Alex Gravel est retournée au Texas pour assister à la cérémonie d’intronisation au temple de la renommée de l’université.

Alex Gravel au temple de la renommée

CHRONIQUE / Alex Gravel, une joueuse de basketball originaire de Chicoutimi, a été intronisée en février dernier au Temple de la renommée d’athlétisme de l’Université du Texas Rio Grande Valley (UTRGV). Celle qui a fait ses classes dans les équipes de minibasket à Chicoutimi a marqué son sport avec l’équipe des Broncs dans la ligue féminine de basketball universitaire aux États-Unis de 1999 à 2003. Elle a établi des records qui sont encore imbattus aujourd’hui.

C’est un parcours exceptionnel qu’a réalisé cette femme qui est aujourd’hui professeur d’anglais au secondaire à l’École Leblanc de Laval. « Je suivais ma grande soeur, Marie-Josée quand elle jouait au minibasket, quand j’avais cinq ans. Je n’ai jamais arrêté de jouer depuis ce temps. Je performais bien et je me distinguais chaque année », raconte Alexandra Gravel (elle a fait carrière sous le nom d’Alex) lors d’une entrevue téléphonique à partir de sa résidence à Laval.

Joueuse d’exception

« J’ai quitté Chicoutimi après mon secondaire III, mes parents ont déménagé à Laval pour des raisons professionnelles. J’ai continué à jouer au basket pour les Cheetahs Lady Basketball du Collège Vanier à Montréal de 1996 à 1998 pendant mes années de cégep », raconte l’athlète d’élite. 

Elle a terminé sa carrière dans la Ligue collégiale AAA avec des statistiques impressionnantes, dont une moyenne de 14,5 points et de 7,8 rebonds par match, en plus d’avoir réalisé 37,4 % de ses tirs derrière l’arc. Elle a été nommée joueuse la plus utile à son équipe au match des étoiles du Québec. Elle a également été membre de l’équipe provinciale du Québec qui a terminé quatrième aux Jeux du Canada pendant trois étés consécutifs.

Rêve d’une carrière universitaire

« Pour moi c’était un rêve de jouer pour une université américaine. Je me suis inscrite au Collège Vanier pour apprendre à parler anglais, car pour être admis dans une université américaine, il faut réussir un test d’anglais et un test de mathématiques lui aussi en anglais », explique celle qui voulait faire partie de l’élite du basketball universitaire américain.

« Je n’ai pas été recrutée après mes études collégiales, mais j’ai persévéré, même si peu de joueuses canadiennes étaient recrutées pour jouer aux États-Unis. Mes parents avaient des images de mes matchs sur des cassettes vidéo. J’ai réalisé le montage d’une vidéo de mes meilleurs moments et j’ai fait une vingtaine de copies que j’ai expédiées par la poste, au hasard, parmi les 300 clubs d’universités américaines. Il n’y avait pas d’Internet à cette époque et c’était la seule façon de me faire connaître », raconte Alex Gravel qui était déterminée à réussir.

Recrutée par le Texas

« Le hasard a voulu que l’entraîneur de l’Université du Texas, Rod Lee, était un gars d’Ottawa et il connaissait le calibre de basket qu’on jouait au Collégial AAA. Il m’a recruté et j’ai réussi à faire l’équipe. Ça représente une bourse de 25 000 $ par année quand nous sommes choisies par une université. J’ai pu faire mes études universitaires gratuitement pendant cinq ans. Ils ont quand même investi 125 000 $ pour que je fasse partie de l’équipe », fait valoir celle qui a été l’une des premières athlètes du Québec à obtenir une bourse d’athlétisme dans une université américaine. 

« Ce fut un privilège de vivre ces années universitaires comme joueuses de basketball. C’est une grande chance lorsque vous obtenez une bourse d’études et que vous participez à cette expérience sportive », dit celle qui complété un baccalauréat en communication. « Ce sport m’a permis de voyager dans plusieurs villes américaines et de vivre des expériences extraordinaires », dit la meilleure marqueuse féminine de tous les temps en basketball de l’UTRGV pendant près de 10 ans.

Des records qui tiennent encore 

« Je n’étais pas retournée au Texas depuis la fin de mes études en 2003. Les gens qui verront ma photo sur un mur de l’université devront prendre leur téléphone et vérifier sur Google Maps pour savoir où se trouvent Chicoutimi et le Québec », dit-elle en riant, tout de même fière d’avoir fait rayonner le nom de Chicoutimi au Texas. « J’étais fière de constater que certains de mes records tenaient encore. J’ai travaillé très fort pendant ces cinq années, loin de ma famille et la barrière du langage en début de carrière », dit la femme de 39 ans.

Alex Gravel a oeuvré deux ans comme entraîneuse adjointe à l’Université de Norwich, au Vermont, avant de revenir au Québec. Elle travaillé comme animatrice de radio jusqu’en 2016 avant d’être professeur dans une école secondaire. « Je partage maintenant ma passion pour le basketball en m’impliquant comme entraîneuse de l’équipe féminine de la catégorie benjamin. Ici au Québec, on ne paye pas pour de bons entraîneurs, c’est dommage, car nous avons des athlètes exceptionnelles qui ne peuvent pas se développer », commente la mère de deux enfants.

Pour les amateurs de statistiques

Alex Gravel a été membre de l’équipe provinciale du Québec qui a terminé quatrième aux Jeux du Canada pendant trois étés consécutifs. Avec les Broncs de l’Université du Texas, elle a remporté les honneurs de la première équipe d’étoiles de la ligue en 2002-2003 et a remporté le titre pour la deuxième équipe en 2000-2001 et 1999-2000. Elle a remporté le titre d’athlète féminine de l’année à l’université tous sports confondus en 1999-2000. Elle détient des records pour les lancers de trois points en carrière (258), le pourcentage de tir à trois points (.366) et le pourcentage de lancers francs (.827) et elle est également la meilleure marqueuse de l’histoire du basketball féminin de l’UTPA avec 1227 points.