Roger Blackburn

Taxe rose et travail invisible

CHRONIQUE / Quand ma défunte mère était présidente de l’AFEAS (Association féminine d’éducation et d’action sociale) Saint-Joachim, elle participait aux congrès régionaux et elle revenait à la maison avec une pile de documents. Du haut de mes 12 ans, je l’écoutais m’expliquer les différentes résolutions qu’elles avaient débattues entre femmes lors de ces rencontres.

Je me souviens, entre autres, que le sujet de l’heure était de reconnaître le travail de la femme accompagnatrice sur la ferme. Elles voulaient que le travail de la femme à la maison soit reconnu autant que le travail de l’homme au champ et qu’on lui accorde la moitié de la valeur de la ferme, tout en accomplissant des tâches familiales. Leurs revendications ont trouvé écho auprès des gouvernements, et leur travail a été reconnu. Elles sont passées de femmes d’agriculteur à femmes accompagnatrices.

Je savais déjà tout jeune que les métiers à tisser et les ateliers d’artisanat étaient des services, voire un prétexte, pour attirer les femmes au local de l’AFEAS, mais qu’après ça, elles se laisseraient tenter d’émettre leur opinion lors des rencontres mensuelles pour débattre de la vie au quotidien, de la famille et de l’actualité.

« On a fait du chemin, mais l’égalité homme-femme n’est pas encore une réalité. Ça ne fait pas longtemps, seulement depuis 1979, que nous avons gagné le droit d’utiliser notre nom de fille sur la liste électorale. Avant, nous portions le nom de notre mari », fait remarquer Collette Doré, présidente régionale de l’AFEAS, que j’ai rencontrée dans le confort de sa maison samedi dernier à Chicoutimi.

Aujourd’hui, cela va de soi que la femme porte son nom de fille, mais il ne faut pas oublier que les femmes ont dû se battre pour ça et que ce ne serait pas arrivé sans les efforts de militantes pour la cause féministe, tout comme le droit de vote aux femmes dans les années 40.

Depuis 52 ans, les femmes de l’AFEAS ont milité pour de nombreuses causes, dont les congés parentaux, les services de garde d’enfants, les régimes de retraite, les pensions alimentaires, le statut des conjoints de fait, la violence, l’intimidation et la conciliation travail-famille, des sujets qui sont encore d’actualité.

« Depuis toujours, ce sont les femmes, majoritairement, qui ont sacrifié leur vie professionnelle pour s’occuper de la famille et de l’intendance de la maison au quotidien. Depuis quelques années, nous revendiquons pour faire reconnaître le travail invisible », explique Colette Doré.

« En plus des femmes, qui ont fait le choix de rester à la maison, il y a maintenant toutes ces femmes qui sont devenues, souvent malgré elles, des aidantes naturelles et qui prennent soin de gens malades, des proches la plupart du temps. Les étrangers qui jouent le rôle d’aidant sont mieux traités que les proches. C’est ce genre de dossier que nous faisons progresser », explique celle qui est originaire de Chicoutimi, mais qui a passé 40 années de sa vie à Roberval.

Ma collègue Mélyssa Gagnon signait un texte dans Le Quotidien de lundi sur l’engouement que connaît l’organisme depuis quelques années, alors que l’AFEAS Saint-Dominique de Jonquière avait recruté 14 nouvelles membres l’an dernier. 

« De nombreuses femmes qui ont passé leur vie sur le marché du travail se tournent vers l’AFEAS dans leur projet de retraite. Maintenant, elles ont le temps de s’impliquer et profitent des rencontres pour sociabiliser et débattre des enjeux sociaux. »

L’intimidation, la violence et l’aide médicale à mourir font partie des dossiers qui sont aussi très d’actualité. « Notre organisation est toujours de son temps. L’hiver dernier, une jeune fille de 15 ans est venue nous rencontrer pour nous parler de prostitution juvénile », met en relief la présidente régionale.

« On compte 50 cercles locaux d’AFEAS dans la région, pour un total de 2046 membres, et notre organisation a toujours une oreille attentive de la part des gouvernements. La fiscalité fera partie des thèmes abordés cette année pour conscientiser les femmes sur les impacts des différentes mesures fiscales qui les concernent », dit-elle.

« La taxe rose a fait partie de nos discussions l’an dernier, et nous continuerons à militer pour sensibiliser les industries qui vendent des produits ou services plus chers quand ils s’adressent aux femmes », fait valoir la dame qui donne l’exemple des rasoirs en plastique ou des produits cosmétiques.

En terminant, Colette Doré se réjouit de l’arrivée en politique de femmes comme Valérie Plante à Montréal et Josée Néron à Saguenay, mais elle sait très bien que la lutte pour l’égalité devra toujours être à l’agenda.

Roger Blackburn

Le dernier combat d'un Rougeau

CHRONIQUE / Jacques Rougeau jr, de la célèbre famille de lutteurs, est en ville, cette semaine, pour donner quatre spectacles-conférences humoristiques au bar La petite grenouille de Chicoutimi. Il était de passage aux bureaux de la rédaction du Quotidien, mercredi. On a profité du moment pour jaser un peu ; un homme adorable, d’une grande générosité.

La lutte a marqué l’imaginaire de toute une génération au Québec et Jacques Rougeau est un des témoins privilégiés dans ce domaine tant au pays qu’à travers le monde. Dans ses conférences, il raconte des détails croustillants sur ce qui se passait dans les coulisses de ce sport avec des personnages comme Mad-Dog Vachon, Tarzan « La Bottine » Tyler, Abdullah the Butcher, Eddie Creatchman et Édouard Carpentier.

« Je raconte ma carrière et des anecdotes sur les gens que j’ai rencontrés durant toutes ces années à travers le monde. Je fais ça avec beaucoup d’humour, je présente des vidéos et des photos, les gens s’amusent beaucoup », dit-il.

Jacques Rougeau a passé l’entrevue à me retenir l’avant-bras avec sa main, chaque fois qu’il avait quelque chose à dire. Il nous parle en nous regardant dans les yeux, il adore les récits nostalgiques et ses yeux s’embrument quand il ressasse de vieilles émotions.

