Roger Blackburn
L’évêque de Chicoutimi, monseigneur René Guay, a fait sa première sortie publique, mardi, en participant à la bénédiction des balcons à la résidence pour personnes âgées (RPA) Villa Saguenay.
L’évêque de Chicoutimi, monseigneur René Guay, a fait sa première sortie publique, mardi, en participant à la bénédiction des balcons à la résidence pour personnes âgées (RPA) Villa Saguenay.

Bene dicere: dire du bien

CHRONIQUE / L’évêque de Chicoutimi, monseigneur René Guay, a effectué sa première sortie publique, mardi, en procédant à la bénédiction des balcons à la résidence pour personnes âgées (RPA) Villa Saguenay.

Ce n’est pas tant les balcons, comme les gens qui l’attendaient, haut perchés, que monseigneur est venu bénir. «Bénir, ça vient du latin, une langue que vous et moi connaissons, de bene dicere: dire du bien. En disant du bien de quelqu’un, on le bénit. En disant du bien des uns et des autres, on rend le monde plus beau. C’est d’ailleurs la chanson de Jean Ferrat, “Que c’est beau la vie”, que j’écoutais dans mon auto en venant ici», a fait savoir l’homme d’Église dissertant sous les balcons.

L’image était forte et émouvante: Monseigneur René Guay marchait dans la cour arrière en trempant le goupillon dans le bénitier en aspergeant les fidèles d’eau bénite. «Je vous bénis, au nom du père, du fils et du Saint-Esprit, amen.» Sur leur balcon, les résidents de la Villa Saguenay faisaient leur signe de croix pour ensuite saluer de la main le passage de Monseigneur qui marchait sous les applaudissements qui venaient de là-haut.

L’évêque de Chicoutimi a pris le temps de saluer les gens en défilant devant eux. Une dame lui a fait remarquer qu’il avait le même prénom qu’elle. «Au Chili, en Espagne, où j’ai été, on dit d’une personne qui porte le même nom que nous qu’elle est notre “toccacia”. Vous êtes ma “toccacia” et je suis votre “toccacio”», a-t-il pris le temps de dire au passage.

Une génération de croyants
Les personnes âgées sont une génération de gens qui ont grandi avec la foi. Ils semblaient très heureux de recevoir la visite de l’évêque du diocèse. «J’ai prié pour vous tous les jours. J’ai prié chaque jour pour les gens qui ne pouvaient pas sortir, qui ne pouvaient pas recevoir de visite de leurs proches», a-t-il dit en prenant la parole.

«Je vous remercie pour la belle invitation. En prenant soin de vous dans ce confinement, vous avez aussi pris soin des autres. Je suis venu vous dire que même en restant chez vous, vous pouvez compter sur un ami qui ne nous lâche jamais et vous rappeler que nous sommes aimés follement par Dieu», a lancé l’homme de foi.

Donner l’exemple
En entrevue après la bénédiction, l’évêque de Chicoutimi a fait savoir qu’il s’agissait de sa première sortie publique depuis le début de la pandémie. «Comme premier responsable de la communauté, j’avais des responsabilités et je me devais de donner l’exemple. Je n’ai pas encore 70 ans, je vais l’avoir cet automne, mais je ne voulais pas être l’évêque qui est partout sur le terrain, alors je me suis confiné sans pour autant cesser de travailler. Nous attendons les décisions de la Santé publique pour reprendre les services religieux», a commenté monseigneur René Guay, qui ne voit pas de détresse chez les gens qui ont dû annuler des mariages, des baptêmes ou qui n’ont pas pu vivre des funérailles religieuses. «Les gens comprennent ce qui se passe et se sont montrés compréhensifs», dit-il.

Événements balcons
Monseigneur René Guay a fait trois bénédictions en faisant le tour de la Villa Saguenay. Il s’est adressé à l’aide d’un micro et de haut-parleurs. C’est au son des cloches d’église, comme celles qui annoncent la messe, que se faisait l’arrivée de monseigneur.

C’est à l’invitation de Dominic Gagné, coordonnateur des loisirs à la Villa Saguenay, que l’évêque du diocèse s’est présenté à la RPA. «Nous n’avons pas assez d’espace à l’intérieur pour organiser des activités de groupe. Ici, les gens sont confinés, ils peuvent voir les membres de leur famille seulement à l’extérieur en portant le masque et en respectant le deux mètres. Pour animer leur journée, nous organisons des événements balcons», explique Dominique Gagné.

«Les gens âgés sont des personnes croyantes et je sentais que l’absence de services religieux commençait à leur manquer; le Bon Dieu, c’est important pour eux. J’ai alors adressé une demande à l’évêché et monseigneur René Guay a accepté avec empressement. Les résidents attendaient cette visite avec impatience», a confié l’animateur.

C’est vrai que le Bon Dieu, ça fait du bien, on le sentait, surtout quand les gens ont récité le Notre Père, tous ensemble, ça résonnait, ça leur faisait du bien. Monseigneur a réussi à mettre un peu de bonheur dans la vie de ces vieilles personnes qui n’ont pas d’autre choix que de faire attention et de rester sur pause.