Les boutons piétonniers à la traverse piétonnière sur le boulevard Barrette à Chicoutimi sont inatteignables et une fois rendus de l’autre côté de la rue pour atteindre la piste cyclable utilisée par les motoneiges, les piétons doivent escalader un mur de neige. Ce sont des conditions qu’une population vieillissante ne pourra plus accepter.

Au royaume de l’automobile

CHRONIQUE / Ma chronique de mardi sur les difficultés de circuler à pied dans le secteur du boulevard Saint-Paul à Chicoutimi a suscité plusieurs réactions. La sécurité des piétons s’impose comme un des grands défis à relever pour la nouvelle mairesse de Saguenay, Josée Néron. Les derniers jours ont été particulièrement pénibles et là c’est Dame nature qui a joué les trouble-fêtes.

Même si de grands efforts sont faits pour faciliter la circulation automobile, malgré d’importantes chutes de neige, on constate que les infrastructures pour piétons passent en dernier et qu’il est très difficile de circuler à Saguenay.

Piste cyclable pour motoneige

Pierre Jacques de la rue du Portage (parallèle au boulevard Barrette) dans le secteur du boulevard Saint-Paul à Chicoutimi, signale que «la piste cyclable du boulevard Barrette est entretenue uniquement pour les motoneiges et que les piétons y circulent péniblement si la dameuse du club de motoneigistes n’a pas corrigé la surface. D’ailleurs, les piétons ne peuvent avoir accès au bouton de déclenchement du feu de circulation afin de pouvoir traverser le boulevard Barrette à partir de la rue des Cent-Associés. Une fois rendu de l’autre bord de la rue on doit escalader un mur de neige pour pouvoir avoir accès à la piste de motoneige et tenter d’y marcher. À l’intersection du Maxi et de Corneau Cantin, il n’y a pas de lumière pour les piétons. La situation est également très difficile pour les usagers du transport en commun», témoigne le lecteur.

Il nous a fait parvenir des photos pour illustrer son propos et j’ai constaté ces difficultés qui causent des embûches quotidiennes aux piétons de Saguenay.

Simon Coutu confirme en effet que le boulevard Saint-Paul est un cas extrême. «Plusieurs autres artères manquent d’amour, dont la rue Sydenham. Elle est très fréquentée par la clientèle étudiante des alentours et les voitures circulent rapidement. Les trottoirs sont vétustes et difficiles à déneiger. J’ai toutefois remarqué une amélioration sensible au centre-ville depuis quelques hivers», écrit-il.

Malheureusement les citoyens de Saguenay n’ont pas la culture de respecter les piétons, c’est le royaume de l’automobile. J’entends des témoignages à longueur de journée sur les infrastructures mal organisées et sur le comportement agressif des conducteurs automobiles vis-à-vis des piétons. L’hiver c’est dix fois pire, les piétons doivent passer leur temps à enjamber les andins de neige laissés par les opérations de déneigement.

Il me semble qu’on devrait faire un effort particulier dans les secteurs névralgiques situés près des écoles, des cégeps et de l’université. On devrait mettre deux fois plus d’effort autour des hôpitaux et des centres d’hébergement pour personnes âgées, ça devrait toujours être sur la coche dans ces environnements, quitte à tripler les ressources nécessaires. Il suffit d’aller visiter un patient à l’hôpital pour se rendre compte des embûches qui se trouvent sur la route des piétons.

Le pire est à venir

La mairesse Josée Néron a proposé des mesures pour améliorer la sécurité des piétons lors de la dernière campagne électorale. La nouvelle mairesse a intérêt à mettre en place un comité sur le sujet, car la population de Saguenay se fait de plus en plus vieillissante. De nombreux travailleurs prendront le chemin de la retraite au cours des prochaines années et la marche, comme nous pouvons déjà le constater dans les rues des quartiers, s’imposera comme l’activité physique la plus pratiquée dans le contexte des saines habitudes de vie.

Une étude mise en ligne par la Société de l’Assurance automobile du Québec (SAAQ) décrit en détail les capacités et les processus qui se détériorent avec l’âge et qui ont des impacts sur la sécurité routière. Les personnes âgées ont des difficultés diverses de fonctions visuelles, ils ont des pertes auditives, une diminution de la mobilité physique, un ralentissement de la cadence de marche, des pertes de l’équilibre; et une perte de capacité de réagir aux glissades et aux faux pas.

Une autre étude met en relief les principaux problèmes à l’origine des collisions impliquant des piétons âgés comme la mauvaise évaluation de la distance des véhicules qui approchent. L’inattention peut les porter à suivre distraitement d’autres piétons (probablement plus alertes) et traverser à une intersection alors que la lumière a changé et sont portés à surveiller plus attentivement le feu de signalisation que la circulation.

Les automobilistes devront s’adapter, le temps est venu d’installer des feux pour piétons aux différents feux de circulation sur le boulevard Talbot à Chicoutimi ce qui ralentira considérablement le flux de circulation automobile.