Entrevue des lutteurs

Il se rappelle notamment des entrevues des lutteurs : « Attend, comment il s’appelait l’animateur ? », s’interroge-t-il en serrant ma main entre les siennes tout en fouillant dans ses souvenirs... « Yves Jobin, je me souviens, Mad Dog Vachon lui avait fait peur en lançant des chaises », raconte l’étoile de la lutte professionnelle, faisant référence aux entrevues des lutteurs à la station de télévision locale CJPM-TV.

Il se souvient aussi de la nuit du 23 au 24 décembre 1985 alors que les lutteurs Pierre « Mad Dog » Lefebvre et Camille Tourville (Tarzan « La Bottine » Tyler), de même que l’arbitre Adrien Des Bois, ont trouvé la mort dans un accident de voiture après un gala de lutte au Centre Georges-Vézina dans la courbe du Camp Mercier dans le parc des Laurentides. « C’était terrible, nous avions continué la tournée avec la photo des lutteurs sur les affiches. Nous avions dû les remplacer. C’était un triste moment », dit-il.

« Je touche au nostalgique et les gens aiment ça. Ce que j’ai de plus précieux après toutes ces années, ce sont mes souvenirs », témoigne Jacques Rougeau qui souhaite aux gens de vivre pleinement pour le simple plaisir de s’en rappeler plus tard.

C’est un homme rieur, d’une grande douceur. Il appelle sa conjointe « mon amour » quand il lui adresse la parole et vous demande tout de suite s’il peut vous tutoyer pour créer immédiatement une belle intimité. Philosophe à ses heures, ses conférences traitent aussi de la nature humaine et des différents combats à mener. « Nous ne sommes jamais plus grands que l’entourage qui nous supporte », dit-il pour souligner l’importance de considérer les gens qui nous entourent.

Récompense pour les jeunes

En plus de ses conférences-spectacles, Jacques Rougeau s’est lancé dans une action bénévole pour contrer l’intimidation en organisant depuis 18 ans des rencontres dans les écoles du Québec pour sensibiliser les jeunes. « Je me rends dans une vingtaine d’écoles chaque année, bénévolement, pour expliquer aux jeunes comment on peut désarmer un intimidateur. On n’a pas besoin d’une force excessive pour contrer la violence et il ne faut jamais oublier que l’union fait la force », dit-il.

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, le lutteur a subi de l’intimidation au cours de sa carrière de lutteur et il a failli tout abandonner.

« Je me suis fait tabasser dans un vestiaire en 1989 par deux lutteurs, les British Bulldogs, dans le cadre d’un événement en Floride, parce qu’on avait des désaccords. Ils m’ont fessé à coups de pied alors que j’étais au sol et ils m’ont laissé baigner dans mon sang, continuant à m’intimider par la suite. Il y avait 11 lutteurs autour et personne ne m’a défendu », raconte Jacques Rougeau, prouvant qu’il y a toujours un plus gros et un plus fort que toi pour t’intimider.

« Je voulais tout abandonner par la suite. J’ai réussi à m’en sortir et c’est par la suite que ma carrière s’est enflammée, que j’ai gagné des championnats et que j’ai remporté une victoire contre Hulk Hogan. J’aurais pu rater ma carrière à cause de l’intimidation et c’est pour ça que je fais le tour des écoles pour sensibiliser les jeunes », confie l’homme au cœur tendre après 41 ans de carrière.

Dernier combat

Comme son père Jacques sr l’a fait avec ses fils (Jacques, Raymond et Armand), notre lutteur légendaire livrera un dernier combat avec ses trois fils dans l’arène, le 18 août au Stade Uniprix à Montréal. « Je monterai dans le ring avec Cédric, Émile et Jean-Jacques pour mettre fin à 75 ans de luttes pour la famille Rougeau. Ce sera mon dernier combat. »

Avec l’humour qui teinte ses conférences-spectacles, il me dit, en me serrant le bras : « Tu devrais voir mon fils Cédric : il mesure 6’7’’ et pèse 325 livres, c’est un vrai monstre, il ressemble à sa mère », dit-il en riant.

Pour ce dernier combat, Jacques Rougeau veut rassembler 5000 jeunes de 12 à 16 ans au Stade Uniprix (parc Jarry). « Présentement, 43 écoles de partout au Québec, dont l’école Sacré-Cœur de Jonquière, offriront la chance à 50 élèves d’assister à ce combat où la lutte contre l’intimidation sera à l’honneur. Un peu comme Pierre Lavoie offre des récompenses aux jeunes qui ont de saines habitudes de vie, je veux offrir une récompense à ceux qui ont de bons comportements à l’école », détaille le bienfaiteur qui sollicite des commanditaires pour chaque école afin de défrayer les coûts de transport, de nourriture et d’hébergement. 

« Peux-tu remercier l’avocat Charles Cantin pour les billets, IGA Saint-Hubert de Jonquière pour les repas et Hugo Gilbert d’Intercar pour le transport ? Ces gens ont accepté de m’appuyer », a-t-il demandé.

Il reste encore des billets pour la conférence du samedi 20 janvier à La petite grenouille, les soirées de jeudi et vendredi affichant complet.

Chroniques

Quand les marteaux cassent au froid

CHRONIQUE / Il faisait autour de moins 35 degrés Celsius, lundi matin, au moment d’aller au travail. C’est un peu emmerdant pour ceux qui travaillent au bureau et qui doivent se taper une voiture gelée et une banquette aussi froide qu’un bloc de glace avant de s’installer dans le confort de leur poste de travail, mais ça n’a rien à voir avec les travailleurs de la construction qui doivent jouer du marteau ou monter des échafauds à moins 30.

« À matin, ce n’était pas évident, il faisait moins 35, ce n’est pas invitant », commente Dave Pageau que j’ai rencontré sur l’heure du midi sur un site de construction de maison résidentielle à Chicoutimi. « C’est dur pour les pieds et les mains, mais le pire, c’est le nez. On est toujours en train de l’essuyer », commente l’employé des Entreprises R&G Gauthier qui retirait les formes de coulage de béton pour une galerie et des escaliers.

