La formation de Cain Lamarre Casgrain Wells, de Richard Bergeron, a remporté le tournoi des Quasi-Légendes, l’an dernier, avec le capitaine Jonathan Bandford.

20 ans de Quasi-Légendes

CHRONIQUE / C’est l’histoire d’une bande de boys qui étaient tannés de jouer dans des tournois de hockey contre des équipes paquetées et qui n’avaient jamais la chance de gagner un tournoi. Ils ont décidé d’organiser un tournoi avec une liste de bons et de moins bons joueurs à repêcher, pour donner une chance égale à tout le monde de gagner le trophée. Ils s’appellent les Quasi-Légendes.

Ils étaient plus d’une soixantaine de joueurs à s’illustrer sur la glace du Centre Georges-Vézina, cette semaine, pour jouer du hockey à calibre égal. La grande finale est prévue pour samedi après-midi alors que le banquet de la victoire sera célébré en soirée. Durant la saison, ils évoluent dans des ligues de garages, mais au mois d’avril, ils se retrouvent pour vivre leurs séries éliminatoires, leur Coupe Stanley.

« On participait à des tournois où le calibre était de plus en plus relevé, et ça devenait de plus en plus dangereux pour les blessures. Les gars se formaient des équipes avec des joueurs de haut calibre pour remporter le tournoi, ce qui laissait peu de chance aux joueurs moins talentueux », raconte Jocelyn Fortin, l’instigateur du tournoi des Quasi-Légendes, dont le nom en dit déjà long sur l’état d’esprit de la compétition.

Une chance pour les moins talentueux

« On voulait donner la chance à des joueurs moins talentueux d’évoluer dans une équipe où ils auraient leur rôle à jouer en fonction de leur talent. On voulait permettre à des joueurs moins forts d’espérer lever un trophée à la fin d’un tournoi et de vivre la fébrilité d’une finale », explique Jocelyn Fortin, qui en est à sa 20e participation cette année.

« Chaque équipe doit repêcher des joueurs de calibre A, B et C. Chacune compte deux lignes d’avant et une brigade de quatre défenseurs. Chaque formation compte sur de bons et de moins bons joueurs, et chacun joue son tour sur la glace. Les équipes sont la propriété de commanditaires, et les joueurs portent les couleurs de la compagnie sur leur chandail, sauf que ce ne sont jamais les mêmes joueurs qui font partie de l’équipe d’année en année. Les propriétaires d’équipe, avec l’aide d’un capitaine, doivent participer à une séance de repêchage en vue du tournoi », détaille Jocelyn Fortin, qui dit avoir plusieurs anecdotes en mémoire.

« Après avoir élaboré cette idée avec quelques joueurs, nous avons affiché une liste pour recueillir le nom des personnes intéressées. Nous avons eu 48 joueurs en moins de 24 heures. Le tournoi a compté quatre équipes pendant huit ans, mais nous avons dû grimper à six équipes, car plusieurs joueurs voulaient faire partie de notre organisation. Aujourd’hui, nous avons une liste d’attente. C’est un comité qui décide du choix des nouveaux joueurs », fait savoir « Joe » Fortin, soulignant que la formule fait l’envie de bien des joueurs.

Finale des jambons

Si les gagnants remportent le trophée, il ne faut pas oublier la finale des Jambons, qui oppose les deux pires formations. L’équipe gagnante de la finale des Jambons aura comme privilège d’occuper le vestiaire des Saguenéens l’année suivante pour toute la durée du tournoi, sans avoir besoin de trimballer leur poche de hockey durant la semaine. Les perdants reçoivent un jambon en guise de trophée.

« Nous louons le Centre Georges-Vézina pour une semaine, et les joueurs profitent d’un service de buanderie pour laver leur chandail et leur serviette durant toute la semaine. Nous avons des trophées et une casquette pour les gagnants. Lors du match de la finale, on fait jouer l’hymne national. L’événement est couronné par la soirée de la remise des trophées. La première année, on avait emprunté le trophée d’un autre tournoi, et les gagnants ont fait le tour des bars de Chicoutimi avec leur trophée », se rappelle-t-il.

C’est une activité animée par une franche camaraderie. Environ 60 % des joueurs sont les mêmes qu’au début. Il y a des joueurs vedettes qui sont repêchés en premier. Les autres le sont en fonction du choix du capitaine et des propriétaires d’équipe, alors que les six gardiens sont à peu près du même calibre.

Respect des autres

« Aucune intimidation n’est tolérée, et les capitaines ont été choisis en raison de leur leadership et de leur capacité à influencer les comportements de leurs coéquipiers », dit-il.

Les Quasi-Légendes commencent à avoir un peu de cheveux gris ; il y a quelques old-timers. Il faut avoir plus de 35 ans pour être une Quasi-Légende. Les jeunes fougueux ne sont donc pas admis.

La formule dure depuis 20 ans et pour fêter ça, l’événement supervisé par Guy Julien s’est offert une captation vidéo pour les matchs de la fin de semaine. Ainsi, les marqueurs peuvent revoir leur but en retransmission sur l’écran géant du Centre Georges-Vézina.

Je me suis invité dans leur événement à titre de coach depuis trois ans. Ça me donne la chance de vivre un brin de leur plaisir, qui est animé par la camaraderie et le respect des autres.