Richard Therrien
L’amour qui fait mal

Télévision

L’amour qui fait mal

CHRONIQUE / Deux séries étrangères disponibles en ce moment trouvent leur base dans les méandres complexes de l’amour: l’américaine Love Life, plus légère et même drôle, et l’irlandaise Normal People, qui prend aux tripes. Pour des raisons différentes, les deux méritent votre attention, même si j’ai une légère préférence pour la première.

L’une et l’autre s’étalent sur plusieurs années, se permettant d’importants sauts dans le temps. On parle bien sûr ici de l’amour profond, intense, celui qui fait mal, mais aussi dans ce qu’il a de plus fort et de plus beau, ses malentendus, ses non-dits, qui peuvent bien souvent faire dérailler une relation, ou la faire piétiner durant des décennies.

Richard Therrien
L’étonnante renaissance des ciné-parcs

Richard Therrien

L’étonnante renaissance des ciné-parcs

CHRONIQUE / On a souvent annoncé la mort des ciné-parcs. On était loin de se douter que la pandémie les ramènerait dans l’actualité. Timing parfait : depuis le 5 juin, Historia diffuse le vendredi à 21h l’excellente série documentaire Une vue sous les étoiles, bourrée d’images d’archives, d’anecdotes savoureuses et d’avis d’experts et de maniaques du cinéma en plein air. Une œuvre en huit épisodes de la réalisatrice Joëlle Desjardins Paquette, aux accents nostalgiques bien sûr, mais aussi très ancrée dans le présent et tournée vers l’avenir.

La réouverture des ciné-parcs, accueillie avec beaucoup de cynisme par le milieu culturel, a ravi la clientèle, friande du cinéma dans la garnotte. Au Québec, n’en reste plus que cinq : Saint-­Hilaire, Saint-Eustache, Belle Neige à Val-Morin, Orford et Paradiso à Grande-Rivière. C’est dans les années 80 que les ciné-parcs ont vécu leur âge d’or, avec une quarantaine d’exploitants. Sept-Îles, Trois-Rivières, Saguenay, Val-d’Or, Bonaventure, Grand-Mère, Victoriaville, Saint-Félicien, Montmagny, Laval, Sainte-Luce, Gatineau, Joliette, Drummondville, Val-Bélair, Rivière-du-Loup, Châteauguay, Alma, La Pocatière, Matane et les Îles de la Madeleine, pour ne nommer que celles-là, ont toutes déjà eu leur ciné-parc.

La réouverture tardive des cinémas et des salles de spectacles a entraîné l’implantation de ciné-parcs temporaires, qui présentent des films, mais aussi des spectacles de chanteurs et d’humoristes. Citons le Royalmount sur l’île de Montréal, et d’autres à Vaudreuil-Dorion en Montérégie, Saint-David-de-Falardeau au Saguenay et Vallée du parc en Mauricie, entre autres. À Québec, l’idée a donné lieu à une empoignade entre distributeurs de films et le maire Labeaume, de sorte que les écrans prévus sur les terrains d’ExpoCité et de l’Aéroport international Jean-Lesage à partir du 2 juillet ne seront jamais érigés. La population de la capitale et des environs aurait pu renouer avec le genre, elle qui est privée de ciné-parcs depuis la fermeture du dernier à Saint-Nicolas il y a six ans. Tant pis.

Le Québec a longtemps résisté à l’implantation des ciné-parcs, pourtant créés dans les années 30 dans le New Jersey; le clergé y voyait une source de corruption de la jeunesse. Dans une province étouffée par le conservatisme de Maurice Duplessis, il faudra attendre jusqu’en 1970 pour voir apparaître le tout premier à Saint-Georges-de-Beauce. Il faut dire qu’encore aujourd’hui, certains n’y vont pas que pour voir le film; le propriétaire du Ciné-parc Saint-Hilaire, Kevin Patenaude, trouve toutes sortes d’effets personnels sur son terrain à la fin de la soirée. «On dirait qu’il y a beaucoup d’unijambistes au ciné-parc, parce qu’on retrouve vraiment beaucoup de «un soulier», «une sandale». On pourrait faire une garde-robe de sous-vêtements qu’on a trouvés, des pantalons, des fois des sous-vêtements plus les pantalons, on se demande les gens sont repartis comment chez eux!» raconte-t-il, amusé.

Richard Therrien
Retour des fictions québécoises à V en 2021

Télévision

Retour des fictions québécoises à V en 2021

CHRONIQUE / V s’apprêtait à l’annoncer : sa grille 2020-2021 devait marquer le retour en force des séries de fiction originales québécoises à son antenne, en plus de l’information. L’achat récent par Bell Média donne à la chaîne les moyens de ses ambitions. Or, la pandémie a réfréné ses ardeurs et l’a obligée à reporter à l’année prochaine le retour des fictions.

Jusqu’ici, V nous avait habitués à une série par-ci, par-là. Depuis la fin de Ces gars-là en 2016, plus rien; on disait mettre l’argent ailleurs. Or, le V de Bell Média proposera plusieurs fictions dans les prochaines années, parole de Suzane Landry, vice-présidente, développement de contenu et programmation de langue française. «On veut faire une place importante à la fiction, mais ça va arriver progressivement. On a de bonnes ambitions pour cette chaîne, pour qu’elle devienne une vraie généraliste, qui va rejoindre les intérêts des Québécois. On veut se rapprocher des gens», affirme celle qui a occupé des postes de direction durant plusieurs années à TVA et Québecor Contenu avant de passer chez Bell.

1,9 million pour le spectacle de la fête nationale

Richard Therrien

1,9 million pour le spectacle de la fête nationale

BLOGUE / Plus de 1,9 million de téléspectateurs ont regardé le Grand spectacle de la fête nationale du Québec 2020 sur un des quatre grands réseaux, mardi soir: 824 000 l'ont suivi à TVA, 684 000 sur ICI Télé, 209 000 à Télé-Québec et 193 000 à V.

L'an dernier, 631 000 téléspectateurs avaient vu le spectacle des Plaines à Télé-Québec le 23 juin, alors que 723 000 avaient regardé celui de Montréal sur ICI Télé le 24 juin. Présentée en différé de l'Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières devant un parterre vide en raison des normes sanitaires, l'édition 2020 bat manifestement tous les records.

Rarement un spectacle de la fête nationale a autant fait l'unanimité, si ce n'est de la faible présence de drapeaux et de fleurs de lys, qui a suscité une certaine controverse. Les organisateurs de la soirée ont reconnu leur erreur.

Il est toujours possible de le visionner sur les sites de Télé-Québec, V, ICI Télé et TVA.

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Richard Therrien
Fête nationale sans public: le party a levé! [PHOTOS]

RICHARD THERRIEN

Fête nationale sans public: le party a levé! [PHOTOS]

CHRONIQUE / On n'allait pas hériter d'un show de la Saint-Jean à rabais, oh non. La version distanciée de notre fête nationale a finalement donné lieu à un spectacle grandiose, Tout le Québec à l'unisson, à l'Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières. Même sans les grands drapeaux qui flottent parmi la foule, les fêtards qui reprennent par cœur les paroles des chansons, les enfants sur les épaules de leurs parents. Il n'y a pas de doute, même sans tout ça, le party a levé!

«Ce soir, malgré le grand vide, on ressent une grande force, une grande présence, on vous sent ici avec nous», a lancé Ariane Moffatt, qui coanimait la soirée avec Pierre Lapointe. Un duo hors pair, qui avait déjà fait ses preuves l'année dernière. Dans ce spectacle diffusé mardi soir sur les quatre grands réseaux, et produit par Sylvain Parent-Bédard, la touche magique du metteur en scène, directeur artistique et réalisateur Jean-François Blais a opéré de façon magistrale. Je n'ai pas compté, mais il y en avait du monde. Des artistes heureux de prendre d'assaut une scène qui leur a tant manqué, pas du tout refroidis par l'absence de public, dans un judicieux alignement de chansons, des classiques aux succès récents. Oubliez les successions (trop souvent) ordinaires de chansons en solo ou en duo des précédents spectacles; on avait plutôt affaire à des numéros de grande envergure, tirant profit du visuel au maximum. Et on passait tout naturellement du spectacle sur scène aux séquences tournées à l'extérieur. À aucun moment, je n'ai véritablement senti la distanciation physique.

Dans le choix des chansons, on y est allé d'audace pour nous surprendre. Un Roch Voisine généreusement barbu, venu chanter Bobépine, oui, Bobépine, du grand Plume. Deux membres de Beau Dommage, Michel Rivard et Marie-Michèle Desrosiers (particulièrement en voix!), venus reprendre leurs vieux hits, quel bonheur. Repartir à zéro, du répertoire de Joe Bocan, prenait une tout autre dimension, reprise par toutes ces voix. Et cette mosaïque de choristes accompagnant virtuellement Lara Fabian dans Humana.

Richard Therrien
Note parfaite pour le <em>Bal Mammouth</em>

RICHARD THERRIEN

Note parfaite pour le Bal Mammouth

CHRONIQUE / Ça ne remplacera jamais un vrai bal. Mais il y avait quelque chose d'extrêmement réjouissant à regarder ce Bal Mammouth. Une heure pleinement réussie à Télé-Québec, qui arrivait comme un baume sur la déception des élèves de secondaire 5, privés de leur bal de finissants. Mais bon, l'opinion vient d'un grand ado de 48 ans.