Ça ne vous tente pas de « caller » malade quand il fait froid comme ça, que je lui demande. « Si on ne travaille pas, on n’a pas de salaire », me répond-il au travers des glaçons de sa moustache et de sa barbe. Le travailleur concède qu’il a une pause à 9 h 30 et à midi pour se réchauffer, mais que les conditions sont plus difficiles après. « On a chaud en bougeant tout le temps et après la pause, la transpiration nous colle à la peau; c’est donc plus froid au moment de recommencer », dit-il sans vraiment se plaindre.

Les travailleurs portent des vêtements en conséquence de la température, c’est-à-dire que les caleçons et les pantalons doublés d’un isolant sont de mise pour éviter les engelures. Il confie toutefois qu’il s’agit souvent de travaux d’urgence, quand ils travaillent à l’extérieur. Dans son cas, le client voulait absolument que sa galerie de ciment soit complétée cette semaine. Ils ont donc installé des bâches avec des systèmes de chauffage pour pouvoir couler le béton. « Normalement, par grand froid, nos patrons s’arrangent pour nous trouver des contrats à l’intérieur des bâtiments », précise-t-il.

Même son de cloche pour les deux travailleurs des Constructions Béchard, Gabriel Truchon et Stéphane Arseneault. « Nous devons monter des échafauds à l’extérieur parce que des travailleurs vont souffler de l’isolant par les corniches demain, sinon nos patrons nous auraient fait travailler à l’intérieur de la maison », font savoir les jeunes ouvriers qui confirment que c’est le visage qui est le plus sensible au froid. « Pour le reste, nous avons de bonnes bottes et de bons gants et tant qu’on bouge il n’y a pas de problème », témoignent ces travailleurs qui œuvrent dans des conditions de froid extrême. À voir leur allure, on constate qu’ils ont compris les bienfaits de se vêtir de multicouches au lieu d’opter pour un seul manteau épais.

C’est également très difficile pour l’outillage, conviennent les constructeurs. « C’est dur pour les batteries d’outils. Il faut les recharger au chaud et, ce matin, il y a deux perceuses qui n’ont pas voulu fonctionner », font-ils remarquer, confiant toutefois que ça ne les empêche pas d’aimer leur métier. Ces gars-là ne se verraient pas dans un bureau, bien au chaud.

En démontant les formes de bois après la coulée de ciment, Dave Pageau a cassé deux marteaux. « Les marteaux avec les manches de plastique ne résistent pas, les clous cassent, la broche casse, ce ne sont pas des conditions faciles. Il ne faut pas qu’on arrête de bouger », témoigne celui qui travaille depuis sept ans pour les Entreprises R&G Gauthier.

Les travailleurs ont même dû renoncer à récupérer certains matériaux qui étaient pris dans la glace derrière la maison en construction. Le temps doux de vendredi avec les averses de pluie combiné à un refroidissement soudain en fin de semaine a fait que la glace a pris au piège certains équipements. « Nous allons revenir vendredi, il va faire moins froid si on se fie aux prédictions de la météo », dit-il.

Les travailleurs qui doivent agir à l’extérieur par des températures de moins 30 sont « faits forts » pour reprendre une expression consacrée. Les pompiers, les responsables de l’entretien du réseau électrique d’Hydro-Québec et les monteurs de lignes, les réparateurs de bris d’aqueduc, les travailleurs forestiers, les moniteurs de ski alpin et tous ceux qui passent leur journée dehors l’hiver, je vous lève mon chapeau. Bon hiver! 

Chroniques

Au royaume de l’automobile

CHRONIQUE / Ma chronique de mardi sur les difficultés de circuler à pied dans le secteur du boulevard Saint-Paul à Chicoutimi a suscité plusieurs réactions. La sécurité des piétons s’impose comme un des grands défis à relever pour la nouvelle mairesse de Saguenay, Josée Néron. Les derniers jours ont été particulièrement pénibles et là c’est Dame nature qui a joué les trouble-fêtes.

Même si de grands efforts sont faits pour faciliter la circulation automobile, malgré d’importantes chutes de neige, on constate que les infrastructures pour piétons passent en dernier et qu’il est très difficile de circuler à Saguenay.

Piste cyclable pour motoneige

Pierre Jacques de la rue du Portage (parallèle au boulevard Barrette) dans le secteur du boulevard Saint-Paul à Chicoutimi, signale que «la piste cyclable du boulevard Barrette est entretenue uniquement pour les motoneiges et que les piétons y circulent péniblement si la dameuse du club de motoneigistes n’a pas corrigé la surface. D’ailleurs, les piétons ne peuvent avoir accès au bouton de déclenchement du feu de circulation afin de pouvoir traverser le boulevard Barrette à partir de la rue des Cent-Associés. Une fois rendu de l’autre bord de la rue on doit escalader un mur de neige pour pouvoir avoir accès à la piste de motoneige et tenter d’y marcher. À l’intersection du Maxi et de Corneau Cantin, il n’y a pas de lumière pour les piétons. La situation est également très difficile pour les usagers du transport en commun», témoigne le lecteur.

Il nous a fait parvenir des photos pour illustrer son propos et j’ai constaté ces difficultés qui causent des embûches quotidiennes aux piétons de Saguenay.

Simon Coutu confirme en effet que le boulevard Saint-Paul est un cas extrême. «Plusieurs autres artères manquent d’amour, dont la rue Sydenham. Elle est très fréquentée par la clientèle étudiante des alentours et les voitures circulent rapidement. Les trottoirs sont vétustes et difficiles à déneiger. J’ai toutefois remarqué une amélioration sensible au centre-ville depuis quelques hivers», écrit-il.

Malheureusement les citoyens de Saguenay n’ont pas la culture de respecter les piétons, c’est le royaume de l’automobile. J’entends des témoignages à longueur de journée sur les infrastructures mal organisées et sur le comportement agressif des conducteurs automobiles vis-à-vis des piétons. L’hiver c’est dix fois pire, les piétons doivent passer leur temps à enjamber les andins de neige laissés par les opérations de déneigement.

