Le capitaine Laurent Dussault, pilote de CF-18, explique aux élèves de l’école Saint-Coeur-de-Marie, de Chicoutimi, la mission que le NORAD lui a confiée. Il agira comme escorte avec son avion pour accompagner le père Noël dans le ciel du Canada. Un récit que les enfants ont adoré.

«Alors c’est vrai, il existe!»

CHRONIQUE / Vous ne trouverez pas un interlocuteur plus convaincant et plus crédible qu’un pilote de CF-18 de la 3e Escadre de Bagotville pour raconter aux enfants comment le père Noël distribue ses cadeaux et dissiper tout doute sur son existence.

Le capitaine Laurent Dussault fait le tour des écoles primaires, depuis quelques jours, pour expliquer aux élèves de la maternelle et de la première année qu’on lui a confié l’importante mission d’escorter le traîneau du père Noël dans le ciel du pays, dans la nuit du 25 décembre. J’ai assisté à la rencontre dans une classe de l’école Saint-Coeur-de Marie de Chicoutimi.

Les tout-petits sont assis en demi-cercle sur le plancher de la classe et ne quittent pas des yeux le monsieur qui pilote les avions qui font beaucoup de bruit. « Il y a très longtemps, sur nos radars — des appareils qui voient tout ce qui se passe dans le ciel — des militaires ont remarqué un point rouge, en provenance du pôle Nord, qui se déplaçait très rapidement. Alors, tout de suite et à toute vitesse, deux pilotes sont embarqués dans leur CF-18 pour aller voir ce qui se passait. Les CF-18 sont les avions les plus rapides au Canada », raconte le militaire avec des intonations dans la voix.

Le voir en vrai

Il fallait être là pour voir les enfants avec des yeux grands comme des billes, le regard curieux, captivés par le récit. Le pilote qui porte son habit de vol continue : « Les militaires ont poussé leur avion très rapidement dans le ciel en direction du point rouge lumineux. En arrivant tout près, ils ont remarqué qu’il y avait un renne derrière le point lumineux. Là, ils ont vu huit autres rennes derrière celui au nez rouge et un gros traîneau attaché derrière avec un gros sac rouge et un gros monsieur avec une grosse barbe et un gros bedon », détaille le pilote alors que les enfants se mettent à crier en chœur de leur petite voix : « Le père Noël, le père Noël ».

« Alors il existe », a crié le plus heureux d’entre eux. « Bien sûr qu’il existe, je l’ai vu l’an passé, c’est moi qui l’ai accompagné tout au long de la distribution des cadeaux », lance le capitaine Dussault, le plus sérieusement du monde. Les sceptiques étaient confondus. Un pilote d’avion militaire ne pouvait pas mentir sur un sujet aussi sérieux. Une présentation vidéo de l’autre pilote d’escorte, le capitaine Sébastien Tremblay-Verreault, qui est en mission au pôle Nord, vient confirmer l’histoire alors que des photos témoignent de la présence du traîneau dans le ciel.

« De voir le père Noël dans son traîneau a été un des moments le plus importants de ma carrière. On se fait des idées dans notre tête, mais le voir pour de vrai, c’est un moment magnifique », témoigne le pilote Tremblay-Verreault sur l’écran de projection.

Plein de questions

Les enfants capotaient et le pilote Laurent Dussault en rajoute une couche : « On vole à ses côtés, du pôle Nord jusqu’à Winnipeg où les pilotes de Cold Lake prennent la relève. On surveille pour qu’il n’échappe pas de cadeaux et qu’il n’oublie pas de maisons pendant son voyage », exagère à peine le capitaine Dussault, qui se fait mitrailler de question par les enfants.

« Savez-vous où sont nos maisons ? Savez-vous nos noms de famille ? Si on se lève pour aller faire pipi et qu’on le voit, qu’est-ce qui arrive ? », demandent les enfants avec les mains en l’air pour prendre la parole. C’est la consigne pour que la rencontre se fasse dans l’ordre.

« Le père Noël le sait si vous trichez et que vous faites semblant de dormir. Si vous vous levez pour aller faire pipi, il va se faire disparaître avec les poussières d’étoiles qui viennent du ciel. Quand vous entendrez les avions voler dans le ciel le soir du 24 décembre, ça veut dire que c’est l’heure de vous coucher », suggère celui qui pourrait recycler sa carrière en raconteur.

Pendant que le pilote de Bagotville enfile sa combinaison avec ses pantalons gonflants, ses huit attaches de ceinture de sécurité et son super casque branché sur l’ordinateur de l’avion, plusieurs élèves, malgré leur jeune âge, lui témoignent qu’ils ont déjà vu des CF-18 dans le ciel ou à la Base.

À la fin de son exposé, le capitaine Dussault confie aux enfants que le père Noël est venu à la base, il y a trois semaines, pour choisir les deux pilotes qui l’accompagneraient dans son voyage. « Le père Noël a choisi les pilotes qui avaient bien fait leur devoir, qui avaient bien dormi et qui avaient suivi les consignes. Quand on travaille bien, nous sommes toujours récompensés », a laissé tomber le pilote en guise de conseil.

Une erreur de numéro

Pour commémorer la 63e saison du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) sur la piste du père Noël, la Région canadienne du NORAD (RC NORAD) a nommé les capitaines Sébastien Tremblay-Verreault, de Chicoutimi, et Laurent Dussault, de Longueil, comme étant les deux pilotes de CF-18 Hornet de la 3e Escadre Bagotville, qui escorteront le père Noël dans le ciel de la région, le 24 décembre dans sa tournée en Amérique du Nord.

Cette tournée dans les écoles primaires a comme objectif de faire connaître les pilotes de la 3e Escadre Bagotville et de démystifier le rôle des militaires qui sont encore trop souvent associés à la violence de la guerre. « Les soldats sont là pour nous protéger et non pour faire la guerre », a indiqué l’attachée du cabinet du commandant de la Base militaire de Bagotville, Nadine Belley-Traoré.

Certaines écoles interdisent encore les pantalons camouflage en associant ce vêtement à la violence. Il y a encore beaucoup de chemin à faire dans l’opinion publique pour dissocier militaire et violence de la guerre. L’histoire d’escorter le père Noël est un bon prétexte pour s’adresser aux enfants.

Pour la petite histoire, rappelons que l’escorte du père Noël a commencé il y a 60 ans alors qu’un journal de la ville américaine de Colorado Spring a invité les enfants à téléphoner au père Noël, mais le numéro publié par erreur était celui du NORAD. Les officiers en poste ont fini par jouer le jeu et de lancer l’opération « Sur la piste du père Noël ».