Pour respecter les normes sanitaires, «y'aurait fallu faire un bal masqué», a blagué d'emblée Pier-Luc Funk, avant de faire place au meilleur numéro musical de la soirée. Qui aurait cru que Le bal masqué, succès de La Compagnie créole, pouvait sonner aussi actuel, repris par Bleu Jeans Bleu, Sarahmée, Marième, Fwonte et La Bronze? Clin d'oeil rapide de Clémence, du groupe original, qui s'est adressée aux finissants au générique de fin.

Tous les numéros musicaux étaient d'une incroyable qualité. De véritables clips léchés, notamment pour Ciel, le duo de Fouki et Alicia Moffet au parc Jean-Drapeau, jusqu'au numéro final, avec un quatuor formé de Marie-Mai, Claudia Bouvette, Roxane Bruneau et Reginald Bellamy pour Ta reine d'Angèle et Je ne vous oublie pas, du répertoire de Céline Dion.

«On ne peut pas se coller mais ça ne nous empêchera pas de danser!» a lancé Pier-Luc Funk, qui formait un duo parfait à l'animation avec Sarah-Jeanne Labrosse, encore une fois. Après une journée où on a vu défiler sur les réseaux sociaux des dizaines d'anciennes photos de finissants, pour ne pas dire des centaines, les deux animateurs se sont tirés la pipe sur leurs propres photos de l'époque (pas si lointaine!). «T'es déguisée en métaux précieux», s'est moqué Pier-Luc, parlant du «toupet argent» de Sarah-Jeanne et de son «terrible accident de bronzage». Faut croire que personne ne semble content de sa photo de finissant; même Jay Du Temple trouve à redire sur la sienne. Il n'a pas vu la mienne.

Le duo d'animateurs s'est plus tard prêté à un fort sympathique clin d'oeil météo à Rain On Me de Lady Gaga et Ariana Grande. Rosalie Vaillancourt a été hilarante avec son roast à l'intention des profs. «Le secondaire, ça a été les neuf meilleures années de ma vie», a dit l'humoriste, compatissante avec les élèves qui ont vu le décor de leurs profs sur Skype, apprenant du même coup que «ta prof de physique a un poster de Jay Du Temple». Moment émouvant de la soirée: quand l'animateur d'Occupation double est allé souligner les efforts de finissants directement chez eux, leur apportant un message dans un ballon et un montant de 1000$ à chacun d'eux. Bon, la commandite était tout sauf subtile, mais les émotions, elles, étaient vraies.

À peu près tout de ce Bal Mammouth était réussi; on était loin du style Skype qu'on a trop vu dans les derniers mois dans notre télé. La soirée regorgeait de petits moments rassurants: les salutations des grands-parents, les hommages aux profs, les bons mots de Khate Lessard, Laurent Duvernay-Tardif et Mariana Mazza aux finissants, et Phil Roy, qui s'est moqué de ce qu'on peut écrire dans l'album des finissants. Faisant référence à l'année scolaire qui s'achève, que Pier-Luc Funk a qualifiée de «cours de rattrapage intensif sur le vivre ensemble», on a bien sûr évoqué les manifs pour l'environnement et contre le racisme. Voilà d'ailleurs une soirée qui ne manquait pas de diversité, le plus naturellement du monde, à l'image du Québec d'aujourd'hui. À quand ce jour où nous n'aurons plus à saluer ce qui devrait être une évidence?

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Richard Therrien
Moins de fictions et plus de variétés à TVA

Télé

Moins de fictions et plus de variétés à TVA

CHRONIQUE / Après un printemps passablement chambardé dans la programmation, TVA se dit d’attaque pour l’automne. Bien sûr, il y a tout un monde entre la grille originalement prévue et celle qui aboutira en ondes en septembre, mais le diffuseur n’a pas de quoi avoir honte de sa programmation automne-hiver, bien garnie avec cinq nouvelles émissions de variétés. On y ferait même de la place pour le Gala Artis.

Parmi elles: Bijoux de famille avec Charles Lafortune et En studio avec Marc Dupré, déjà annoncées, et qui suivront les dernières émissions de La Voix les dimanches soirs. Dieu merci: au cours d’une rencontre virtuelle mercredi avec les journalistes, le vice-président contenus originaux chez Québecor Contenu, Denis Dubois, a confirmé qu’aucune des nouveautés n’inclura dans son concept des communications par Skype avec les invités, une formule qui a fini par taper sur les nerfs de bien des téléspectateurs. On continuera à en voir aux nouvelles et à Salut, bonjour!, dans des contextes tout de même plus tolérables.

Dans Sans rancune, des représentants d’un même groupe, que ce soit des coiffeuses, des fans du Canadien ou encore des milléniaux, seront l’objet de soirées d’humour, pilotées par un animateur et deux complices, qui n’ont pas encore été désignés. Marie-Ève Janvier aurait bien aimé poursuivre l’animation de L’amour est dans le pré à V tout en prenant la barre d’À tour de rôles, qui marque son arrivée à TVA. «C’était impossible», a confirmé la chanteuse animatrice mercredi au cours de la même rencontre. Il aurait été effectivement bien surprenant que TVA accepte qu’elle reste en lien avec la chaîne rivale de Bell Média.

Pour l’instant, le nouveau talk-show de Patrick Huard, La tour, est prévu à la grille en semaine à 19h, directement contre District 31. Mais je doute fort que TVA envoie son nouvel animateur vedette affronter la série dramatique la plus suivie à la télévision. «Ça pourrait peut-être changer», confirme la directrice principale, chaînes et programmation de Groupe TVA, Nathalie Fabien. La tour, dont l’action se situera dans le loft fictif de Patrick Huard, sera en réalité tourné en studio à TVA.

C’est pour les séries de fiction que ça fera plus mal. Bien que le tournage de L’Échappée ait été confirmé à temps pour une diffusion à partir d’octobre, ce n’est pas le cas pour les nouveautés Alertes et Nous, ni pour L’heure bleue, dont ce sera la dernière saison. «Vous dire le nombre de rapprochements qu’il y aura dans cette série-là. On dénaturerait l’oeuvre en imposant deux mètres de distance à cette production», explique Denis Dubois. La nouvelle production des Beaux malaises avait déjà été prévue pour l’automne. Le vice-président admet que le respect des normes sanitaires sur ces différentes productions entraînera des coûts supplémentaires.

On le sait: TVA a dû très tôt annuler son Gala Artis, d’abord prévu le 10 mai dernier. Mais alors qu’on a annoncé la tenue des Gémeaux en septembre sur ICI Télé, TVA travaille sur une formule du Gala Artis pour récompenser les artistes de la télévision, probablement cet automne. «Nous ferons des annonces plus tard à ce sujet», affirme Denis Dubois, qui ajoute que les sondages pour déterminer les gagnants ont été complétés avant le début du confinement. Alors que Studio G a été mise de côté, on a retardé Révolution à 2021, fort probablement après Star Académie, toujours prévue cet hiver. La grille finale 2020-2021 de TVA sera dévoilée à la presse le 1er septembre prochain.

V prépare son retour à l'information

Douze ans après la fermeture des salles de nouvelles de TQS, Bell Média s’affaire à doter V d’une nouvelle équipe de journalistes. Le dossier est confié à Jean-Philippe Pineault, nommé directeur général de l’information de la future salle de nouvelles. «Avec V, nous voulons devenir un acteur majeur en information dans le paysage télévisuel et numérique du Québec», a-t-il confié par voie de communiqué, conscient qu’il s’agit d’un événement rarissime dans le monde des médias. Jean-Philippe Pineault, qui a occupé des postes de direction à La Presse canadienne et chez TC Média, quitte par conséquent ses fonctions de directeur de l’information chez Cogeco Média. Cette nouvelle arrive deux mois et demi après que la vente de V à Bell Média par Groupe V Média ait été approuvée par le CRTC. Québecor Média s’était adressée au ministère du Patrimoine canadien pour faire annuler cette transaction, une demande qui a été rejetée en début de semaine.

Marie-Ève Janvier quitte <em>L'amour est dans le pré</em> pour TVA

RICHARD THERRIEN

Marie-Ève Janvier quitte L'amour est dans le pré pour TVA

BLOGUE / Marie-Ève Janvier fait son entrée à TVA, où elle animera le nouveau grand plateau de variétés À tour de rôles, dès l'automne.

Elle abandonne du même coup l'animation de L'amour est dans le pré, qu'elle présentait à V depuis 2012.

Dans À tour de rôles, Marie-Ève Janvier recevra chaque semaine deux comédiens qui ont joué ensemble au petit écran des rôles qui ont marqué les téléspectateurs. Ils pourront replonger avec le public dans cette période de leur carrière, à travers des images d'archives.

L'émission est produite par Attraction Images, qui produit également L'amour est dans le pré à V. De retour l'hiver prochain, l'émission devra trouver un nouvel animateur ou une nouvelle animatrice, en plus de nouveaux agriculteurs célibataires.

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Des Gémeaux en direct malgré tout

RICHARD THERRIEN

Des Gémeaux en direct malgré tout

BLOGUE / Les 35es Prix Gémeaux auront bel et bien lieu le dimanche 20 septembre comme prévu, sur ICI Télé, dans le respect des règles de distanciation physique. Et la grande fête de la télévision sera animée en direct par Véronique Cloutier, qui se dit «très excitée à l'idée de repenser la formule du gala dans le contexte actuel».

Ne vaudrait-il pas mieux tout enregistrer plutôt que de courir le risque d'additionner les pépins techniques en pleine télé? Ponctuée de multiples problèmes de communication avec les nommés, l'expérience en direct du Gala Québec Cinéma a été plutôt douloureuse mercredi dernier. Tenue en deux temps, d'abord sur le web, puis en direct à Bonsoir bonsoir!, la cérémonie aura été une interminable succession d'écrans qui gèlent, de propos inaudibles, quand ce n'était pas des délais de transmission. Pour une réunion Zoom, ça passe encore; pour une remise de prix de cinéma, c'est beaucoup plus gênant, même en temps de pandémie.