Il me semble qu’on devrait faire un effort particulier dans les secteurs névralgiques situés près des écoles, des cégeps et de l’université. On devrait mettre deux fois plus d’effort autour des hôpitaux et des centres d’hébergement pour personnes âgées, ça devrait toujours être sur la coche dans ces environnements, quitte à tripler les ressources nécessaires. Il suffit d’aller visiter un patient à l’hôpital pour se rendre compte des embûches qui se trouvent sur la route des piétons.

Le pire est à venir

La mairesse Josée Néron a proposé des mesures pour améliorer la sécurité des piétons lors de la dernière campagne électorale. La nouvelle mairesse a intérêt à mettre en place un comité sur le sujet, car la population de Saguenay se fait de plus en plus vieillissante. De nombreux travailleurs prendront le chemin de la retraite au cours des prochaines années et la marche, comme nous pouvons déjà le constater dans les rues des quartiers, s’imposera comme l’activité physique la plus pratiquée dans le contexte des saines habitudes de vie.

Une étude mise en ligne par la Société de l’Assurance automobile du Québec (SAAQ) décrit en détail les capacités et les processus qui se détériorent avec l’âge et qui ont des impacts sur la sécurité routière. Les personnes âgées ont des difficultés diverses de fonctions visuelles, ils ont des pertes auditives, une diminution de la mobilité physique, un ralentissement de la cadence de marche, des pertes de l’équilibre; et une perte de capacité de réagir aux glissades et aux faux pas.

Une autre étude met en relief les principaux problèmes à l’origine des collisions impliquant des piétons âgés comme la mauvaise évaluation de la distance des véhicules qui approchent. L’inattention peut les porter à suivre distraitement d’autres piétons (probablement plus alertes) et traverser à une intersection alors que la lumière a changé et sont portés à surveiller plus attentivement le feu de signalisation que la circulation.

Les automobilistes devront s’adapter, le temps est venu d’installer des feux pour piétons aux différents feux de circulation sur le boulevard Talbot à Chicoutimi ce qui ralentira considérablement le flux de circulation automobile. 

Chroniques

Regarder ce qu’on a

CHRONIQUE/ C’est une phrase que j’ai souvent prononcée, dans toutes sortes de circonstances, dans des moments difficiles, au moment de faire le point ou lorsqu’on a besoin de prendre du recul face à certaines situations. « Il faut regarder ce qu’on a, pas ce qu’on n’a pas. » C’est simplement une façon de voir la vie du bon côté et d’apprécier la vie qu’on mène.

CHRONIQUE/ C’est une phrase que j’ai souvent prononcée, dans toutes sortes de circonstances, dans des moments difficiles, au moment de faire le point ou lorsqu’on a besoin de prendre du recul face à certaines situations. « Il faut regarder ce qu’on a, pas ce qu’on n’a pas. » C’est simplement une façon de voir la vie du bon côté et d’apprécier la vie qu’on mène.

Survivre à la survie

La dernière aventure de Frédéric Dion aura été de survivre 10 jours au Yukon, sans eau, sans nourriture et sans GPS. « C’est André-François Bourbeau qui a choisi l’endroit où j’ai été largué en hélicoptère. Il a choisi le pire endroit où on pouvait se perdre. André-François, c’est mon mentor. En fait, dit-il en riant, il s’est pratiqué dans le bois à l’époque pour que je puisse vivre mes aventures. »

Frédéric Dion se prête au jeu des comparaisons avec son dix jours de survie de l’été 2016 et le Surviethon du professeur de l’UQAC en 1984. « André-François est demeuré statique 31 jours au même endroit au coeur de la forêt boréale, alors que mon défi était de sortir du bois et de retrouver mon chemin vers la civilisation », explique l’aventurier.

Il fait valoir cependant que sur le plan psychologique, les deux expériences les ont confrontés aux mêmes démons, aux mêmes angoisses. « L’objectif qu’on veut atteindre semble toujours très loin et on doute. On se retrouve dans l’urgence d’agir et on a parfois des pensées nuisibles. C’est là qu’on met en pratique ‘‘l’antidoute’’ et qu’on ose agir dans le moment présent. ‘‘L’antidoute’’, c’est l’art de diviser des objectifs en étapes simples pour qu’ils deviennent facilement réalisables. C’est une façon efficace de nous ancrer dans le présent et d’empêcher le doute d’envahir nos pensées. Elle nous ramène à l’essentiel de la vie : ici et maintenant », résume Frédéric Dion.

J’imagine qu’à un moment donné, on se demande ce qu’on fait ici, en plein coeur d’une forêt, dans le seul espoir de survivre ? On doit avoir le goût de tout plaquer là ? « Plus maintenant, parce qu’on fait des choix qui nous rendent heureux. Pourquoi André-François Bourbeau a choisi de passer 31 jours dans le bois ou moi de me perdre au Yukon ? C’est parce que ça nous rend heureux, parce que ça nous procure du bonheur », explique l’aventurier qui a déjà traversé l’Antarctique en ski et couru 33 marathons en sept semaines.

Dans ses conférences, Frédéric Dion invite les gens à appliquer l’antidoute dans leur vie quotidienne

En divisant un projet en petites étapes, nous nous concentrons sur le moment présent et le vivons en pleine conscience. La motivation est la base de la majorité des projets, il faut ensuite passer à l’action pour finalement arriver à la réalisation. Ce sont trois étapes qui prennent racine dans la confiance et l’estime de soi », philosophe l’aventurier qui a remplacé André-François Bourbeau comme coach de survie pour l’émission Expédition extrême à Canal Z.

Le psychologique devient l’outil principal en situation de survie. « La pensée magique, ça n’existe pas, il faut se mettre en action, faire un pas de plus, oser l’aventure. Ma conjointe est psychologue clinicienne et nous avons travaillé ensemble pour l’écriture du livre Survivre avec l’antidoute », fait valoir celui qui a déjà prononcé plus de 2000 conférences à travers le monde.

Frédéric Dion sera à l’hôtel Le Montagnais le 17 janvier pour rencontrer les gens du Royaume, une région où il dit avoir des liens importants avec des gens d’ici, mais aussi avec l’immense territoire qu’il a parcouru à plusieurs reprises.

