Le président du MAGE-UQAC, Keven Desjardins, a annoncé que le regroupement ne vendrait plus de bouteilles d’eau à usage unique. Les étudiants sont encouragés à utiliser les stations de remplissage.

Abolir les bouteilles d’eau en plastique

CHRONIQUE / La nouvelle est tombée dans la boîte courriel mercredi : le Mouvement des associations étudiantes de l’Université du Québec à Chicoutimi (MAGE-UQAC) nous annonçait qu’il ne vendrait plus de bouteilles d’eau à usage unique à la cantine, à la cafétéria, au traiteur, au Baruqac et dans les machines distributrices lui appartenant.

Bon, le mouvement s’amorce enfin chez nous, alors que de plus en plus d’organisations prennent la décision de se débarrasser des bouteilles de plastique. Depuis l’an dernier, le mouvement a entraîné des campus, des cégeps, des entreprises, comme Produits forestiers Résolu, des arrondissements municipaux, comme Verdun, et différents organismes, comme Contact-Nature à La Baie.

Perte de profit

C’est un sacrifice financier de prendre la décision de ne plus vendre de bouteilles d’eau. « Chaque année, nous vendions environ 14 000 bouteilles d’eau en plastique, ce qui représente des profits de 22 000 $ », a fait savoir le président du MAGE-UQAC, Keven Desjardins, que j’ai contacté par téléphone.

« Depuis le début de la session, nous avons mis à la disposition de la communauté universitaire une fontaine pour remplir les bouteilles réutilisables, ce qui nous a permis d’éviter l’utilisation de 2400 bouteilles », a ajouté Keven Desjardins, précisant qu’il lui reste seulement huit caisses de bouteilles à écouler.

En décembre, une pharmacie de Drummondville a constaté qu’il se vendait 14 0000 bouteilles d’eau par année dans son établissement. L’établissement offre maintenant le remplissage gratuit des contenants d’eau à ses clients, mais continue de vendre des bouteilles de plastique en raison d’une entente avec la chaîne. Les pharmaciens devraient d’ailleurs emboîter le pas et se débarrasser des bouteilles d’eau en plastique, comme ils se sont débarrassés des cigarettes à une certaine époque.

Il est nécessaire que de plus en plus de commerçants se joignent à ce mouvement d’élimination des bouteilles de plastique de leur environnement. C’est beau les gestes citoyens individuels, mais ça ne vaudra jamais des gestes posés à la source du problème. Quand des commerçants prennent des décisions de ce genre, c’est à coup de 10 000 ou de 100 000 bouteilles que les impacts se font ressentir.

Plus de la moitié des universités au Québec ont éliminé les bouteilles d’eau à remplissage unique. Il faut que les cégeps suivent aussi le mouvement pour entraîner dans leur sillage des commerces et des organismes pour, ultimement, forcer les gouvernements à suivre la parade, d’abord dans leur lieu de travail, pour ensuite l’interdire sur le territoire du Québec. Ce ne serait pas une perte monétaire importante pour la province.

De l’eau fraîche SVP !

Il faudrait aussi obliger les établissements publics comme les hôtels ou les haltes routières à rendre accessible l’eau traitée par nos villes afin que les citoyens puissent remplir leur bouteille à usages multiples. Plusieurs lieux publics offrent seulement de l’eau tiède pour se laver les mains, mais aucun abreuvoir pour se désaltérer ou pour remplir nos bouteilles.

Il est plus que le temps que l’ère des bouteilles d’eau en plastique à remplissage unique disparaisse de nos vies, d’autant plus que l’eau de nos usines de traitement municipal n’a jamais été aussi bonne à boire.

Dans un argumentaire rédigé pour favoriser le retrait de l’eau embouteillée des campus, le réseau de l’Université du Québec (UQ) affirme « qu’au Québec, 92 % de l’eau embouteillée est vendue dans des contenants de plastique. En comparaison, 35,1 % de l’ensemble des boissons (eau, lait, jus, boissons gazeuses, etc.) est vendu dans des contenants de verre, et seulement 30,5 % dans des contenants de plastique».

Barils de pétrole

« En tout, ce sont 32 millions de barils de pétrole qui ont été raffinés de cette façon pour fournir l’industrie de l’eau embouteillée en 2007, et le transport de ces bouteilles d’eau a nécessité 54 millions de barils de pétrole supplémentaires », est-il ajouté. Rappelons, tout de même, qu’il se produit plus de 95 millions de barils de pétrole par jour dans le monde.

Pour ceux qui sont soucieux de leur empreinte environnementale, le document d’argumentaire indique qu’« en somme, pour un même volume en eau, il a été estimé qu’aux États-Unis, l’énergie nécessaire pour produire une bouteille d’eau est 2000 fois plus élevée que celle nécessaire pour acheminer l’eau du réseau public à la fontaine ».

J’ai diminué ma consommation de plastique depuis l’été dernier et n’achète plus de bouteilles d’eau en plastique à remplissage unique. Je demeure encore découragé de la quantité de plastique qui se retrouve dans le bac de récupération, même si on fait attention. J’ai hâte au jour où ces bouteilles ne seront qu’un mauvais souvenir.