Prenant exemple sur le bon déroulement de plusieurs émissions de variétés dans les derniers mois, l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision insiste pour une diffusion en direct, du moins pour l'instant. «Véronique aime beaucoup le direct et elle en a vu d'autres», explique la directrice générale de l'Académie au Québec, Patrice Lachance, qui cite notamment la spéciale fête des Mères d'En direct de l'univers, diffusée en direct avec succès. L'équipe de production observera sans doute ce que feront le gala des Prix Numix, qui souligne depuis hier l'excellence en créativité numérique québécoise en quatre rendez-vous virtuels, et les Daytime Emmy Awards, diffusés le 26 juin à CBS.

On ne sait pas encore si L'avant-première des Gémeaux, qui provient habituellement du Complexe Desjardins l'après-midi du grand gala, aura lieu comme prévu. Heureusement, la délibération des jurys, qui se tenait déjà en ligne, n'a accusé qu'un léger retard. Le dévoilement des nominations, qui aurait dû avoir lieu jeudi dernier, a été reporté au mois de juillet.

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Richard Therrien
<em>Les chefs!</em>: la victoire du grand guerrier

Télé

Les chefs!: la victoire du grand guerrier

CHRONIQUE / Un explosif. Un grand guerrier au coeur tendre. Un tigre! Les superlatifs fusaient lundi soir au terme d'une finale toute masculine des Chefs!, qui a couronné Camilo Nascimento-Lapointe. Celui qui a marqué cette 10e saison par ses tonitruants «Oui, cheeeeeef!», mais surtout par son immense audace culinaire, a ainsi devancé Guillaume Couture, deuxième, et Sébastien Rémillard, troisième. Et il ne l'a pas volé.

Quelle finale enlevante! Cette épreuve ultime fait figure d'olympiades de la gastronomie: les trois finalistes devaient préparer un menu gastronomique de quatre services pour six personnes en cinq heures, ce qui constituaient 24 plats au total. Aux trois juges habituels, Boulay, Laprise et Vari, se sont greffés trois juges invités, Martin Picard, Helena Loureiro et Baptiste Peupion, qui avaient eux aussi à évaluer les performances des finalistes.

«Je ne pensais pas finir», admet Camilo, qui n'a rien négligé pour impressionner les juges: entrée froide de pétoncles, entrée chaude d'esturgeon, magret de canard comme plat principal, et tartelette au citron. «Eh que j'aimerais pas être le citron», a blagué Martin Picard, devant la vigueur de l'aspirant-chef. Sauf pour les agrumes, tous les ingrédients étaient du pays. «Tu m'as bluffé avec le dessert», lui a dit Jean-Luc Boulay, jusque-là sceptique sur la méthode choisie. «Ça fait longtemps qu'on a eu une finale aussi serrée que ça», a convenu Pasquale Vari.

Sébastien, sous-chef à La Tanière à Québec, n'a pas eu l'occasion de compléter la compétition, éliminé après les entrées; son agneau cru n'avait pas «l'effet wow» recherché par les juges. De son côté, Guillaume venait de passer trois jours à cuisiner du riz – une cinquantaine de fois! –, mais son risotto à l'encre n'était pas assez cuit. Le choix des fraises congelées pour le dessert a irrité Normand Laprise. Somme toute, pas de faux pas majeur lundi soir, et aucun n'a véritablement déçu.

Les finalistes nous auront donné des sueurs froides en fin de parcours, mais n'en récoltaient pas moins les éloges des juges. «On pourrait tous les engager», a lancé la plus indulgente du jury, Helena Loureiro, qualifiant ainsi l'assiette de Guillaume, dont la présentation laissait à désirer: «C'est Picasso, c'est beau!» «Prends-le, mets-le dans l'assiette, on va être beaucoup plus calme», a dit calmement l'animatrice Élyse Marquis au sujet du canard de Camilo, un peu impatiente et surtout craintive de ne pas voir l'aspirant-chef finir à temps. Ce qui n'empêchera pas le jury de se délecter de ce plat.

À 45 minutes de la fin, Camilo n'avait pas encore entrepris son pithiviers, son seul plat qui a connu moins de succès chez les juges, particulièrement Martin Picard. En début d'émission, le propriétaire du restaurant Au Pied de Cochon l'avait qualifié d'«émotif et impatient», des caractéristiques inhabituelles chez lui, réplique le gagnant. «Il a fallu que je sorte le démon en moi, que je n'ai sorti que deux fois dans ma vie. Je ne suis pas tant impatient», se défend Camilo.

Hubert Gagnon, la voix d'Homer Simpson, est décédé

RICHARD THERRIEN

Hubert Gagnon, la voix d'Homer Simpson, est décédé

BLOGUE / Le comédien Hubert Gagnon, qui a été la voix québécoise d'Homer dans Les Simpson, de sa création jusqu'à 2017, est décédé du cancer à l'âge de 73 ans. Il était un personnage majeur de l'industrie du doublage au Québec. Ce sont ses collègues qui ont annoncé la nouvelle sur Facebook.

En 2017, il avait dû cesser le doublage des Simpson pour subir des traitements de chimiothérapie, après 27 ans à prêter sa voix à Homer J. Simpson. Il doublait également le grand-père Abe depuis le décès de Jean-Louis Millette. Le comédien Thiéry Dubé l'a remplacé depuis, dans les épisodes diffusés à Télétoon. «Un des acteurs les plus gentils que je connaisse. Toujours souriant, toujours aidant. Un grand bonhomme», nous a confié l'acteur.

Sa collègue des Simpson, Johanne Léveillé, qui fait la voix de Bart depuis les débuts de la série, écrit ceci sur Facebook: «Je suis très très triste. Le monde du doublage et particulièrement les Simpson vont l'être aussi. [...] Je garderai toujours dans mon coeur celui qui fut mon papa si longtemps. Pour toi Homer, D'OH!»

Hubert Gagnon a d'abord égayé toute une génération d'enfants en tenant le rôle de Picabo dans Les Oraliens, à Radio-Québec au début des années 70. On le verra par la suite au théâtre et dans quelques téléromans, dont Mont-Joye, La Petite Patrie, Monsieur le ministre et 4 et demi... Au cinéma, il est apparu dans le film Les beaux dimanches, de Richard Martin.

Depuis les années 90, il se consacrait presque entièrement au doublage, qu'il a enseigné. Au grand écran, il a été la voix de Robert De Niro, Mel Gibson, Christopher Walken, Nick Nolte, Richard Gere, Steven Seagal et Dennis Quaid, entre autres.

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Richard Therrien
Finale de TLMEP: ça a bien été

Télé

Finale de TLMEP: ça a bien été

CHRONIQUE / «Ça va bien aller.» De rassurante au début, cette devise arc-en-ciel finit par en irriter plusieurs, tout comme l'invitation à «se réinventer». Pendant que le pays se déconfine progressivement, Tout le monde en parle a conclu sa saison prolongée et en direct après avoir gâté son public de cinq émissions supplémentaires.

Martin Petit trouve très dur d'écrire en ce moment, dur de créer de l'humour quand on sent la détresse des gens autour. «Il y a aucun chef d'oeuvre qui s'est écrit avec deux enfants qui courent partout», a blagué l'humoriste, pourtant fort inspiré et drôle dimanche soir, et à qui je décerne l'étoile du match. La lecture de son journal de pandémie était hilarante. Sur le deux mètres de distance: «On dirait que le Québec a pogné la sentence d'Éric Salvail.» Martin Petit déteste quand on dit que «la culture doit se réinventer», une formule qu'il trouve insultante et qui «cache une intention qui n'est pas sincère». L'humoriste ne parle pas pour lui mais pour l'ensemble des artistes, qui l'ont appuyé en masse dans sa position. «Même Monique Miller!» s'est-il étonné. Il déplore une déconnexion entre les artistes qui chantent que «ça va bien aller» et les nombreux Québécois qui ont recours aux banques alimentaires. «J'aime pas qu'on se fasse croire que ça va bien quand ça ne va pas bien.»

C'est un Guy Laliberté barbu, au look aventurier, qui s'est présenté sur le plateau, une invitation négociée l'après-midi même. L'invité surprise venait annoncer officiellement vouloir racheter le Cirque du Soleil avec un groupe d'investisseurs. «Le Cirque m'a tellement donné, que de voir la situation dans laquelle il est, si je peux aider, on va être là», affirme le cofondateur de l'institution. «On a un bon plan, on pense qu'on est capable de ramener le feu sacré là-dedans», poursuit Guy Laliberté, qui ne regrette aucunement d'avoir vendu le Cirque. L'homme d'affaires et créateur, qui s'est contenté de hausser les épaules au sujet des intentions de Pierre Karl Péladeau, affirme que la transaction pourrait se faire avec ou sans une aide gouvernementale. Le processus de vente de ses actions du Cirque a été entrepris l'automne dernier, bien avant les rumeurs de pandémie, s'est-il défendu avant de quitter le plateau pour remplir son rôle de DJ.

La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, veut dès maintenant mettre l'accent sur le maintien des aînés à domicile. «On est en deuil au Québec», dit-elle à propos de la situation tragique dans les CHSLD depuis le début de la pandémie. La ministre a souligné les ratés de la réforme Barrette, tant sur la communication dans le milieu de la santé que la pénurie de personnel. «Il n'y a pas de bois mort, il manque de bois», affirme-t-elle. Pour rattraper les retards importants des opérations dans la région de Montréal, la ministre compte recourir aux cliniques privées ou d'envoyer des patients à l'extérieur de la métropole. «On a fait en deux mois ce que normalement ça nous aurait pris deux ans à faire.» «Sentez-vous surtout pas obligée de faire une deuxième saison», a badiné Dany Turcotte sur les conférences de presse de 13h.