Chroniques

Saint-Paul interdit aux piétons

CHRONIQUE / J’ai utilisé à quelques reprises le boulevard Saint-Paul à Chicoutimi, ces derniers temps, et cette artère est vraiment mal foutue pour les travailleurs de ce secteur industriel qui voudraient se déplacer à pied sur l’heure du midi pour manger au restaurant ou pour utiliser les transports en commun.

Il est carrément impossible pour un piéton de penser marcher, ne serait-ce que quelques pieds sur cette artère. Des travailleurs tentaient de traverser récemment pour se rendre au Resto Roberto et ils marchaient en plein milieu du boulevard à travers les automobiles qui circulaient dans les deux sens, une vraie folie.

Pourtant, on compte des restaurants comme McDonald’s, Subway, Tim Hortons, Chez Annie et autres qui peuvent être invitants pour prendre un café ou un repas pour les travailleurs du parc industriel qui en compte quand même pas moins de 3600.

Mesures à venir

Je veux bien croire que c’est une artère commerciale et industrielle, mais il y a quand même des piétons qui se déplacent et ils doivent se débrouiller à travers les stationnements des différents commerces pour marcher de l’un à l’autre ; c’est dangereux.

Le conseiller municipal du secteur, Simon-Olivier Côté, se dit au parfum de la situation sur Saint-Paul, mais aussi à plusieurs endroits de la ville. « Pour le moment, nous allons améliorer l’accès à ce qui existe déjà. Avant, la piste cyclable du boulevard Barrette n’était pas déneigée ; maintenant nous l’entretenons pour faciliter la circulation aux piétons. »

Il n’y a pas de trottoir sur le boulevard Saint-Paul, c’est donc impossible de circuler. « La circulation piétonnière fait partie de nos préoccupations. Je ne sais pas si ça va se traduire un jour par un trottoir sur le boulevard Saint-Paul, par l’ajout de feux pour piétons ou de passerelles pour faciliter l’accès, mais nous allons analyser les différentes options pour rendre la ville plus sécuritaire pour les piétons », fait valoir le conseiller qui veut laisser le temps aux nouveaux élus de s’installer à l’hôtel de ville.

Avec les années, le boulevard Saint-Paul a été le théâtre de nombreux travaux de réfection qui ont facilité la circulation automobile, entre autres grâce à des voies de refuge pour les virages à gauche, alors que des dizaines de milliers d’automobilistes circulent sur cette rue principale quotidiennement. Pour les piétons cependant, c’est l’absence totale d’aménagement. La directrice générale de l’Association des commerçants du parc industriel du Haut-Saguenay, Nathalie Simard, est au courant des dangers pour les utilisateurs du boulevard Saint-Paul. « C’est un sport extrême pour les automobilistes et c’est impraticable pour les piétons. Nous avons réussi à faire installer un abribus pour les utilisateurs du transport en commun et on communique avec la ville quand les bancs de neige deviennent trop hauts et qu’ils nuisent à la vision quand on sort des entrées des commerces. »

Dans la neige jusqu’aux cuisses

Je fais part de ces réflexions autour de la table familiale, un de ces soirs, et notre jeune de 20 ans à la maison me lance comme ça : « T’as juste à me suivre le midi quand je prends l’autobus. Il faut que je traverse le terrain de deux résidences avec de la neige jusqu’aux cuisses pour me rendre à l’arrêt d’autobus. »

J’ai accepté son invitation, par curiosité. Il est étudiant à l’UQAC en informatique et il a déniché un travail à temps partiel dans une entreprise industrielle de la rue des Actionaires qui est accessible par le boulevard Saint-Paul.

Il doit faire une marche de dix minutes pour se rendre sur le boulevard Barrette après son travail pour prendre l’autobus, le numéro 2, qui le conduit directement à l’université sans passer par le terminus. Ça lui fait sauver 30 minutes. Il n’a pas peur de marcher, il a étudié deux ans à la l’École polytechnique à Montréal et ses déplacements se faisaient à pied, sans compter qu’il a marché sur le chemin de Compostelle quand il étudiait au secondaire.

La marche ne lui fait pas peur, mais il faut que je lui donne raison. Il doit marcher dans les stationnements des entreprises en sautant des bancs de neige, qu’il enfourche sans difficulté, selon ses dires. Mais là, j’ai compris pourquoi il enfile des pantalons de neige pour prendre l’autobus ; c’est pour ne pas remplir ses bottes de neige avant d’aller à l’université.

Heureusement, me dit-il, que la piste cyclable sur le boulevard Barrette est maintenant dégagée, car il peut se rendre à l’arrêt d’autobus sans utiliser des raquettes. Si j’entends bien le conseiller du secteur, Simon-Olivier Côté, ça va faire du bien une administration municipale qui compte se préoccuper des piétons.

Chroniques

Au cégep d’honorer sa mémoire

CHRONIQUE / Il y a un an, le 8 janvier 2017 la famille et les proches du comédien Dominique Lévesque célébraient les funérailles du professeur, comédien et humoriste originaire de Jonquière décédé le 20 décembre 2016, lors d’une activité de plongée en apnée au Honduras.

L’homme de théâtre, Pierre-Paul Legendre, qui a partagé les premières années de vie professionnelle avec Dominique Lévesque comme professeur de théâtre au Cégep de Jonquière avait lu un texte lors de la cérémonie. Il a accepté de partager avec nous le souvenir de cet artiste qui a marqué une génération.

J’étudiais au Cégep de Jonquière quand Dominique Lévesque enseignait le théâtre (entre 1976 et 1986). J’ai eu la chance d’avoir ce duo de profs allumés qui avait monté la pièce Une Job lors de mon passage.

Si Dominique Lévesque s’est fait connaître en province avec le Groupe Sanguin et son personnage du gars fatigué dans le duo Lévesque et Turcotte, il avait déjà semé des graines de création ici dans la région.

