Le ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports, André Fortin, la ministre déléguée aux Transports, Véronyque Tremblay, et la présidente et chef de la direction de la Société de l’assurance automobile du Québec, Nathalie Tremblay, montrent des plaques personnalisées « selon les passions, les loisirs et la personnalité » des Québécois.

À chacun sa plaque

CHRONIQUE / « ENFIN », ont titré certains médias pour annoncer que la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) allait de l’avant avec le projet des plaques d’immatriculation personnalisées, qui seront offertes à compter du 27 juillet.

Il s’agit d’une initiative que de nombreux Québécois attendent depuis longtemps. Ça ne va rien changer dans nos vies, mais ça va mettre un peu de couleur sur nos routes. Je revois le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, alors qu’il était ministre des Transports en 2014, exhiber sa plaque « SYLVAIN », lors de la conférence de presse annonçant ce projet que le Parti « LIBERAL » a ensuite mis sur les tablettes.

« Je vais garder ma plaque ‘‘SYLVAIN’’ en souvenir, mais elle n’aura pas de force légale, a commenté celui qui avait lancé ce projet. C’est une mesure populaire qui peut s’autofinancer. Ça fait des années que les gens la réclament, et ça se fait partout aux États-Unis et dans la plupart des provinces canadiennes. La machine de la SAAQ trouvait ça compliqué à gérer à l’époque, mais s’ils le font ailleurs, on doit bien être capables de la faire au Québec », se rappelle Sylvain Gaudreault.

Pas n’importe quoi
Évidemment, ça va prendre un comité d’approbation pour chaque demande de plaque. La loi interdit sur les plaques personnalisées tout message, lisible de gauche à droite ou « en sens inverse », qui laisse faussement croire que le propriétaire du véhicule routier est une autorité publique ou qui y est lié (POMPIER, POLICE) ; qui exprime de l’insouciance à l’égard de la sécurité routière (AVEUGLE, IVRE) ; qui exprime une idée obscène ou scandaleuse (PUTE, SEXE, FUCKYOU) ; qui promeut la perpétration d’une infraction criminelle (VOLEUR, TUEUR) ; que la loi réserve à autrui ou dont elle lui interdit l’usage (COKE, PEPSI, APPLE) ; et qui n’est pas conforme aux dispositions de la Charte de la langue française.

Une passion, une plaque
J’avais 25 ans à l’époque, et ça m’avait bien impressionné de rencontrer des pêcheurs américains sur la rivière Sainte-Marguerite qui avait des plaques d’immatriculation associées à leur sport préféré. Sur leur voiture, on pouvait lire les plaques « SALMON » et « SALAR » (noms anglais et latin pour SAUMON).

J’imagine qu’au Québec, il y a des gens assez crinqués pour afficher leur passion sur leur plaque. Il y aura sûrement des demandeurs pour les plaques « HOCKEY », « TENNIS », « GOLF », « SKI », « PECHE », « VELO » et « PATIN ». Je suis certain que « BOND007 » et « AVENGER » vont trouver preneur.

J’imagine très bien un journaliste opter pour la plaque « JOURNAL », ou des animateurs de radio avec les plaques « KYK957 », « ROUGEFM » ou « ENERGIE ». Les plus nostalgiques pourraient avoir des plaques « CJMT », « CKRS », « CJPMTV », « CFIX » ou « CJAB ».

Pierre Lavoie pourrait avoir la plaque « GDPL », « BOUCLE », « DEFI » ou « IRONMAN ». Les plaques « GOSAGSGO », « GOSAGS », « MARQUIS », « BLEUET » et « CHICOUT » vont sûrement se retrouver à l’arrière de véhicules de la région. Les amateurs de pêche blanche vont sûrement se chicaner pour les plaques « SEBASTE », « MORUE », « FLETAN », « BARRAYE », « EPERLAN » ou « LEFJORD ».

Si j’étais un restaurateur (« GEORGES », « CUISINE », « LINTER », « JOACHIM »), une entreprise (« CEGERCO », « STASS », « CANMEC ») ou un artiste (« ART », « CINEMA », « DANSE », « THEATRE »), c’est certain que je m’achèterais une plaque personnalisée.

250 $ et des frais annuels de 34 $
La SAAQ a commandé un sondage à la firme SOM, en 2014, sur la perception des Québécois concernant les plaques personnalisées. Résultat : 14 % ont répondu qu’ils se procureraient certainement une plaque, et 25 % ont répondu « probablement ».

D’après ce sondage, ça veut dire un potentiel de 225 000 plaques personnalisées qui pourraient être vendues. Avec un coût initial de 250 $ et des frais annuels de 34 $, ça pourrait générer des revenus suffisants pour financer le projet.

J’ai fait un petit sondage dans mon entourage, et presque personne ne semble souhaiter débourser 250 $ pour une plaque personnalisée. J’y songe. J’ai une petite idée – et ce n’est pas « BLACK » – qui pourrait refléter une passion.

Je ne vous en parlerai pas dans cette chronique, comme c’est le principe du premier arrivé, premier servi. Je ne voudrais pas donner l’idée à d’autres.