Habituée de l'émission, Chantal Hébert s'étonne particulièrement d'une chose durant cette pandémie: «c'est le plus grand moment d'harmonie entre le fédéral et le provincial, comme on n'en a jamais vu». L'analyste politique parle d'Andrew Scheer comme «l'exemple à ne pas suivre», au point que ce sera difficile pour le futur chef de reconstruire le parti. «C'est une question de ton», croit Chantal Hébert, qui a défendu le travail de The Gazette, pourfendu par le premier ministre François Legault. Mme Hébert, dont on a souligné les 45 ans de carrière, se demande si Justin Trudeau, plutôt que de déclencher des élections, ne voudra pas aller au bout de ses quatre ans d'un mandat minoritaire avant de se choisir de se retirer.

«La normalité n'existe plus», martèle François Audet. Le directeur général de l'Observatoire canadien sur les crises et l'action humanitaire considère qu'on fait une erreur quand on parle de «retour à la normalité». «Penser pouvoir retourner là n'existe pas», dit-il, avant de rappeler qu'on devra apprendre à cohabiter avec le coronavirus. Un rapport de son organisme établit que Taiwan a adopté le meilleur modèle de déconfinement, alors que la Suède ne devrait surtout pas servir de modèle pour le Québec. «La Suède a le plus haut taux de mortalité par habitant», observe-t-il, rappelant que la stratégie de ce pays était basée sur l'immunité collective. Le Canada et le Québec se situent dans la moyenne des pays occidentaux.

Le bal MAMMOUTH ne remplacera jamais les vrais bals de finissants, mais sera un baume sur la déception des élèves de secondaire 5, croient ses animateurs Pier-Luc Funk et Sarah-Jeanne Labrosse. Fouki, Marie Mai, Julien Lacroix, Roxanne Bruneau et Math Duff ont déjà confirmé leur présence à cette soirée, qui sera diffusée à Télé-Québec le 19 juin. Sarah-Jeanne Labrosse croit que les tournages de Révolution risquent de reprendre avant les séries de fiction, jugeant le format «potentiellement plus malléable» et l'équipe «ultra motivée».

L'avocat et entrepreneur social Fabrice Vil souligne le rôle essentiel des travailleurs issus de l'immigration dans des vidéos intitulées «Je me souviendrai» et «Marchons unis». Il souhaite que cette devise modifiée devienne un mouvement, pour qu'on n'oublie pas tous les travailleurs de première ligne, la pandémie nous ayant «ramené à l'essentiel», croit-il. Une motion proposée par la députée Catherine Fournier pour régulariser la situation des demandeurs d'asile qui ont travaillé durant cette crise a été rejetée par la CAQ. «Je suis furieux, je ne suis pas juste déçu», dit-il à propos de cette motion appuyée par tous les autres partis.

Richard Therrien
Les multiples vies de Catherine

Richard Therrien

Les multiples vies de Catherine

CHRONIQUE / Sylvie Moreau se fait encore régulièrement parler de Catherine. Le personnage lui a valu le Gémeaux du premier rôle féminin dans une comédie en 2001, mais surtout l’affection d’admirateurs assidus de Catherine, ici et à l’étranger. Le retour de la série sur Prise 2, lundi à 19h30, nous permet de la redécouvrir et de prendre des nouvelles de son interprète vedette, qui ressent beaucoup de fierté en repensant à ce personnage, qui l’a fait connaître au grand public. 

Dans la série, Catherine Beaulieu cohabitait avec Sophie Gaucher (Marie-Hélène Thibault), son véritable contraire, une femme aux règles strictes avec qui elle travaillait dans une agence de publicité. François Papineau, Brigitte Poupart, Martin Dion et, bien sûr, Dominique Michel complétaient le tableau. Catherine a eu plusieurs vies après sa diffusion originale à Radio-Canada de 1999 à 2003, puisqu’elle a été rediffusée à TQS, à ARTV, sur TV5MONDE partout sur la planète, sur Paris Première en France et maintenant sur Prise 2.

Si on retourne à l’origine, le personnage de Catherine Beaulieu a été créé dans la comédie Majeurs et vaccinés, coécrite par Marc Brunet et Stéphan Dubé. Malgré sa popularité, la série a été retirée de l’horaire après seulement 13 épisodes parce que «la direction des programmes de l’époque détestait l’émission, qu’elle trouvait vulgaire», se souvient Sylvie Moreau.

Richard Therrien
Arrêter d’avoir peur

Richard Therrien

Arrêter d’avoir peur

CHRONIQUE / «Il faut foncer, trouver des solutions et arrêter d’avoir peur.» Au téléphone, la réalisatrice québécoise Marie-Pascale Laurencelle, qui s’est installée en France il y a cinq ans, me tient ce discours beaucoup plus rassurant que ce qu’on entend ces jours-ci au Québec. Là-bas, les tournages des séries télévisées ont repris de plus belle, et tout semble bien aller.

«Ça va beaucoup mieux que ce que je croyais. J’appréhendais que ce soit l’enfer, qu’on soit dans les mesures de sécurité plus que dans le travail et ce n’est pas le cas. Tout s’est mis en place assez bien», affirme avec une voix sereine et enjouée la réalisatrice, qui a notamment travaillé sur plusieurs séries jeunesse au Québec comme Tactik, Subito texto, Les Argonautes, de même que des documentaires. Le 13 mai dernier, deux jours à peine après le début du déconfinement en France, elle reprenait le tournage du populaire feuilleton Les mystères de l’amour, diffusé sur TF1 et TMC.

Richard Therrien
TLMEP: un autre crochet sur la <em>Bucket List</em>

Télé

TLMEP: un autre crochet sur la Bucket List

CHRONIQUE / La première chose que Derek Aucoin aurait fait en arrivant sur le plateau de Tout le monde en parle, c'est de prendre Guy A. et Dany dans ses bras. Dimanche, les câlins étaient bien sûr impossibles, mais celui qui se définit lui-même comme un «Teddy Bear» avait mieux à nous donner: courage, persévérance et résilience.

Passer à Tout le monde en parle apparaissait sur sa «Bucket List» (liste de choses à faire avant de mourir). Eh bien, c'est coché; à défaut d'y être en personne, l'homme d'une gentillesse proverbiale a livré son entrevue par Skype. L'ancien joueur du baseball majeur converti en animateur de radio, à qui je décerne l'étoile du match, n'a jamais perdu le sourire ni ce positivisme qui le caractérise si bien. Il y a un an, le colosse a dû être transporté à l'hôpital à la suite d'étourdissements; sans le savoir, il venait de subir plusieurs petites crises d'épilepsie, résultats d'une tumeur au cerveau, incurable mais traitable. Presque un an plus tard, alors qu'il est soumis à un traitement expérimental, il parvient malgré tout à se dire «l'homme le plus chanceux sur la planète».

Son défi 30 jours consiste à téléphoner à deux personnes chaque jour, non pas pour lui emprunter de l'argent ou une tondeuse, mais pour lui dire merci. «Je garantis que ça change la vie des gens», affirme Derek Aucoin, qui nous a certainement offert le moment le plus émouvant de cette avant-dernière de la saison.

Le Dr Horacio Arruda admet avoir été heurté par la réaction sur les réseaux sociaux à sa fameuse danse. «J'ai appris ma leçon», promet le directeur de la Santé publique du Québec, avant d'ajouter: «Je sais comment Véronique Cloutier et Louis Morissette ont pu se sentir après un certain Bye Bye.» Il déplore que les prédictions de l'Institut national de santé publique pour Montréal soient sorties le 8 mai sans mise en contexte, créant un sentiment de panique dans la population. «La presse s'est emparée de la chose, les gens n'ont pas eu l'explication et ça a entraîné de l'inquiétude», analyse-t-il. Celui qui dit n'avoir aucune ambition politique, même s'il ne ferme pas la porte à tout jamais, dit entretenir une excellente relation avec le premier ministre. «Si on n'est pas d'accord, il tranchera, c'est lui l'élu», dit-il ajoutant n'avoir senti aucune pression politique. «Je suis comme je suis. Je vais demeurer un scientifique, qui n'aura pas nécessairement une langue de bois.» Dany avait cette carte pour le docteur: «Horacio, ignorez les constipés du bassin, la danse est un magnifique hommage à la vie.»

Vingt heures par semaine à la barre de Salut bonjour, Gino Chouinard avoue en avoir eu assez de la pandémie la semaine dernière. «Rapidement, je me suis ressaisi», dit-il, rappelant que l'émission est considérée par le gouvernement comme un service essentiel. Même si Salut bonjour commence une heure plus tard, il se lève à la même heure, en raison de la charge de travail, avec six à sept entrevues par jour, au lieu de trois ou quatre. «La survie n'est pas menacée, mais on a vraiment mangé une claque», dit-il au sujet de ses boutiques Chocolats Favoris, faisant référence aux loyers astronomiques. L'entreprise a tout de même su s'adapter en recourant aux ventes en ligne et à la livraison. Sentant qu'il éprouvait des regrets, il a dû justifier un tweet à propos de la danse du Dr Arruda, assis à deux mètres de lui. «Je me suis demandé si la vedettarisation de votre job ne vous avait pas tendu un piège», a admis l'animateur, avant de lui dire toute son admiration.