Pierre-Paul Legendre l’avait rappelé dans son témoignage. « À l’hiver 1982, quelques étudiants d’ATM s’essayaient à l’improvisation selon les règles de la LNI. Puis ce fut l’embrasement. Il devint le moteur principal de l’activité, allant jusqu’à organiser, le soir, des ateliers de formation pour les joueurs. Le profit que nous tirâmes de ces explorations et de ces expérimentations fut immédiat, conséquent et durable pour notre enseignement. Une ligue réunissant six équipes se forma à l’automne 1982. La compétition était forte et Dominique fouillait tous les ressorts de la créativité pour améliorer la qualité du jeu. En 1983 l’engouement pour l’impro avait gagné toute la région et des équipes de partout relevèrent le défi d’un tournoi organisé dans le cadre des Jeux du Québec. Les affrontements prirent une tournure épique. Chacun des spectateurs se souvient d’une pièce d’anthologie opposant deux débutants très prometteurs, Michel Barrette et Marie-Lise Pilote dans un pugilat explosif de traits plus comiques les uns que les autres. Le tournoi se termina en apothéose devant un public en délire. On avait dû refuser l’entrée à au moins 300 personnes», a rappelé Pierre-Paul Legendre, nous faisant comprendre que Dominique Lévesque avait contribué fortement à faire naître l’impro dans la région.

Les mécanismes du comique

«Le mouvement d’improvisation des équipes du Cégep se poursuivit jusqu’à l’Improvincial 84, nouveau tournoi où les équipes de la région accueillirent des équipes d’ailleurs au Québec», a-t-il souligné.

«Ce serait une bonne idée, dans le cadre du 50e anniversaire du Cégep de Jonquière de penser à rendre hommage à titre posthume à ce personnage qui a marqué l’établissement d’enseignement.»

«Mais Dominique, insatiable expérimentateur, voulait plus encore. Tout naturellement ses réflexions sur la création l’amenèrent au ‘‘stand up comic’’. Il ne s’agissait plus cette fois d’improvisation, mais de numéros écrits, structurés, placés, mis en scène. Avec les 21 étudiants qui s’étaient collés à ses basques pour faire partie de l’équipe de production, il expérimenta tous les mécanismes du comique. Avec eux, il envahit le café Le Bedeau, petit théâtre de poche de soixante places bien tassées. Le petit plateau était orné d’une colonne, en plein centre de l’avant-scène. Mais qu’importe! Il faisait tout, animation, remue-méninges, direction d’écriture, scénographie, mise en scène, prestation. Les jeudis soir, l’atmosphère de la salle était surchauffée, on se bousculait pour obtenir les trop rares places. Dominique disciplina son équipe, exigea les meilleurs impacts sur le public, élimina les éléments les moins productifs. L’équipe passa à dix membres, puis à huit, à six, enfin à quatre. Au printemps 1986, le Groupe Sanguin était fondé», rappelle Pierre-Paul Legendre qui a assisté à la naissance du grand Dominique Lévesque, ici même à Jonquière.

Une trace dans nos mémoires

L’homme de création demeure encore dans nos mémoires et son passage dans le monde artistique québécois laisse une trace indélébile. D’ailleurs, dès son arrivée au Cégep de Jonquière, Pierre-Paul Legendre savait déjà qu’il n’y resterait pas. « L’instantané était emblématique de l’homme, déterminé à conquérir les foules, à faire sa place dans le monde du spectacle. Dès lors j’appréhendais son départ, mais entre-temps, pour mon bonheur et celui des étudiants, ce rêve donna lieu à une série d’expériences qu’il ajouta à son activité débordante d’enseignant. Littéralement, on peut dire qu’il occupait deux emplois, celui d’un super prof et celui du créateur qui expérimentait son futur métier d’artiste de la scène et des médias. Dans la vie cégépienne, il jouait ainsi un rôle comparable à celui d’un animateur socioculturel aux fabuleux projets. Ces passions intimement conjuguées détermineront deux trajectoires qui traverseront toute sa vie professionnelle», a confié son ami et collègue.

« Ces rencontres heureuses avec des personnes de qualité, rares dans une vie, nous fascinent et nous façonnent, nous font devenir meilleurs que nous-mêmes», dira Legendre au sujet de Dominique. Ce serait une bonne idée, dans le cadre du 50e anniversaire du Cégep de Jonquière de penser à rendre hommage à titre posthume à ce personnage qui a marqué l’établissement d’enseignement. Un espace avec des photos et une plaque commémorative dans un endroit comme les «Pas perdus» serait sûrement apprécié des élèves et du personnel.

Chroniques

Météo catastrophe

CHRONIQUE / Les prédictions météorologiques ont pris beaucoup de couleurs avec les années. Parfois même ça dépasse l’imagination. Quand j’étais jeune, mon père avait reçu un baromètre comme cadeau de retraite de l’Alcan. De temps en temps, il tapotait sur la vitre avec le bout de son index pour fait bouger l’aiguille et il prédisait le temps. «Le temps s’en va au beau fixe ou il va y avoir du mauvais temps», les prédictions se résumaient à ça: beau ou mauvais.

Je me rappelle les premiers bulletins météo quand les météorologues commençaient à nous parler de dépressions qui venaient de l’Ouest ou de vague de haute pression, ou de système dépressionnaire. Ils commençaient à nous perdre un peu avec leur vocabulaire scientifique. Ce qu’on voulait savoir c’est: est-ce qu’il va faire beau ou s’il va pleuvoir? Les probabilités de précipitation, le refroidissement éolien et l’index UV se sont ensuite ajoutés pour enrichir notre vocabulaire sur la météo.

Météoréalité

De nos jours la météo est presque devenue une téléréalité qu’on suit quotidiennement et le vocabulaire pour l’exprimer ne cesse de s’aggraver. La dernière expression en liste parle de bombe météorologique; la catastrophe hivernale est à nos portes. «Cette expression ne vient pas des bureaux d’Environnement Canada, je vous l’assure. Les Américains aiment bien ce genre de mots qui sont ensuite récupérés par les médias, ça fait plus sensationnel, exprime Jean-Philippe Bégin, météorologue depuis cinq ans à Environnement Canada. Nous on préfère parler d’une tempête qui s’intensifiera rapidement», a-t-il dit lors d’une entrevue réalisée jeudi avant que la bombe météorologique nous débarque dessus.

