Il suffit de parcourir le curriculum vitae d’Arthur Gobeil pour constater qu’il a été reconnu en tant qu’acteur essentiel du développement économique régional dans plusieurs sphères d’activités.

Arthur Gobeil, l’anti-politicien gestionnaire de budget

Notre chroniqueur Roger Blackburn s’est invité dans la course à la mairie de Saguenay en vue des élections municipales du 5 novembre. Il a passé une journée avec chacun des candidats pour vivre le quotidien d’une campagne électorale. Il a côtoyé Jean-Pierre Blackburn, le bon père de famille doté d’une grande sensibilité, Josée Néron, une femme organisée et structurée, Dominic Gagnon, un verbomoteur inspiré par les saines habitudes de vie, et Arthur Gobeil, l’anti-politicien à l’écoute du milieu. Aujourd’hui, Arthur Gobeil.

La journée commence tôt avec le candidat indépendant Arthur Gobeil. Il m’attendait à 7 h 50 sur le stationnement du Musée du Fjord à La Baie. Avec sa voiture identifiée à son image de candidat, on ne pouvait pas le manquer. La direction du musée voulait connaître son opinion face à différents projets. Il était en pays de connaissance, il a vérifié les états financiers du musée pendant plusieurs années.

« Très tôt dans ma carrière, j’ai décidé de m’investir dans le bénévolat économique. Toutes les causes sont bonnes, mais le développement économique s’est imposé rapidement », dit-il. Il suffit d’ailleurs de parcourir son curriculum vitae pour constater qu’il a été reconnu en tant qu’acteur essentiel du développement économique régional dans plusieurs sphères d’activités.

Il a pris la peine de féliciter les gestionnaires du musée de travailler en collaboration avec d’autres organismes du milieu, de faire des maillages. « On n’a pas le droit comme élu de rejeter un projet du revers de la main quand le milieu se prend en main. Soit on a les moyens d’avoir un projet ou pas, mais si on a les moyens, il faut y aller et offrir notre support pour ne pas perdre les acquis », explique-t-il, précisant que c’est son approche dans la plupart des dossiers.

Il a relevé l’importance d’avoir des dossiers actifs pour les organismes tout comme à la ville. « Il ne faut pas attendre après les programmes gouvernementaux pour élaborer des projets. Il faut être prêt quand un nouveau programme est mis de l’avant par les gouvernements. Si nous avons des dossiers bien préparés avec une vision à long terme sur cinq ou dix ans, on peut se qualifier avant que les enveloppes budgétaires soient dépensées », élabore le comptable, qui se qualifie de visionnaire.

De l’industriel au communautaire

En sortant du Musée du Fjord, Arthur Gobeil avait rendez-vous chez l’entreprise JMY inc. à La Baie, pour serrer les mains des employés de cette usine de fabrication et réparation de pièces, de soudure et d’usinage. « Le propriétaire de cette entreprise qui compte 170 employés est mon cousin. Ce sont des gens vaillants qui ont travaillé fort pour bâtir cette compagnie », fait valoir l’associé-conseil de la firme Raymond Chabot Grant Thornton.

« Raconte au journaliste comment vous avez bâti cette entreprise », dit-il au propriétaire Jean-Marc Maltais. « Moi et mon associé Yves Bouchard, on a commencé il y a 23 ans avec deux pick-up, deux soudeuses et un petit local pas plus grand que ça », dit-il, souriant en me montrant un espace d’environ 20 X 20 dans la salle de « break » des employés. C’est le genre d’histoire qui plaît au comptable qui connaît bien le milieu industriel.

Au sortir de l’entreprise, Arthur Gobeil se dirige à la Bambinerie du Fjord pour rencontrer les dirigeants qui cherchent à se relocaliser depuis l’incendie de leurs locaux dans le Pavillon Saint-Marc, à La Baie.

« Comme maire, nous n’avons pas toutes les solutions, mais il faut écouter les gens du milieu. Il y a des locaux de disponibles à Saguenay, mais il faut obliger les gens à se parler, que ce soit les commissions scolaires, le CIUSSS ou les églises. Comme maire, je peux être rassembleur et m’organiser pour que les solutions viennent du milieu. On ne peut pas toujours imposer des décisions qui viennent d’en haut, le milieu connaît ses besoins et il faut les écouter », répète le gestionnaire.

L’anti-politicien

Arthur Gobeil a tenu une conférence de presse, en fin d’avant-midi, alors qu’un groupe d’individus de tous les milieux de Saguenay (professeurs, avocats, étudiants, entrepreneurs) sont venus lui offrir leur appui pour mettre en relief que la ville a plus besoin d’un gestionnaire que d’un politicien. Le candidat à la mairie a été emporté par l’émotion devant cet appui et ce n’était pas de la frime, sa conjointe me l’a confirmé. « Il reçoit une carte de fête et il pleure avant de l’ouvrir », dit-elle, pendant que son fils essuyait ses yeux humides.

« J’ai décidé de me présenter à la mairie parce que j’étais tanné de voir tout le cynisme qui entoure les élus et la perception que les gens ont des politiciens. Je suis peut-être naïf, mais je voulais donner une opinion différente des gens qui font le choix d’aller en politique », dit-il.

Le candidat indépendant répète à qui veut l’entendre qu’il n’est pas un politicien, qu’il n’est pas le meilleur dans les débats, qu’il ne fait pas de promesses spectaculaires. « Je ne suis pas motivé par les guerres de parti, je trouve que c’est plus sage de connaître son budget avant de le dépenser. Je suis un gestionnaire, pas un politicien », confesse-t-il, sachant très bien que ce n’est pas très populaire sur le plan de l’image.