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Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
Mamadi Fara Camara, son avocate Virginie Dufresne-Lemire et le documentariste et militant Will Prosper.
Mamadi Fara Camara, son avocate Virginie Dufresne-Lemire et le documentariste et militant Will Prosper.

TLMEP: un homme brisé

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CHRONIQUE / Une semaine après avoir annulé sa présence sur le plateau de Tout le monde en parle, Mamadi Fara Camara s'est courageusement présenté devant les caméras dimanche soir. Disculpé après avoir été accusé à tort d'avoir agressé un policier à Montréal, l'homme est toujours sous le choc de son arrestation. Durant toute l'entrevue, on pouvait saisir toute la fragilité d'un être brisé.

M. Camara a d'abord reçu une contravention parce qu'il utilisait son téléphone au volant. «Je n'étais pas au téléphone», dit-il pourtant. Comme son client ne pouvait le faire, son avocate Virginie Dufresne-Lemire a raconté que les policiers l'ont sorti par la fenêtre de sa voiture et que l'un d'entre eux a posé son pied sur sa tête pour l'immobiliser. «Est-ce qu'un citoyen dans Westmount aurait eu le même type de traitement dans sa maison? […] Pourquoi il y a une différence de traitement avec M. Camara?» demande le documentariste et militant Will Prosper, très pertinent durant toute la soirée et à qui je décerne l'étoile du match.

M. Camara est sorti traumatisé de ses six jours de détention. «En prison, je n'ai jamais eu l'occasion de parler à ma famille. Jamais», dit-il. «J'avais l'air d'être un monstre. […] J'ai été dans la cellule avec de vrais criminels [qui ne croyaient pas en sa culpabilité]», relate-t-il à propos de son entrée en prison. L'enquête a été contaminée par le phénomène de vision en tunnel, croit Me Dufresne-Lemire. «Les policiers ont pris le témoignage du policier blessé, c'est devenu l'élément central et on n'a pas fait attention aux autres preuves et à l'absence de preuves», déplore-t-elle.

Originaire de Guinée, M. Camara s'inquiète maintenant de son statut d'étudiant étranger, lui qui a perdu son emploi de chargé de laboratoire. «J'ai rencontré l'école polytechnique, ils étaient désolés», dit-il, ajoutant que l'institution est prête à le réintégrer lorsqu'il se sentira bien à nouveau. Poursuivra-t-il le SPVM? «Peut-être. On verra comment se déroulent les prochains jours et ce que M. Camara souhaite faire pour la suite», a répondu son avocate sur un ton confiant.

Pierre-Yves Lord fait un porte-étendard idéal pour la nouvelle compétition de rap francophone La fin des faibles, qu'il animera en mars. «C'est une victoire que cette émission se retrouve à heure de grande écoute à Télé-Québec», dit l'animateur, qui entretient une véritable passion pour les rappeurs, «témoins de leur époque». «C'est pas tous les jeunes chanteurs qui rêvent de faire des duos avec Serge Lama ou de chanter des tounes de Starmania», a-t-il dit, alors que Star Académie prenait l'antenne à TVA.

Le passage de Pierre-Yves Lord a donné lieu à un échange vraiment intéressant sur le racisme systémique, ponctué par les interventions très à propos de Will Prosper. «C'est pas juste aux Noirs de s'intéresser au racisme, c'est pas juste aux homosexuels de s'intéresser à l'homophobie», a imagé l'animateur, souhaitant ouvrir un dialogue. Il a souligné le travail du maire Régis Labeaume, chez qui il perçoit «une réelle ouverture et un réel désir d'avoir les réflexions difficiles» sur cette question.

Christine Beaulieu et Véronique Cloutier jouent deux sœurs dans la comédie L'oeil du cyclone, disponible le 18 février sur Véro.tv. «Une comédie familiale qui a le potentiel de faire du bien aux gens», croit Christine Beaulieu, qui se trouvait trop jeune pour jouer la mère d'une grande ado de 16 ans, avant de réaliser qu'elle avait tout à fait l'âge pour ça. «J'avais des choses à prouver», a lancé Véronique Cloutier, qui n'avait pas joué depuis 2002 et qui est arrivée très nerveuse sur le plateau. Quand les règles le permettront, Christine Beaulieu reprendra J'aime Hydro, qui sera en partie remaniée. «Je ne peux pas continuer à jouer [la pièce] sans rencontrer Sophie Brochu», la nouvelle pdg d'Hydro-Québec.

Fascinant récit que celui d'Edith Blais, retenue en otage au Mali avec son ami de cœur durant 15 mois avant de parvenir à s'échapper.

Fascinant récit que celui d'Edith Blais, retenue en otage au Mali avec son ami de cœur durant 15 mois avant de parvenir à s'échapper. C'est un groupe affilié à Al-Qaïda qui a kidnappé le couple. La Québécoise n'avait pas vraiment espoir de revenir au pays après avoir rencontré des femmes qui étaient là depuis trois ans, dont une qui a été libérée depuis. Malgré tout, elle n'a jamais entretenu de haine envers ses ravisseurs, certains d'entre eux, endoctrinés, n'ayant que 13, 14 et 15 ans.

Après avoir été séparé 11 mois, le couple est parvenu à s'échapper dans le désert dans une opération de la dernière chance, grâce entre autres à un camionneur qui les a couverts. Edith Blais ne compte pas retourner en Afrique mais n'arrêtera pas de voyager. David Morin, de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l'extrémisme violent, qui a conseillé la famille d'Edith Blais, n'a pas voulu condamner le gouvernement canadien, qui «a déployé un important dispositif» sans toutefois parvenir à des résultats concluants.

Isabelle Hachey a recueilli une tonne de témoignages de professeurs de plusieurs universités, dont la liberté a été brimée. «J'en aurais pour un mois», affirme la chroniqueuse de La Presse, qui a signé une série de chroniques sur le sujet qui ont eu beaucoup d'échos. Parmi eux, une prof d'histoire de l'Université d'Ottawa a évité de parler des homosexuels au Moyen-Âge, une époque où ils étaient conduits au bûcher, et qui a été qualifiée d'homophobe.

Une chargée de cours en études féministes a pour sa part été accusée de transphobie parce qu'elle utilisait les termes homme et femme dans ses cours. «Ils vont pas à l'université pour apprendre, ils vont à l'université pour faire la révolution», a dit une prof à la chroniqueuse, en référence aux étudiants revendicateurs. «Le gouvernement n'a pas à se mêler de ce qui se passe dans les universités», croit-elle au sujet d'une loi cadre proposée par les caquistes pour encadrer la liberté dans les universités et convaincue que ces lieux d'enseignement ont tout le potentiel d'agir pour adoucir le climat.

Alors qu'une trentaine de fusillades ont eu lieu dans les six derniers mois dans son arrondissement, la mairesse de Montréal-Nord, Christine Black, réclame une aide urgente et «des actions plus intensives du service de police». «Je ne sais pas ce que ça va prendre de plus [...] Faut que quelque chose se passe, ça n'a plus de bon sens», dit-elle, inquiète. «Depuis les années 80, l'industrie des armes à feu place ses produits au cinéma, à la télé, en musique», remarque Francis Langlois, spécialiste de la question. Le professeur d'histoire au Cégep de Trois-Rivières souligne qu'il s'agit d'un phénomène pancanadien et que notre voisinage avec les États-Unis, qui compte 120 armes à feu pour 100 habitants, n'y est certainement pas étranger.

Bonne nouvelle en fin d'émission: on a appris que Pierre-Yves Lord serait de retour pour une troisième saison à l'animation du jeu 100 génies, cet automne sur ICI Télé.

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