Quand on habite au Saguenay-Lac-Saint-Jean, des prévisions de 15 à 20 cm de neige avec des rafales de vent à 50 km/h, ça ne nous énerve pas trop. On sait que ce n’est pas le temps de rouler sur les routes régionales, mais qu’il sera toujours possible de se déplacer en ville. Les rues de quartier peuvent être praticables avec 10 cm à 15 cm de neige sans que les déneigeuses passent pendant 24 h et pour les autres artères les camions s’activent généralement assez rapidement. En région, nous n’avons pas la même météoréalité que dans les grandes villes comme Montréal ou Québec.

Choix des mots

Depuis quelques années, les prévisions météorologiques ont énormément gagné en popularité, à un point tel que des chaînes spécialisées y sont consacrées 24/h sur 24/h. Évidemment, pour faire de l’information en continu sur le temps qu’il fait, ça prend un peu d’imagination et un vocabulaire varié pour ne pas être trop répétitif. 

C’est pour ça que maintenant les tempêtes deviennent des avertissements et des veilles de tempête hivernale, qu’un mercure à la baisse se traduit par une vague de froid polaire, que les vents sont exceptionnellement forts, que la neige devient aveuglante, que la poudrerie provoque la formation de congères et qu’il y a des avertissements de blizzard et de froid extrême. Le refroidissement éolien nous fait peur et les expressions «bombe météo», «cocktail météo», «tempête historique», des avertissements «d’onde de tempête» ou de «vortex polaire» nous donnent plus de frissons que les conditions météorologiques elles-mêmes.

«Le choix des mots demeure important pour ne pas minimiser l’importance des phénomènes. Pour les prévisions de jeudi et vendredi, on utilise l’expression tempête intense, c’est ce qui est le plus significatif pour la population», précise le météorologue Jean-Philippe Bégin, qui n’hésite pas à utiliser des expressions comme «froid nordique» quand la vague de froid vient du Nord ou de froid polaire quand le mercure descend sous la barre des moins 25 Celcius.

Les outils pour mesurer les prévisions météorologiques ont beaucoup évolué au cours des dernières années et les celles à court terme sont de plus en plus précises. «Plus la prédiction est courte dans le temps, plus elle est précise, mais il est maintenant possible, à quelques variations près, de prédire des phénomènes météorologiques à plus de 72h, comme pour cette tempête qu’on a vue arriver sur la côte Est, et prédire ses impacts sur l’est du Québec», fait remarquer celui qui est passionné de météorologie.

«Je me passionne pour la météo depuis l’âge de 10 ans et j’ai fait mes études en sciences atmosphériques à McGill pour devenir météorologue, une profession qui me passionne encore aujourd’hui», a-t-il confié entre deux prévisions de neige abondante pour la région.

Roger Blackburn

Là où les écrits s’envolent

CHRONIQUE / Fred Pellerin continue de raconter ses histoires, de réinventer les légendes et de donner vie aux personnages pittoresques de son village. « À Saint-Élie-de-Caxton, les écrits s’envolent et les paroles restent. »

J’ai assisté à son spectacle, Mon village en trois dés, jeudi, au Grand théâtre de Québec. Je n’avais pas la patience d’attendre au mois de septembre pour le voir à Saguenay.

Fred (on l’appelle par son petit nom chez nous) est parti à la recherche des origines de son village qui a vu le jour le 12 avril 1865. « Ce qui amène la question : qu’est-ce qu’il y avait le 11 ? Pourquoi, la veille, il n’y avait rien, et le lendemain, pouf ! y a un village ? »

Ça commence comme tout les villages avec une famille ou deux de défricheurs qui s’installent ; une route ; un pont ; un magasin ; un bureau de poste. C’est d’ailleurs à cause de la postière, Alice, que les écrits s’envolent à Saint-Élie. Les gens du village la surnomment « Àliche » à cause du don de la langue qu’elle a pour coller des lettres et des timbres.

Il ne manque qu’une église pour avoir tout ce qu’il faut pour fonder un village. C’est là qu’est arrivé, tout frais vernis du Séminaire, le jeune curé Élie.

Avec Fred, on ne sait plus s’il conte, s’il raconte, s’il cite, s’il explique, si c’est vrai, si c’est légende, mais on aime se perdre dans ses histoires. Il est allé fouiller dans les archives du village, dans la voûte surveillée par Odette, celle qui répond au téléphone quand vous composez le zéro. « Appelez demain, c’est pas dur, son poste, c’est son initial. Elle va rire, c’est sûr, des fois elle reçoit des téléphones de Paris », nous invite-t-il, mort de rire, juste à penser que des spectateurs vont téléphoner.

En mettant la main sur le tome un de l’histoire du village, il se rend compte que les trois premières pages du livre ont été arrachées. « Je suis allé voir ma grand-mère pour savoir ce qu’il y avait dans ces trois pages ; elle sait ce qui s’est passé, elle fait de l’autosuffisance dans l’archivage », dit-il avant de raconter.

Il dira, d’ailleurs, à la fin du spectacle : « Ma grand-mère m’a tout raconté ça gratis, gratuitement... Alors, quand je pense à vous... », lance-t-il en nous regardant d’un air moqueur pour, genre, dire merci d’être là.

Dans ce spectacle Mon village en trois dés, Fred fait revivre de nombreux personnages, car le curé envoyé par l’évêché, sur un coup de dé, visite tout le monde, pour connaître les gens et voir si ça vaut la peine de fonder un village.

Le curé se frotte à Toussain Brodeur, au barbier Méo, à la « mére » Gélinas, à la belle Lurette, à « Àliche » la postière et aussi à la veuve vive du village voisin.

Le pauvre curé, qui ne croit pas au hasard et qui refuse de lancer les dés pour connaître ses pensées, est aux prises avec un grave problème dans le village, avant qu’il soit vraiment un village. Vous suivez ? Les villageois écrivent à leurs morts et reçoivent des lettres des défunts. « À part mon décès, tout va bien », pouvait lire la belle Lurette dans une lettre de l’au-delà. Le curé ne pouvait pas accepter ça et se lance en chaire pour dénoncer la postière qu’il soupçonne de répondre au courrier adressé aux morts du village.