Une application sur notre téléphone pourrait très bientôt nous aider à prévenir la propagation de la COVID-19 et à calculer notre niveau de risque personnel. «Le processus de traçage manuel n'en viendra jamais à bout, ça va prendre la technologie», affirme la très convaincante Valérie Pisano, pdg du Mila, Institut québécois d'intelligence artificielle. «Ça peut faire peur et c'est normal», affirme le chercheur Yoshua Bengio au sujet du partage de nos données personnelles. Mais COVI, qui serait prête au début juin, respectera «les plus hauts standards de la protection de la vie privée». Ce n'est pas le seul projet sur les rangs, mais l'utilisation de plus d'une application pourrait créer de mauvaises interactions, juge le chercheur. «On a les moyens de changer le cours des choses, comme citoyens», croit Yoshua Bengio, élu à la Royal Society de Londres, tout comme Charles Darwin et Albert Einstein.

On n'a pour ainsi dire rien appris de l'entrevue avec la nouvelle cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, première femme et première personne noire à diriger ce parti. À Luc Ferrandez, qui l'a accusée d'être une politicienne de carrière faisant partie de l'étile libérale montréalaise, elle répond que sa mère était engagée et féministe, que son père a cofondé l'UQAM, et qu'elle a commencé à faire du porte à porte alors qu'elle n'avait que huit ans, à l'époque pour le NPD. Si elle considère que François Legault a fait un très bon travail, elle croit que des questions doivent lui être posées. Elle assume une partie de la responsabilité des libéraux dans la débâcle des CHSLD et reconnaît qu'«on ne sent pas qu'il y a un chef d'orchestre» pour coordonner les CIUSSS, machine créée par son parti. Regrette-t-elle d'avoir quitté la Coalition avenir Québec, maintenant au pouvoir? «Pas un jour de ma vie j'ai regretté cette décision […] basée sur mes valeurs», répond Mme Anglade.

Cri du cœur pour les détaillants de vêtements, au bord du précipice. Debbie Zakaib, directrice générale de la Grappe métropolitaine de la mode, prédit d'autres mauvaises nouvelles à ce sujet «dans les prochains jours». On sentait une certaine détresse chez François Roberge, pdg de La Vie en Rose, qui qualifie la situation d'«insoutenable». «On se fait intimider», dit-il au sujet des propriétaires de centres commerciaux, intraitables sur le paiement des loyers. Pour son entreprise, on parle d'une somme de 5 millions $ par mois. Mêmes exigences du côté de la Ville de Montréal, qui n'a pas donné de congé de taxes aux détaillants. «Je me demande où sont les villes pour nous aider en ce moment», dit-il, rappelant que ses employés ont accepté une baisse de salaire de 20 %. Alors que les Walmart et Costco sont toujours ouverts, M. Roberge comprend mal qu'on empêche les centres commerciaux, aux grands espaces aérés, de rouvrir leurs portes.

Tire le coyote ne souffre pas du confinement, lui dont la tournée prenait fin en décembre, et qui comptait de toute façon sur 2020 pour créer. «C'est comme si le monde entier s'était mis à mon rythme», affirme l'auteur-compositeur-interprète de Québec, qui nous a laissé avec sa magnifique Chanson d'eau douce, un cadeau de fin d'émission qui fait toujours du bien.

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Richard Therrien
Bienvenue dans l’après-vie

Richard Therrien

Bienvenue dans l’après-vie

CHRONIQUE / «Quelle est la récompense pour une vie bien vécue? Les meilleurs jours de votre vie pourraient être après votre mort. Vous avez tout bien fait : vous méritez Lakeview par Horizen», dit la publicité. 

Nous sommes en 2033. On ne parle plus d’aide médicale à mourir, mais de planification de l’«après-vie». Rien à voir avec le mysticisme ou la réincarnation, mais avec la possibilité de transporter votre personne, une fois décédé, dans «le seul environnement numérique de l’après-vie, inspiré des grands hôtels victoriens des États-Unis et du Canada». Moyennant bien sûr un très bon montant d’argent.

Les premières minutes d’Upload, la nouvelle série comique de science-fiction du service de vidéo sur demande Amazon Prime Video, laissent croire à une comédie des années 80 du genre d’Une créature de rêve, avec de bien meilleurs effets spéciaux. La suite révèle une série plutôt divertissante de 10 épisodes, qui se consomme comme un gros bol de bonbons. Surtout pas transcendant, mais un Black Mirror ultraléger, avec du rire, révélateur du narcissisme ambiant et de cette fausse vie qu’on expose en lui donnant l’apparence qu’on veut bien lui donner.

Créée par Greg Daniels (Parks and Recreation, la version américaine de The Office), Upload présente un monde beaucoup trop futuriste pour un avenir si rapproché. Mais après tout, on n’a finalement jamais vécu comme dans Cosmos 1999, et c’est de la fiction. En 2033, donc, on regarde des vidéos entre le pouce et l’index, et on roule dans des véhicules qui ressemblent un peu à des capsules spatiales, qui se conduisent tout seuls. Si vous entrez à l’épicerie, une voix vous rappelle que vous manquez de fer et que vous devriez acheter des épinards. À la pharmacie, c’est pour vous rappeler que votre taille de préservatif est medium. 

Retour de <em>Y'a du monde à messe</em> avec quatre invités au lieu de cinq

Richard Therrien

Retour de Y'a du monde à messe avec quatre invités au lieu de cinq

BLOGUE / Au tour de Christian Bégin de reprendre du service à Y'a du monde à messe, dans une version adaptée aux normes de la santé publique, sans public en studio. Avec quatre au lieu de cinq invités, le talk-show reprendra l'antenne de Télé-Québec, le vendredi 5 juin à 21h, pour sa quatrième saison.

L'émission devait reprendre le 3 avril dernier mais a dû être remplacée par des rediffusions, en raison de la pandémie. Comme l'année dernière, la saison se prolongera à l'automne.

Dans la nouvelle saison, les membres de la chorale occuperont tout l'espace du studio afin de respecter la distanciation sociale, toujours au Théâtre Paradoxe. Un cinquième invité offrira une prestation musicale, sans être à la table.

La liste des invités comprend notamment Jean-Luc Mongrain, Marina Orsini, Alexandre Barrette, Patrice Roy, Julie Le Breton, Maité Bouchard, Marthe Laverdière, Varda Etienne et Olivier Bernard.

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ICI RDI largue ses <em>Ex</em>

Richard Therrien

ICI RDI largue ses Ex

BLOGUE / L'émission Les ex ne sera pas de retour cet automne sur ICI RDI. Diffusée en fin d'après-midi depuis 2018, Mordus de politique avec Sébastien Bovet prendra la relève, de 12h30 à 14h.

Émission phare d'ICI RDI, Le club des ex avait commencé en 2007, durant la campagne électorale québécoise. Alors animée par Simon Durivage, l'émission réunissait Liza Frulla, Marie Grégoire et Jean-Pierre Charbonneau. Michel Viens a pris la relève à l'animation en 2015, puis Julie Drolet depuis 2017.

À travers les années, Christos Sirros, Rémy Trudel, Yves-François Blanchet et Hélène Daneault ont fait partie du trio de débatteurs politiques. Yolande James, Mathieu Traversy et Marie Grégoire étaient de la dernière version de l'émission, interrompue abruptement dès le début de la programmation spéciale sur la pandémie de la COVID-19, ce qui n'a pas permis à l'équipe de faire ses adieux au public. Depuis, les trois anciens parlementaires ont toutefois pu reprendre leurs interventions à l'émission RDI matin.

Dans la dernière année, l'émission avait perdu du terrain, passant de 96 000 téléspectateurs en 2018-19 à 75 000 en 2019-20. ICI RDI précisera dans quelques semaines à quelles tâches sera réaffectée l'animatrice Julie Drolet. Par ailleurs, j'ai appris que le magazine quotidien RDI économie, animé par Gérald Fillion, passera de 30 à 60 minutes dès l'automne, de 18h à 19h.

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Richard Therrien
Pas de <em>District 31</em>, à moins que...

Richard Therrien

Pas de District 31, à moins que...

CHRONIQUE / Lueur d'espoir pour les fans de District 31 et des séries de fiction, qui ne devront peut-être pas attendre un an avant de retrouver leurs personnages préférés. Il faudra alors que toutes les conditions soient réunies afin de ne mettre en danger la santé de personne.

En entrevue au Téléjournal mercredi, Fabienne Larouche évoquait la possibilité de devoir attendre une année complète avant la reprise. Au Soleil, elle précise qu'il s'agit du pire des scénarios, «à moins qu'on trouve un vaccin, un médicament ou que le coronavirus s'affaiblisse». La condition sine qua non pour que les tournages reprennent: «il faudra que les acteurs se sentent en sécurité, ce sont eux qui auront le dernier mot. Tout dépend du degré de risque qu'une personne soit prête à prendre», affirme la productrice de District 31, Toute la vie et de la nouvelle comédie Sans rendez-vous, mettant en vedette Magalie Lépine-Blondeau.

Aetios Productions, la boîte de Fabienne Larouche et Michel Trudeau, étudie plusieurs scénarios. Dans l'éventualité où les tournages reprendraient, il serait impératif d'isoler en trois différents silos les acteurs, l'équipe technique et les employés de bureau, de façon à réduire au minimum les risques de propagation. «Il faudra tourner chaque scène comme lorsqu'on tourne une scène de nudité et ne garder sur le plateau que les personnes essentielles», explique Fabienne Larouche. Aussi, les acteurs devraient porter un masque durant les répétitions, et il n'y aurait aucune retouche de coiffure et de maquillage entre les prises.

