Myriam Larouche, de L’Ascension, est heureuse d’être de retour dans la région, après avoir été prise dans le tourbillon de l’épidémie du coronavirus en Chine.

« Assez apocalyptique comme image »

CHRONIQUE / L’étudiante de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) Myriam Larouche, de L’Ascension, au Lac-Saint-Jean, est vraiment contente d’être de retour chez elle après avoir été prise dans le tourbillon de l’épidémie du coronavirus en Chine. Après 28 jours de quarantaine, dont 15 à la base militaire de Trenton, en Ontario, l’étudiante de 25 ans se dit soulagée.

De sa résidence étudiante, dans la ville de Wuhan, sur le campus du Central China Normal University, elle s’est retrouvée en plein cœur du foyer de propagation du coronavirus. Elle a été mise en confinement avec des centaines d’étudiants.

Des rues désertes

« Ça faisait cinq mois que j’étudiais à Wuhan pour une maîtrise en gestion du tourisme. En décembre, un de mes amis m’a fait parvenir un message qui me disait de faire attention, car il y avait un virus qui faisait rage, mais ça ne semblait pas plus grave que le virus de la grippe », raconte l’étudiante, que j’ai rencontrée au centre social de l’UQAC, mardi après-midi.

« Depuis le début du mois de janvier, on sentait que la situation était préoccupante, mais le 23 janvier, quand ils ont mis la ville de Wuhan en quarantaine, tout a changé. Du jour au lendemain, nous sommes passés d’une ville vivante avec des rues pleines de monde à une ville déserte. Les rares personnes qu’on voyait dans la rue portaient des habits de protection blancs avec des masques », raconte l’étudiante.

« À la première semaine de quarantaine, les autobus et les taxis étaient arrêtés ; les marchés, fermés. Seules les épiceries étaient ouvertes. Quand ils ont mis les résidences en quarantaine, nous n’avions plus de contact à l’extérieur, le personnel portait des habits de protection avec des élastiques aux poignets, des bottes, des masques et des visières. C’était assez apocalyptique comme image », avoue Myriam Larouche, qui sort grandie de cette expérience.

Bien encadrée par les universités

La Jeannoise vivait seule dans la résidence étudiante pendant son confinement. Sa coloc, une étudiante russe, était retournée chez elle pour les vacances de fin de session. « Je me sentais en sécurité. L’université nous a bien encadrés. Ils nous livraient trois repas par jour et nous recommandaient de faire de l’activité physique. Je courrais dans les corridors de la résidence et faisais des exercices au sol entre les quatre murs de ma chambre », raconte-t-elle, soulignant que l’UQAC a toujours été en contact avec elle.

« On faisait une liste des choses dont on avait besoin et des gens avec leurs équipements de protection allaient faire des courses dans la ville en quarantaine » a fait savoir l’étudiante.

Myriam Larouche passait le temps comme elle pouvait, la session étant terminée depuis le 18 janvier. Elle n’avait pas d’examen à étudier. « J’en ai profité pour étudier le mandarin. Ça m’a permis d’être à jour dans l’apprentissage de cette langue », dit-elle.

Pour elle, ç’a été un soulagement d’apprendre que le Canada allait la faire revenir au pays. « On s’informait auprès des médias internationaux. Google est bloqué en Chine. Alors, on prenait nos informations ailleurs. Ma mère m’écrivait tous les jours », raconte-t-elle.

Peur d’être infectée ?

L’étudiante de l’UQAC dit qu’elle n’a pas eu trop peur d’être infectée par le coronavirus, qu’on appelle maintenant le COVID-19. « Oui et non, avoue-t-elle. J’ai pris toutes les précautions nécessaires, je me lavais les mains régulièrement et je portais un masque pour éviter de porter mes mains à la bouche ou à mon nez. »

« Le coronavirus se propage au contact d’une personne infectée quand elle tousse ou éternue ou par le contact des mains quand on touche des surfaces infectées et qu’on porte nos mains à la bouche, au nez ou dans nos yeux », explique celle qui a pris toutes les précautions d’hygiène nécessaires.

« Quand les étudiants européens ont commencé à sortir du pays, j’ai communiqué avec Affaires mondiales Canada. Ils m’ont dit de rester à l’affût et qu’ils communiqueraient avec moi. Par la suite, tout s’est bien passé. L’université a veillé au transport à l’aéroport pour le retour au pays », fait savoir l’étudiante.

À la maison

« Même si on rentre au pays et que les 194 passagers applaudissent quand l’avion atterrit à Vancouver ou à Trenton, en Ontario, on n’est pas tout à fait chez nous tant qu’on n’est pas à la maison, chez nous, dans notre région », assure-t-elle.

Myriam Larouche considère cette expérience comme une occasion de mieux se connaître et de savoir comment on peut se comporter dans de telles situations. « Je me sens plus forte mentalement. Pour moi, ce n’est pas une mauvaise expérience. J’ai senti beaucoup de solidarité, surtout le soir à Wuhan, quand une vidéo a demandé aux gens de crier par les fenêtres de leur maison pour montrer qu’il y avait encore du monde dans cette ville en quarantaine », se souvient celle qui a fait des études collégiales en tourisme au Cégep de Saint-Félicien avant de se rendre en Chine.

Cette aventure aura permis à Myriam Larouche de trouver le thème de son mémoire de maîtrise : « L’impact du coronavirus sur le tourisme à Wuhan ».