On découvrira finalement comment est né Saint-Élie-de-Caxton et, encore une fois, on saura qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Un village qui ressemble à nos municipalités, des personnages qui ressemblent à nos personnages colorés de chez nous. Fred Pellerin a ce don de nous prendre avec ses mots et de nous amener avec lui dans ses histoires. Nous, on se laisse traîner par la main pour en avoir davantage.

Le conteur prend quelques pauses, après ses grandes envolées verbales, le temps de nous pousser quelques chansons toujours bien choisies. « N’oublie pas que ce sont les gouttes d’eau qui alimentent le creux des ruisseaux », comme ce sont les villageois un à un qui finissent par former un village en devenant unanimes, en s’unissant.

J’ai ri pendant près de deux heures, sans entracte, un spectacle qui arrive à nous surprendre encore et à faire vivre les légendaires personnages de ce village qui finissent par nous ressembler.

Si vous voulez voir Fred en spectacle, il sera au Saguenay à l’automne. Sinon, trouvez-vous une place au Québec, en Europe ou en Jamaïque où il reste encore des billets... et prenez la route. Fred est « bouqué » jusqu’en 2020.

Chroniques

Une heure avec le père Noël

CHRONIQUE / Les fillettes demandent encore des poupées et les garçons demandent encore des camions et des voitures. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le père Noël en personne qui me l’a confié lors d’une entrevue à Place du Royaume, mardi après-midi.

« Les filles me demandent des pouliches, des princesses et des sirènes, ça ne change pas. Chez les garçons cette année, Pat’Patrouille est la vedette avec son camion de pompier, tout comme les voitures. Il y en a même un qui m’a demandé une Audi. Les garçons me demandent aussi des jeux vidéo ou des tablettes. Je lui ai dit “voici une tablette de chocolat en attendant” », blague-t-il avec son traditionnel Ho ! Ho ! Ho !

Contrairement à ce que j’aurais pu penser, le père Noël ne reçoit pas de confidence du genre « je voudrais un papa pour Noël », ou encore « je voudrais que ma mère ne soit pas malade ». Pourtant, il prend le temps de leur parler en les assoyant sur ses genoux. On lui demande où sont son traîneau et ses lutins, s’il a bien reçu la lettre qu’on lui a envoyée, mais pas de confidence.

« Il faut se méfier des bébés, ce sont eux qui tirent le plus fort sur ma barbe », fait savoir le donneur de cadeaux. Le père Noël peut rencontrer jusqu’à 500 enfants, la fin de semaine. « Il y a des enfants émerveillés, il y a des enfants gênés, il y en a même qui pleurent, mais on prend la photo quand même, ça fera un beau souvenir de se rappeler qu’il avait pleuré dans les bras du père Noël », dit le joyeux monsieur qui sera dans son royaume tous les jours jusqu’au 24 décembre.

Il est beau le père Noël de Place du Royaume. Il invite les petits et les grands à venir le voir sur son trône. Il a une belle grosse barbe blanche et il fait joyeux avec sa tuque, ses gants blancs et son Ho! Ho ! Ho ! qu’il lance à répétition.

Les mamans avancent doucement avec leur enfant dans les bras. Certains des petits ont les yeux brillants, ils connaissent le bonhomme de réputation, c’est évident, ils sont contents de le rencontrer. Il y a ce garçon qui tirait sa mère par la main en criant à haute voix « maman, le père Noël », en le pointant du doigt.

Il y avait cette petite fille, avec son bas de soute, qui avançait doucement, en jetant un regard derrière son épaule pour s’assurer que sa maman était toujours là. Timide, le doigt dans sa bouche pour baisser sa mâchoire, elle s’est laissée prendre pour finir dans les bras du père Noël, émerveillée par le barbu et le décor multicolore.

Le plus drôle, c’est ce garçon de pas plus de trois ans qui a refusé obstinément de se rendre jusqu’au père Noël. Il s’est essayé à plusieurs reprises, mais a rebroussé chemin en courant, chaque fois, même quand il se cachait dans les jambes de son père. Sa grand-mère a aussi essayé, mais rien à faire, le gamin lui glissait entre les doigts dès qu’il approchait. C’est l’agent de sécurité qui a donné une friandise au garçon alors que le père Noël retraitait dans son atelier.

Pas tout le temps

La tradition continue d’année en année, de nombreux parents continuent d’entretenir la magie du père Noël. « Je leur demande toujours s’ils ont été sages. Il y en a un aujourd’hui qui m’a dit “pas tout le temps”. Je l’ai félicité pour son honnêteté et je lui ai donné une barre de chocolat », raconte le vieil homme. J’ai su qu’il avait 70 ans, un secret bien gardé jusqu’ici, c’est mon scoop du temps des Fêtes.

Il paraît que l’homme sera bien occupé, jusqu’au 24 décembre, il prend une pause aux trois heures, avant c’était six heures de présence, faut croire que les conditions de travail du père Noël s’améliorent.

Certains jeunes osent même lui dire que ce n’est pas lui le vrai père Noël, mais acceptent de lui demander des cadeaux quand même. Les jeunes sont méfiants en cette époque de « fake news ». Ils savent qu’il y en a un vrai et des faux. Je confirme que j’ai fait une entrevue avec le vrai ! 

Pas toujours de la belle neige

En quittant l’atelier du père Noël, j’ai salué au passage la mère Noël qui attendait son bedonnant mari pour rentrer à la maison. Sur le stationnement de Place du Royaume, c’était l’esprit des Fêtes avec cette belle neige blanche qui tombait sous les luminaires.

Une dame qui marchait près de moi en se dirigeant vers sa voiture m’interpelle et me dit : « Est-ce que je peux dire quelque chose de pas gentil ? » « Faites donc chère dame », que je lui dis. Elle me regarde et se vide le cœur : « Crisse de marde blanche, chu écœurée. La madame n’a pas de mari et elle est écœurée de pelleter », lance-t-elle à l’étranger que je suis. Elle m’a sorti assez vite de la magie de Noël. Elle va trouver l’hiver long...