De plus, il y a moyen d'exiger des techniciens qu'ils portent des masques et des visières. Testés régulièrement, les acteurs devraient concéder à prêter leur visage à des maquilleuses portant une visière. Toutes ces précautions pourraient être considérées par les compagnies d'assurances, qui n'accepteront pas autrement d'offrir quelque dédommagement que ce soit.

La productrice précise tout de même qu'il y a des limites à ce qu'on peut faire pour organiser un plateau en conséquence, sans que le produit fini ne soit appauvri. «On ne peut pas revenir au temps de Marilyn, avec un seul lieu et trois personnages. Les téléspectateurs vont s'en rendre compte. On ne peut pas dénaturer ou travestir l'oeuvre d'un auteur», explique-t-elle. D'autre part, cela implique des coûts supplémentaires et peut-être moins d'épisodes. District 31 contient des arrestations musclées, des batailles, et occasionnellement des scènes d'amour, qui pourraient difficilement être biffées du scénario. La productrice ne voit pas comment on pourrait exiger des acteurs qu'ils se tiennent à deux mètres de distance. Il n'est pas question non plus d'inclure la pandémie aux scénarios, pour justifier leur éloignement.

Là où les choses se compliquent, c'est qu'une reprise des tournages pourrait impliquer que les acteurs se mettent en quarantaine deux semaines avant un tournage, puis durant les enregistrements, ce qui est pratiquement impossible à envisager. Autrement, si l'un d'eux devait contracter la COVID-19, il faudrait alors interrompre le tournage pour une période de 14 jours, ce qui entraînerait des retards et des coûts supplémentaires. À la limite, on peut modifier un scénario, mais on ne peut pas remplacer un acteur vedette quand bon nous semble. Tourner dans le désordre devient alors hasardeux, s'il fallait tout arrêter.

Le milieu de la production télévisuelle observe entre autres les options envisagées aux États-Unis, où on évoque l'utilisation de panneaux de plexiglas pour isoler les acteurs, qu'on retirerait au montage. Mais le Québec a-t-il les moyens financiers pour se permettre un tel procédé? Fabienne Larouche en doute fortement.

Comme dans toute la profession, la productrice observe chaque jour l'évolution de la situation, et se donne jusqu'au 15 juin pour décider d'une reprise des tournages en juillet ou août. «Mais quand on va avoir le go, on va être prêts à commencer», promet-elle. Dans le meilleur des scénarios, Aetios pourrait tourner toute la première saison de Sans rendez-vous en 25 jours, un premier bloc d'épisodes de District 31 de juillet à octobre, ce qui comblerait les fans jusqu'à Noël, de même que les 12 prochains épisodes de Toute la vie. Croisons-nous les doigts... sans trop gonfler nos attentes!

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<em>District 31</em>: Fabienne Larouche ne croit pas tourner avant un an

Richard Therrien

District 31: Fabienne Larouche ne croit pas tourner avant un an

BLOGUE / Devra-t-on vraiment attendre un an avant de retrouver nos personnages préférés de District 31? C'est ce qu'a laissé entendre la productrice Fabienne Larouche au Téléjournal de Radio-Canada.

En entrevue avec le journaliste Louis-Philippe Ouimet, Fabienne Larouche s'est montrée très pessimiste, rappelant que les productions ne seront pas assurées pour les cas de COVID-19. «Les séries télé, oubliez ça. [...] Je pense pas qu'on va tourner avant un an, [pas avant] qu'il y ait un médicament», a-t-elle dit sans une once d'hésitation. «Qui va venir se faire confiner chez nous? On n'a pas les moyens d'amener tout le monde à l'hôtel et de payer pour eux autres pendant 150 jours de tournage.»

La directrice générale de la Télévision de Radio-Canada, Dany Meloul, se montre pour sa part plus optimiste. «Fabienne veut signaler le pire scénario possible», a-t-elle confié au journaliste. La présidente-directrice générale de l'Association québécoise de la production médiatique, Hélène Messier, croit de son côté qu'il sera possible de tourner des fictions dès cet été pour une diffusion à l'automne, et que les producteurs cherchent des moyens pour y parvenir.

Rappelons qu'Aetios Productions avait interrompu le tournage de District 31 deux semaines avant la fin de la dernière saison. À Bonsoir bonsoir!, Luc Dionne avait affirmé que ces épisodes seraient diffusés en rafale au début de la prochaine saison. Il semble qu'il faudra se montrer beaucoup plus patients. D'autres productions ne peuvent reprendre, dont Léo, Cerebrum et L'Échappée.

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<em>Sucré salé</em> de retour le 8 juin

Richard Therrien

Sucré salé de retour le 8 juin

BLOGUE / À l'image d'autres équipes qui ont repris le boulot, celle de Sucré salé retrouvera le public le lundi 8 juin à 18h30, pour une 19e saison à TVA, avec Patrice Bélanger à l'animation.

Maintenant qu'on voit qu'il est possible de procéder à des tournages sans mettre en péril la santé des membres d'une équipe réduite, on proposera une version remaniée du magazine estival, respectant les mesures gouvernementales.

Patrice Bélanger s'installe cette année à l'hôtel Fairmount Le Reine Élizabeth, dans un environnement qui permettra la distanciation sociale. Comme on le fait à Bonsoir bonsoir!, il lui arrivera aussi de joindre ses invités par Skype, ici comme à l'étranger.

Simon Boulerice, Léa Stréliski et Marie-Christine Proulx s'ajoutent à l'équipe de chroniqueurs à Sucré salé. Sont de retour: Rosalie Bonenfant, Billy Tellier, Eve Côté, Francisco Randez, Marie-Josée Gauvin, Félix-Antoine Tremblay, Varda Etienne et Bryan Audet.

LES TOURNAGES D'«AU SUIVANT» EN JUILLET

Stéphane Bellavance est aux anges: ICI Télé annonce qu'on reprendra en juillet les enregistrements de son jeu Au suivant, très populaire les vendredis soir. Le public sera donc assuré de voir de nouvelles émissions dès l'automne. Bien entendu, le tournage respectera les règles de distanciation physique, comme il se doit. Diffusé depuis l'automne 2016 et adapté d'un format italien, Au suivant implique la manipulation de capsules contenant des montants d'argent. On peut s'inscrire en se rendant sur Radio-Canada.ca/ausuivant. Déjà quelques équipes d'ICI Télé ont réussi à reprendre les enregistrements sans compromettre leur santé. Parmi elles, Tout le monde en parle, Bonsoir bonsoir! et En direct de l'univers.

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Richard Therrien
<em>La loi du plus fort</em>: faudrait se calmer

Télé

La loi du plus fort: faudrait se calmer

CHRONIQUE / Sentez-vous que les gens sont plus à cran depuis quelques semaines? Il suffit de faire un tour sur les réseaux sociaux pour constater à quel point les échanges sont souvent exagérément bouillants. L’animateur Benoît Dutrizac a même fermé son compte Twitter après avoir écrit «va donc chier» à un interlocuteur. Il s’est excusé en avouant : «Je l’ai échappé.»

Faut dire que la bienséance et le débat dans le respect sont souvent en rupture de stock sur Facebook et Twitter, et ce, depuis bien avant la pandémie. C’est après avoir été elle-même victime de cyberintimidation que la journaliste et romancière Nathalie Roy a commencé à travailler sur un documentaire, d’abord concentré sur le harcèlement au travail. Élaboré sur cinq ans en collaboration avec son conjoint Yves Thériault, le projet a évolué vers le thème général de l’intimidation, s’étalant désormais sur trois épisodes, présentés ce soir, demain et jeudi aux Grands reportages d’ICI RDI à 20h. «Pourquoi on a besoin de se parler de cette façon-là?» s’est demandée Nathalie Roy.

Les tournages d'<em>Au suivant</em> reprennent en juillet

Richard Therrien

Les tournages d'Au suivant reprennent en juillet

BLOGUE / Stéphane Bellavance est aux anges: ICI Télé annonce qu'on reprendra en juillet les enregistrements de son jeu Au suivant, très populaire les vendredis soir. Le public sera donc assuré de voir de nouvelles émissions dès l'automne.

Bien entendu, le tournage respectera les règles de distanciation physique, comme il se doit. Diffusé depuis l'automne 2016 et adapté d'un format italien, Au suivant implique la manipulation de capsules contenant des montants d'argent. On peut s'inscrire en se rendant sur Radio-Canada.ca/ausuivant.

Déjà quelques équipes d'ICI Télé ont réussi à reprendre les enregistrements sans compromettre leur santé. Parmi elles, Tout le monde en parle, Bonsoir bonsoir! et En direct de l'univers.

De son côté, Patrice Bélanger annonçait il y a quelques jours son retour comme prévu à l'animation de Sucré salé à TVA.

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Beaucoup de monde pour les spéciales du week-end

Richard Therrien

Beaucoup de monde pour les spéciales du week-end

BLOGUE / L'émission spéciale d'En direct de l'univers a attiré pas moins de 1 462 000 téléspectateurs, samedi sur ICI Télé, alors qu'Une chance qu'on s'a en a retenu 1 822 000 à TVA et 234 000 à Télé-Québec, dimanche soir, pour un total de 2 056 000. Deux excellentes performances pour ces spéciales dédiées aux mamans et aux travailleurs de première ligne.

Tout le monde en parle a pour sa part rassemblé 1 007 000 téléspectateurs dimanche soir.

Ces chiffres impressionnants soulignent l'appétit des téléspectateurs pour des émissions de variétés en ces temps de confinement.

Pour En direct de l'univers, il s'agit de sa meilleure performance. Par exemple, l'émission de Céline Dion avait intéressé 1 170 000 téléspectateurs, en septembre 2016.

