, qui oeuvre encore au sein de l’organisme à titre de vice-présidente, ressent une belle fierté après 25 ans et accorde beaucoup de crédit au directeur actuel, Jonathan Jean-Vézina, qui se consacre entièrement à cette cause.

Les membres et les dirigeants de l’organisation étaient bien contents d’inaugurer leurs nouveaux locaux et de souligner le soutien de la Ville de Saguenay qui leur offre gratuitement les locaux sur la rue Deschênes.