Richard Therrien
Le discours de la nouvelle PDG d'Hydro-Québec, Sophie Brochu, inspire confiance.
Le discours de la nouvelle PDG d'Hydro-Québec, Sophie Brochu, inspire confiance.

TLMEP: j'aime Sophie

CHRONIQUE / L'anxiété a fait place à la détente, dimanche soir à Tout le monde en parle, toujours présentée en direct et sans public. Bien sûr qu'on a parlé de pandémie, mais plus souvent sur le ton de l'humour. Ça vaut pas un vaccin, mais ça permet de respirer.

Le discours de la nouvelle PDG d'Hydro-Québec, Sophie Brochu, inspire confiance. Tellement que je lui décerne l'étoile du match. Pas de cassette ou de phrases toutes faites pour cette femme qui œuvre depuis 30 ans dans le secteur de l'énergie; ça fait du bien. Pas de panique, dit-elle: il n'y aura pas d'interruption de service durant la pandémie, et on facilitera les choses pour les clients incapables de payer. Mme Brochu salue avec enthousiasme une initiative comme le théâtre documentaire J'aime Hydro, dont elle n'a vu que des extraits. «J'aimerais ça qu'on retrouve au Québec le feeling qu'on avait [d'Hydro-Québec] quand j'avais 10 ans», affirme la nouvelle PDG, qui commence déjà à mesurer l'impact de la pandémie sur notre consommation. «On a basculé 10 ans en avant dans la capacité de travailler à distance. Des affaires qui ne se pouvaient pas il y a deux semaines, aujourd'hui, ça nous apparaît anodin», fait-elle remarquer, à raison. Parmi les multiples mandats qu'elle se donne: accroître nos mesures d'efficacité énergétique et mettre notre capacité d'entreposage au service d'énergies nouvelles, encore un discours qui fait du bien.

Paul Arcand se considère privilégié de pouvoir travailler et de n'avoir aucune personne atteinte parmi ses proches. L'animateur du 98,5, morning man depuis 30 ans, se dit plus modéré en ondes depuis le début de la crise, même s'il s'insurge contre les gens qui ne respectent pas les consignes. «Ça m'enrage sérieusement. Les caves ont un impact qu'ils n'ont pas l'air à comprendre», dit-il. L'animateur a une pensée entre autres pour les personnes atteintes de cancer, et dont les chirurgies doivent être reportées. Il a choisi de ne pas interviewer Lionel Perez, chef de l'opposition officielle à Montréal, qui a organisé une petite fête de fiançailles avec son fils atteint de la COVID-19. «J'ai pas le goût de me pogner de ce temps-là. Ça aurait donné quoi? De le forcer à admettre qu'il était imbécile? […] Les gens n'ont pas besoin de ça», explique Paul Arcand. À contre-courant de ses collègues journalistes, il ne tient pas absolument à connaître les prévisions du gouvernement sur les semaines et mois à venir, qui peuvent changer dès le lendemain.

La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, est sortie de son isolement volontaire, le temps de l'entrevue. Bien sûr, elle implore les gens de 70 ans et plus à rester chez eux, et rappelle qu'il existe des ressources, comme les centres d'action bénévole, pour les personnes seules et sans famille. Mais elle invite aussi la population à éviter l'âgisme. Quand vous rencontrez un aîné dans la rue, ne lui faites pas la morale, offrez-lui plutôt votre aide. Elle s'indigne de voir des propriétaires augmenter les loyers des aînés en pleine pandémie. «Il me semble que dans la situation, c'est le temps de montrer notre solidarité, surtout envers nos aînés. [...] J'appelle à la bienveillance et à l'intelligence», qui s'est réjouie de l'augmentation de salaire des employés de maisons d'hébergement pour aînés, et qui souhaite réduire l'écart entre les salaires au public et au privé.

«C'est le temps d'être généreux», a lancé Martin Matte, très préoccupé par la détresse ambiante, et qui a remis 10 000$ à Moisson Montréal. Il déplore lui aussi l'écart anormal des salaires entre le public et le privé des employés de maisons d'hébergement, un appel auquel la ministre Blais s'est montrée sensible. Avec des ados une semaine sur deux à la maison, l'humoriste a décidé de faire la fête. «Tout le monde s'est mis beau, on a fait livrer de la bouffe, on a ouvert du champagne, on a dansé», dit-il de cette soirée, qui pourrait en inspirer plusieurs. Il a complété la moitié des textes des Beaux malaises, que TVA doit ramener la saison prochaine. Pour l'instant, le tournage est prévu en septembre.

Réalisée durant une pause au travail, l'entrevue avec Kim Clavel suscitait autant d'admiration que de reconnaissance. Incapable de rester chez elle à ne rien faire, la boxeuse québécoise a répondu à l'appel du gouvernement en retournant sur le terrain comme infirmière auxiliaire dans les CHSLD. Cet «ange gardien avec des gants de boxe» a décrit les multiples précautions prises par le personnel, jusqu'aux lunettes de protection, et ce, même s'il est impossible de respecter la distanciation sociale avec les bénéficiaires. «On répète, on rassure et on aime», affirme celle qui a travaillé dans sept CHSLD depuis le début de la crise. La boxeuse s'entraîne encore une heure par jour et espère pouvoir remonter sur le ring avant 2021, elle dont le prochain combat au Casino de Montréal a dû être annulé.

Même le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, n'avait pas la pandémie sur son radar. On a appris que des tests de dépistage plus rapides seront annoncés d'ici une semaine ou deux, notamment à partir d'un téléphone cellulaire. Une personne atteinte sera probablement immunisée contre la COVID-19, croit M. Quirion, assez optimiste qu'un vaccin soit trouvé d'ici un an, sans nier la crainte d'une deuxième vague de la maladie à l'automne. M. Quirion ne voit pas de problèmes à ce que les gens portent un masque, quitte à pouvoir calmer leur anxiété, mais insiste pour que les masques de première qualité soient réservés au système de santé. Sur la désinformation, il invite les gens à ne pas relayer n'importe quoi sur les réseaux sociaux. «Ça crée énormément d'anxiété et de faux espoirs. Des médicaments miracles, il n'y en a pas.»

Ariane Moffatt a clos de magnifique façon l'émission, avec sa version feutrée de Debout, accompagnée d'images en noir et blanc de cette vie surréaliste des dernières semaines. Pour l'instant, elle maintient la sortie prévue d'un nouvel album avec SOMMM, son duo avec Étienne Dupuis-Cloutier, le 24 avril prochain. «Les gens ont besoin de musique en ce moment», croit l'artiste, dont la conjointe est psychologue à l'hôpital Ste-Justine, et vit «en plein dedans». Malgré la crise, Ariane parvient à voir tout ce qui en ressort de beau, dont l'autonomie qui se développe chez nos enfants, et qui l'émerveille. À méditer.

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«C'est le temps d'être généreux», a lancé Martin Matte, très préoccupé par la détresse ambiante, et qui a remis 10 000$ à Moisson Montréal.