Abolir la poignée de main

CHRONIQUE / La peur et l’anxiété se répandent aussi rapidement que le coronavirus partout dans le monde. Je croyais, à tort évidemment, qu’au Saguenay-Lac-Saint-Jean on serait loin de cette pandémie. Je sais que nous ne sommes pas à l’abri, j’écris ces lignes jeudi midi et les mauvaises nouvelles arrivent de partout avec l’annulation de nombreux événements sportifs et des rassemblements de plus de 250 personnes. Dans ce genre de situation, je pense toujours à mes grands-parents qui sont morts dans le même mois, de la grippe espagnole, en novembre 1918, alors qu’entre 50 et 100 millions de personnes sont mortes à cause de ce virus à travers le monde.

Avec les récentes mesures de précaution sur la planète, le niveau d’anxiété monte d’un cran, et la pandémie est sur toutes les lèvres dans tous les milieux, au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les gens anticipent le jour où des cas seront signalés dans une école.

« Je n’ai pas peur que mes enfants meurent du coronavirus, mais s’ils ferment les écoles, je n’enverrai pas les enfants se faire garder chez leurs grands-parents, car on doit protéger les personnes âgées. Je devrai m’absenter du travail et me confiner à la maison avec les enfants », expose une jeune mère que j’ai rencontrée cette semaine.

Ces derniers jours, je rencontre de plus en plus de gens qui nous offrent le coude en guise de contact de politesse ou qui lèvent la main pour nous saluer. Agir par précaution est un vieux réflexe qui prévaut toujours. Le ministère de la Santé et des Services sociaux et même nos premiers ministres nous invitent à changer nos habitudes et à mettre de côté les poignées de main. Même sans pandémie, c’est avec les mains qu’on transmet les virus de la grippe et bien d’autres cochonneries.

D’ailleurs, cette ancestrale poignée de main devrait être bannie de nos comportements, c’est un geste qu’on aurait dû bannir depuis longtemps. Les spécialistes de la santé soutiennent que 90 % des infections sont transmises par les mains. Une poignée de main anodine peut vous valoir une bonne diarrhée, voire un ulcère gastrique, disent-ils. Je pense que c’est le temps d’arrêter le serrage de main pour toutes ces raisons de santé publique, les mentalités évoluent, il faut se débarrasser de cette mauvaise habitude.

Nous avons réussi à apprendre aux gens à se tousser dans le coude avec les années. Au début de l’école primaire, je me rappelle, on nous apprenait à mettre notre main devant notre bouche quand on toussait. On ne nous parlait pas de ce qu’on pouvait contaminer avec nos mains après les toussotements, il n’y avait pas d’information à ce sujet.

Ce n’est que beaucoup plus tard qu’on a appris aux enfants à tousser et éternuer dans leur coude au CPE et à la garderie. Il aura fallu deux générations pour qu’on arrête de se tousser dans la main (ce n’est pas encore complètement éliminé d’ailleurs). Combien nous faudra-t-il d’années ou d’épidémies pour qu’on supprime la poignée de main ?

Déjà, on le fait naturellement quand on a la grippe. On s’excuse auprès des gens de ne pas leur serrer la main en leur disant qu’on ne veut pas leur donner notre grippe ou leur transmettre nos microbes. Il y a plein de choses qu’on faisait avant et qu’on ne fait plus aujourd’hui. Peut-être que la poignée de main fera partie des gestes qu’on posait avant le coronavirus et qu’on ne fera plus après. Il y a différentes façons d’exprimer une politesse devant les gens, d’autres cultures l’ont compris.

Je trouvais qu’on se sentait loin de ces pandémies à Saguenay, mais les dernières nouvelles, concernant les rassemblements, nous affectent autant que les autres villes. Chez Costco, cette semaine, des dames lavaient les poignées des paniers d’épicerie pour diminuer les risques de propagation du coronavirus. Partout dans le monde on annule les événements sportifs, les rassemblements. Vendredi, les États-Unis ont fermé leur frontière aux voyageurs européens. Les promoteurs d’événements dans la région et les lieux de rassemblements commencent à penser à un plan B face aux interdits de rassemblement.

La solution de A3 surfaces

Sur le site du ministère de la Santé et des Services sociaux, on nous informe que le coronavirus se propage le plus souvent par contact des mains avec des surfaces infectées puis avec la bouche, le nez ou les yeux. En général, les coronavirus ne survivent pas longtemps sur les objets ; trois heures environ sur les objets inertes avec des surfaces sèches et jusqu’à six jours sur des objets inertes avec des surfaces humides.

La solution pour diminuer la propagation des virus ou des bactéries par le contact des mains passe peut-être par la technologie des produits en aluminium anodisé antimicrobien présentement en élaboration ici même à Saguenay. Cette technologie permet d’intégrer des substances antimicrobiennes dans l’aluminium anodisé pour fabriquer des poignées de porte ou des poteaux métalliques dans les wagons de métros et d’autobus, entre autres.

Sur le site Internet de A3 Surfaces, on indique que des surfaces d’aluminium anodisé traitées avaient éliminé à 99 % deux types de bactéries pathogènes : Staphylocoque doré et E. coli en 10 minutes. J’ai parlé avec des gens de A3 Surfaces et ils sont en train de faire des tests sur le coronavirus. Peut-être que leur technologie permettrait de limiter la propagation en appliquant leur technologie à différents objets comme les poignées de paniers d’épicerie, les poignées de porte et les objets métalliques dans les transports en commun.

Le professeur et chercheur Louis-Charles Fortier, Ph.D. microbiologiste moléculaire et expert sur la biologie du C. difficile et des facteurs de virulence (toxines, sporulation, motilité), expert sur la biologie des bactériophages du département de microbiologie et d’infectiologie de l’Université de Sherbrooke, réalise présentement des recherches sur la technologie de A3 Surfaces.

« Nous travaillons sur la technologie de A3 Surfaces depuis plusieurs mois, mais nous n’avons pas encore testé son action antivirale sur le coronavirus. On pensait le faire dans les mois à venir, mais étant donné la situation nous allons accélérer nos recherches en ce sens », a fait part le spécialiste lors d’une brève entrevue téléphonique, « Nous sommes très occupés par les temps qui courent », a-t-il dit.

« Nous n’avons pas encore testé le produit, mais en théorie, si l’on se fie aux comparables qui ont été démontrés lors de nos recherches, l’aluminium anodisé pourrait en effet détruire le coronavirus ou tout virus avec une membrane lipidique. Nous allons faire des tests dans les prochaines semaines », a fait valoir le chercheur.