Stéphane Gagné, propriétaire du casse-croûte La bonne patate à Chicoutimi-Nord, organisera un concours de mangeur de hot-dog pour célébrer le 50e anniversaire du restaurant, le samedi 7 juillet.

50 ans pour La bonne patate

CHRONIQUE / La dernière fois que je me suis assis sur un tabouret au comptoir du casse-croûte La bonne patate à Chicoutimi-Nord, il faisait nuit après une soirée festive. J’y suis retourné cette semaine, sur l’heure du midi, l’établissement fêtera ses 50 ans le 7 juillet.

« Les gens croient parfois que c’est facile de faire des hot-dog, des frites et des burgers, mais il faut que ça sorte, on est souvent dans le “rush” », exprime Stéphane Gagné, propriétaire du restaurant depuis 18 mois seulement.

Quand je suis entré dans le casse-croûte planté au pied de la côte Sainte-Geneviève, à la sortie du pont Dubuc, le propriétaire âgé de 35 ans était derrière le tiroir-caisse à prendre les commandes pour sortir et faire payer les clients. Dès qu’il a une chance, il donne un coup de main pour préparer les commandes ou nettoyer les tables.

J’ai commandé un trio #9. On m’a servi un hamburger parfait avec salade, supporté par une tranche de tomate qui couvrait la boulette de viande au complet et un hot-dog vapeur dans les règles de l’art avec le chou râpé qui tombe du pain moelleux à chaque bouchée. C’est vrai, comme les gens le prétendent, que les frites sont bonnes.

Recette secrète pour blanchir
« Je ne vous donnerai pas ma recette, mais nous avons une façon spéciale de les blanchir et on change l’huile une fois semaine pendant l’été pour que les patates soient dorées et croustillantes », assure-t-il lors d’un entretien sur une banquette du restaurant. Le restaurateur confie vendre environ 1000 hot-dog par semaine en moyenne, soit 750 l’hiver et plus de 1000 en période estivale, sans parler des 200 livres (90,7 kg) de patates frites par jour, les grosses fins de semaine de l’été.

« Tout le monde aime ça se faire plaisir avec une poutine ou un hot-dog. J’ai des amis qui s’entraînent activement pour améliorer leur condition physique et qui surveillent leur alimentation et ils ne se privent pas de venir ici. Ça fait du bien à l’âme. Ce n’est pas du gras qu’on met dans nos frites, c’est de l’amour », dit-il en riant.

Aux commandes du restaurant depuis un an et demi seulement, le jeune homme d’affaires se dit heureux de son acquisition. « Ma blonde commence à trouver que c’est beaucoup de travail, mais il faut s’investir pour faire rouler une entreprise, même si elle a 50 ans d’histoire. »

Le restaurant est ouvert jusqu’à 2 h du matin en semaine et vire 24 heures sur 24 les jeudis, vendredis et samedis. La sortie des bars fournit encore et toujours une clientèle nocturne alors que les fêtards et les lève-tôt se croisent à l’occasion dans le casse-croûte.

À l’autre bout du pont
Ça va faire 50 ans le 7 juillet que La bonne patate a pignon sur rue à l’autre bout du pont Dubuc. « J’ai vu dans les archives qu’il y avait une roulotte à patate sur une photo de 1963. Le fondateur, M. Donat Morissette, avait bâti le restaurant en 1967, mais une camionnette a foncé dans le restaurant et démoli la salle à manger. Je considère donc l’ouverture officielle en 1968 », raconte Stéphane Gagné, qui a reproduit la photo de l’accident sur la dernière page de son menu.

« J’aime bien travailler sur le plancher et discuter avec la clientèle. Chaque personne a son anecdote sur le restaurant. J’en entends régulièrement », commente le jeune homme. « Durant les longs congés d’été, quand les gens partis à l’extérieur de la région reviennent visiter leur famille, ils font un arrêt obligé ici pour replonger dans leurs souvenirs de jeunesse », ajoute-t-il.

Main-d’œuvre difficile à trouver
« Même si nous ne sommes pas situés dans un secteur très achalandé, il y a plusieurs restaurants en ville qui seraient jaloux de notre taux de fréquentation », avoue le restaurateur qui manque de disponibilité pour répondre à la demande pour des événements corporatifs avec sa cantine mobile. « Je vais faire le Festival des bières cet été, mais je dois refuser beaucoup d’offres. C’est de plus en plus difficile de trouver de la main-d’œuvre », fait valoir celui qui compte 14 employés.

Stéphane Gagné a travaillé cinq ans au Pavillon du hot-dog à Jonquière, au début de sa vie adulte. « Ç’a été une bonne école, c’est un casse-croûte qui roule beaucoup. J’ai passé un été à Whistler, en Colombie-Britannique, et j’avais posé ma candidature pour travailler dans un casse-croûte. Le propriétaire ne me croyait pas quand je lui disais que je comptais cinq ans d’expérience. Il m’a fait commencer mon travail en plein dans un “rush” et j’ai livré la marchandise », rapporte le bourreau de travail qui a été entrepreneur dans des équipements de sécurité pendant sept ans avant d’acheter son casse-croûte.

Concours de mangeur de hot-dog
Pour souligner le 50e anniversaire de l’enseigne, le jeune propriétaire installera sa cantine mobile à l’extérieur et vendra des hot-dog à 0,50 $. « Je veux aussi organiser un concours de mangeurs de hot-dog, un peu comme il s’en fait un à New York. Je vais remettre un prix et un trophée à celui qui mangera le plus de hot-dog en dix minutes », fait savoir Stéphane Gagné, qui espère faire de cette activité un événement annuel s’il y a un intérêt de la part de la population.

L’an dernier, dans le cadre du 100e anniversaire du concours de Nathan’s, dans le quartier de Coney Island à New York, l’Américain Joey Chestnut a battu son record en enfilant 70 hot-dog en 10 minutes. Si vous voulez tenter l’aventure, ça se passera le samedi 7 juillet au restaurant La bonne patate !