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Richard Therrien
TLMEP: les confinés heureux

Télé

TLMEP: les confinés heureux

CHRONIQUE / Y'en a pour qui le confinement est une prison, qui meurent d'envie de sortir pour retrouver un semblant de «vie d'avant». Et y'en a qui s'accommodent plutôt bien de cette vie d'intérieur, qui y trouvent même un certain réconfort, une occasion inattendue de s'accorder du temps à soi, et qui ne voient pas l'urgence de sortir à tout prix. Déconfiner ou rester confiné, il en a beaucoup été question dimanche sur le plateau de Tout le monde en parle.

Prenez Yvon Deschamps et Judi Richards, pour qui la vie n'a pas tellement changé, eux qui n'étaient déjà pas des «sorteux»; le couple radieux, à qui je décerne l'étoile du match pour son positivisme à toute épreuve, a accordé l'entrevue de son domicile de l'Île-des-Soeurs. Ensemble depuis plus de 50 ans – elle a 70 ans, lui 84 –, ils partagent leur temps entre le sudoku et la technique Nadeau! Marie-Soleil Michon, qui habite leur immeuble, joue les livreuses à leur intention. À regret, ils ont dû rentrer de la Floride un mois plus tôt que prévu, prenant le soin de tout nettoyer sur leur passage et traînant leurs propres draps dans les hôtels! Favorable au déconfinement progressif des aînés, Yvon a fait promettre à Judi de ne jamais l'envoyer dans un CHSLD. «On va rester ensemble jusqu'à la fin, c'est sûr et certain», a enchaîné la chanteuse, l'amour dans les yeux.

Le confinement, François Pérusse connaît ça depuis longtemps. «Ça n'a rien changé, je sors aussi souvent que je sortais avant, c'est-à-dire pantoute! [...] Ça fait 59 ans que je suis en confinement, je m'embarrais aux toilettes au début», a blagué l'humoriste, qui soufflera 60 bougies en octobre. Les fans confinés lui réclamaient des sketchs, il leur en a donné: ses capsules ont depuis franchi la barre des 50 millions de vues sur YouTube. Bonne nouvelle: l'exercice lui a donné envie de produire un nouvel album, ce qu'il fera. L'humoriste admet néanmoins «trouver ça long» de travailler en solo dans son studio et songe à des collaborations, quand la crise se sera estompée.

Normand Laprise craint que la moitié des restaurants ne se remettent pas de la crise. «Surtout les jeunes qui venaient de démarrer leur entreprise», anticipe le juge des Chefs!, qui déplore que les restaurateurs ne soient pas consultés pour une éventuelle réouverture, afin de se préparer en conséquence. Copropriétaire du Grumman'78, Gaelle Cerf admet qu'elle ne serait pas en mesure de rouvrir en juin, si c'était la consigne. «J'ai la chienne, honnêtement. Je ne vois pas comment je pourrais protéger mon personnel sur une terrasse ou dans une salle à manger. On est obligé de se toucher, de se coller», fait-elle remarquer. Elle pense à son busboy, à son plongeur... et au client «un peu chaud» qui ne respecterait pas les consignes. «Ça va être vraiment long. Il va falloir qu'on se réinvente», affirme celle qui est aussi vice-présidente de l'Association des restaurateurs de rue du Québec. Normand Laprise trouve un réel avantage à ce confinement: il n'a pas passé une seule soirée sans manger avec ses filles vers 19h, ce qui est tout à fait inhabituel.

La pandémie était probablement à 2 ou à 3 sur une échelle de 10 du radar du gouvernement Legault, estime le chef du bureau politique au magazine L'Actualité, Alec Castonguay, qui a rédigé un fascinant reportage sur les coulisses de la gestion de crise. On y apprend entre autres qu'Horacio Arruda n'avait jamais rencontré François Legault auparavant. «Ça donne une idée de l'impact de la Santé publique dans l'entourage d'un premier ministre», commente le journaliste, qui illustre aussi la lourdeur bureaucratique, un des obstacles majeurs depuis le début de la crise. «Ça a pris 10 jours pour apprendre que la résidence Herron était en difficulté. Je pense qu'ils l'ont encore sur le cœur.» Alec Castonguay constate une fatigue chez le trio santé. «Le marathon est long, les conférences de presse sont longues. Préparer une heure de conférence de presse, c'est presque une demi-journée de travail.» Il est vrai que la Santé publique a pas mal tout décidé du confinement, mais c'est moins vrai pour le déconfinement, beaucoup plus complexe. «La science ne dit pas quelle tranche d'âge doit revenir au travail, quel secteur faut ouvrir en premier», illustre M. Castonguay.

«On n'est pas à l'étape où on devrait donner de dates pour déconfiner Montréal», croit pour sa part la microbiologiste-infectiologue Cécile Tremblay. Du moins pas avant de remplir tous les critères de déconfinement. Selon elle, les gens ne pensent alors qu'au déconfinement et en oublient les mesures de distanciation sociale. «Donner une date, ça crée du stress et du désespoir quand on l'annule», poursuit Nimâ Machouf, épidémiologiste à la clinique médicale du quartier latin, qui croit néanmoins à la nécessité de déconfiner quand ce sera possible. De son côté, Cécile Tremblay n'adhère pas à la mesure permettant aux proches aidants d'entrer dans les CHSLD sans avoir subi de tests de dépistage. «Il me semble que ce serait très logique de tester, particulièrement dans les endroits où il n'y a pas de cas.» Presque 300 000 morts dans le monde, bientôt 3000 au Québec, ce qui représente 1% du nombre total... «C'est beaucoup», admet Mme Tremblay, qui pense qu'on devra se poser des questions sur l'importante propagation dans les CHSLD.

S'il avait des enfants au primaire, le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, les enverraient à l'école dès cette semaine, contrairement à Justin Trudeau, qui s'interrogeait sur le même plateau le dimanche précédent. «Pourquoi on priverait nos enfants d'Alma et de Gatineau parce qu'à Montréal, on a plus de difficultés avec la pandémie? » demande le ministre, qui assure que la décision de rouvrir est basée sur la science, non pas sur l'économie. «55% des parents font le choix d'envoyer les enfants dans les écoles primaires», dit-il, ajoutant ne vouloir mettre de pression sur personne. «C'est pas des meilleurs parents parce qu'ils décident d'envoyer leurs enfants à l'école ou de les garder.» S'il fallait refermer, tout se ferait rapidement, promet M. Roberge, assurant que le personnel a été informé d'un protocole et que des trousses d'urgence sont mises à leur disposition. 

Comment mieux conclure l'émission qu'avec une prestation de Patrick Watson, qui était sur ce même plateau en février? «Prendre soin des autres, c'est la façon la plus efficace de se protéger soi-même», croit l'artiste, ajoutant qu'il faudrait prendre le temps de bien faire les choses avant un déconfinement trop rapide. «Le monde qui ne prend pas ça au sérieux manque de respect aux gens qui ont perdu beaucoup», s'est-il permis de dire, avant de reprendre l'envoûtante Here Comes the River.

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Richard Therrien
Merci France Beaudoin

Richard Therrien

Merci France Beaudoin

CHRONIQUE / J'essaie de me souvenir d'une émission de variétés qui m'ait autant ému et je n'y arrive pas. Même Véronic DiCaire, qui arrivait après Le ciel est backorder de Tire le coyote, a dû chanter Hallelujah les yeux en larmes, tellement l'émotion était à fleur de peau. Mais en cette fête des Mères, Dieu que cette soirée faisait du bien et qu'on en veut encore et encore.

Ce n'est pas une pandémie qui allait empêcher France Beaudoin et sa vaillante équipe d'En direct de l'univers de se retrousser les manches, et d'honorer les mamans du pays comme il se doit. L'émission spéciale de 90 minutes qu'on nous a présentée samedi soir était non seulement un exploit technique en direct, mais aussi un spectacle dont chaque instant allait droit au cœur.

Comme si c'était possible dans le cas d'En direct de l'univers, on sentait une charge émotive supplémentaire samedi sur ICI Télé; malgré la distanciation physique, les artistes affichaient un réel plaisir de se rassembler et d'accomplir ce qu'ils aiment le plus faire au monde. Ils savaient à quel point le public avait envie de célébrer enfin avec eux.

Bâtie à partir des titres que les téléspectateurs souhaitaient offrir à leur mère, l'émission a été saupoudrée de multiples moments de bonheur, comme l'arrivée surprise de Lunou Zucchini, digne fille de sa mère Luce Dufault, pour un bout d'Une sorcière comme les autres d'Anne Sylvestre. Quelle superbe voix. Petit moment de grâce aussi quand Stéphanie Lapointe a repris à distance Smile, berçant son bébé d'à peine 17 jours. Dur de ne pas échapper quelques larmes en entendant Ingrid St-Pierre dans une version feutrée de C'est beau la vie, avec sur écran, 10 belles dames centenaires totalisant 1000 ans à elles seules. Encore plus dur en voyant la même Ingrid St-Pierre, en larmes, voir sa propre mère lui chanter à merveille L'amitié de son Témiscouata natal, s'accompagnant de sa guitare. De quoi nous achever.

L'émission n'allait certainement pas négliger les aînées, séparées de leurs familles. Chacune de leur participation donnait lieu aux moments les plus émouvants, parce qu'on connaît leur solitude, leur douleur d'être loin des leurs. De son balcon, la grand-maman d'Antoine Gratton, âgée de 109 ans, a eu la surprise de voir arriver son préféré Marc Hervieux, lui chanter L'hymne à l'amour. Sur une note plus légère, le «choeur du chez-eux des artistes» allait permettre à quatre mamans septuagénaires, Judi Richards, France Castel, Patsy Gallant et Shirley Théroux, de participer à la soirée à partir de chez elles pour J'entends frapper.

Richard Therrien
<em>Une chance qu’on s’a</em>: pour sortir de la déprime

Richard Therrien

Une chance qu’on s’a: pour sortir de la déprime

CHRONIQUE / Alors qu’on commence à déconfiner graduellement, Une chance qu’on s’a, la grande émission spéciale présentée dimanche à 19h30, à TVA et à Télé-Québec, se fera à l’extérieur des maisons des vedettes. Et oui, Céline va chanter. 

Alors que les deux soirées du genre proposées aux États-Unis et au Canada anglais étaient filmées en mode confinement avec des téléphones ou des ordinateurs personnels, Une chance qu’on s’a a été tournée à moitié en studio, à moitié à l’extérieur. «On voulait ramener un peu de beau à la télé et sortir de nos cuisines et de nos salons, avoir de la lumière, être plus heureux que déprimé, plus joyeux que mélancolique», promet le producteur Jean-Philippe Dion, chez Productions Déferlantes.

C’est TVA qui a proposé l’idée d’un grand rassemblement télévisuel au gouvernement du Québec, qui contribue financièrement au projet, avant que Télé-Québec se greffe comme codiffuseur. L’équipe ne se l’est pas donné facile, «avec toutes les contraintes possibles et inimaginables de tournage à respecter en ce moment», convient Jean-Philippe Dion. «C’est un très bon exercice, parce que c’est la première fois qu’on verra un grande variété de cette envergure tournée avec les règles de distanciation.»

Alors qu’une telle soirée nécessite souvent de quatre à six mois de préparation, Productions Déferlantes n’avait que deux semaines pour tout mettre en branle, élaborer le concept, trouver un décor, enregistrer les prestations et convaincre Céline Dion d’y participer. «Nous avions une équipe technique réduite au minimum. Oubliez les murs d’écrans vidéo, on a pris un coin du décor de La voix aux studios Mels, qu’on a maquillé. C’est très sobre, mais ça fait vraiment l’affaire. Le but, c’est d’avoir de bonnes chansons et de bons interprètes, pas de gagner un prix pour le décor.» 

Sur le plateau, l’équipe était tenue à la plus grande prudence. Le masque était obligatoire et on limitait les déplacements par zones, avec des agents de sécurité aux endroits stratégiques.

«On veut raconter ce que tout le monde vit depuis deux mois. Évidemment, on fera un hommage aux personnes décédées, mais on aura des moments plus ludiques pour parler des couples et des familles confinées, des sessions Zoom avec les collègues, des coupes de cheveux, saluer les grands-parents qui s’ennuient de leurs petits-enfants et les gens du public qui ont eu des initiatives extraordinaires, que ce soit les enseignants, les préposés aux bénéficiaires, un petit garçon qui a préparé des iPad pour les CHSLD», confie le producteur.

Bonne nouvelle : Céline Dion ne se contentera pas de dire un mot à la sauvette, on l’entendra aussi chanter. «Aussitôt qu’on a fait le demande, son équipe a dit oui. Il fallait trouver la bonne participation, que ce soit simple, parce qu’elle aussi est confinée dans sa maison. La vidéo a été tournée mardi soir à Las Vegas. Céline s’adresse aux Québécois et va participer à la chanson finale.»

Marie-Claude Barrette, Mélissa Bédard, Marie Soleil Dion, Pier-Luc Funk, Marc Labrèche et Gildor Roy se relaieront à l’animation de cette émission de 90 minutes, sans pause publicitaire. L’événement rassemble pas moins de 80 artistes, dont Lara Fabian, Ginette Reno, Koriass, Sarah-Jeanne Labrosse, Les Trois Accords et, bien sûr, Jean-Pierre Ferland, à qui on a emprunté la chanson la plus rassembleuse qui soit pour le titre de l’émission, Une chance qu’on s’a

«Le but de l’émission, c’est de faire du bien au monde, de lui changer les idées, de revoir les artistes qu’on aime, mais aussi de laisser une trace en amassant des fonds pour S.O.S. violence conjugale et Les Petits Frères», conclut Jean-Philippe Dion, qui compte sur la générosité du public.

Par ailleurs, France Beaudoin propose ce soir à 19h sur ICI Télé une émission spéciale d’En direct de l’univers de 90 minutes, dédiées aux mamans pour la fête des Mères. Une autre occasion de trouver réconfort et encouragement.

Richard Therrien
Un Hollywood fantasmé

Télé

Un Hollywood fantasmé

CHRONIQUE / Le Hollywood de l’après-guerre que vous verrez dans la série du même nom sur Netflix n’est pas cette usine à rêves que l’on connaît, mais bien celle qu’elle aurait pu devenir. Sulfureuse, intrigante, clinquante, Hollywood mêle fiction et réalité en se permettant de corriger l’histoire.

Créée par Ryan Murphy (Glee, American Horror Story) et Ian Brennan (Glee), et en ligne depuis le 1er mai, cette minisérie de sept épisodes se promène entre la comédie et le drame, soulignant à gros traits les travers homophobes, sexistes, racistes de cette Hollywood de la fin des années 1940. Et de montrer toute cette humiliante docilité, bien souvent sexuelle, à laquelle doit se prêter tout ce beau monde, pour espérer accéder à la célébrité. Plus ça change...

Richard Therrien
<em>Rue King</em>: arrange-toi avec ça

Télé

Rue King: arrange-toi avec ça

CHRONIQUE / Rue King, la nouvelle comédie improvisée en ligne demain sur le Club illico, se situe quelque part entre Dieu merci!, le mur penché de Ce soir tout est permis et les matchs de la Ligue nationale d’improvisation. Dans le cadre d’une sitcom enregistrée devant public, on vous donne un canevas de départ, on vous lance dans le vide tout en vous donnant des indications précises à suivre.

Alors que le format original allemand, Schiller Street, misait sur un long sketch d’une heure, où le public n’avait accès qu’à un certain nombre d’indications données aux acteurs, notre version propose plusieurs scènes dans un même épisode, chorégraphiées par Stéphane Bellavance, qui parle aux comédiens à partir d’un studio adjacent, mais que le public entend, un peu comme il le faisait dans Arrange-toi avec ça sur VRAK. Le meneur de jeu se dit lui-même «à la fois leur metteur en scène et leur pire cauchemar».

Qui sont les personnages de Rue King? Trois colocs d’un loft de Sherbrooke : Pier-Luc (Funk), dont c’est le premier appartement, Marie-Ève (Morency), intense et volontaire, de même que Sophie (Cadieux), avocate de 42 ans, mais encore dans la vingtaine dans sa tête. Le trio vit au-dessus d’un café-bar-buanderie. Mehdi Bousaidan joue le meilleur ami de Pier-Luc, secrètement amoureux de Sophie, Stéphane Crête, le proprio, et Sylvie Moreau, la mère de Pier-Luc. À eux se joignent des acteurs invités comme Julien Lacroix, qui joue un coloc indésirable, Anne-Élisabeth Bossé, la cousine de Sophie en peine d’amour, et Marie Soleil Dion, une soupirante de Marie-Ève. La plupart sont des pros de l’impro.

Exemple d’indications que Stéphane Bellavance peut donner au beau milieu d’une scène : «Pier-Luc, Sophie fait un beau ménage, mais toi, tu défais son ménage.» Ou encore : «Sophie, tu vas faire quelque chose de beaucoup trop intense pour montrer que t’es pas vieille.» Après quoi, la comédienne fait la split une bière à la main. Histoires d’amour impossible, ancienne conquête qui débarque et party où Pier-Luc tente de séduire une fille, toutes les situations prêtent aux gags improvisés.

Même si un scénario de départ était écrit, les comédiens avaient carte blanche pour changer la trajectoire de l’histoire. Ainsi, à la fin d’un épisode, un personnage a fait une demande en mariage, qui a été acceptée. «Entre chaque scène, nous n’avions que cinq minutes pour nous réaligner, mais on finissait toujours par retomber sur nos pattes», raconte le producteur au contenu, Vincent Bolduc. Outre les scénaristes, les techniciens ont dû également s’ajuster aux «choix» des acteurs, qui devenaient en quelque sorte des auteurs. 

Outre le titre et les images de la ville dans le générique d’ouverture, il est très peu question de Sherbrooke dans cette Rue King. «On a voulu sortir la sitcom du milieu urbain montréalais et on voulait une ville universitaire, avec une vie culturelle, sociale, sportive vivante. On aimait aussi le nom de la rue King, parce que c’est quand même des kings de l’impro qu’on a», explique Vincent Bolduc. Les 10 demi-heures ont été tournées en à peine cinq jours. Pas de chance de se reprendre, une seule prise. Je m’attendais à assister à plus de fous rires et de décrochages de la part des improvisateurs, qui restent relativement disciplinés, du moins dans les trois épisodes qu’on a vus.

Rue King est la première sitcom — style en recrudescence chez le jeune public — de Club illico, qui nous a habitués à de grandes dramatiques et des séries documentaires de qualité. «C’est du fou rire garanti», promet la vice-présidente Commercialisation et Contenu chez Vidéotron, Caroline Paquet. Ça dépend pour qui, ai-je envie de répondre. Moi qui adore le genre, je salue l’effort de jumeler l’improvisation à la sitcom, mais en ce qui me concerne, le résultat est rarement drôle, et on finit par se dire que, pour la télé, il n’y a rien de mieux que des textes bien écrits et révisés à plusieurs niveaux.

Richard Therrien
<em>Minuit, le soir</em>: genèse d’une série gagnante

Richard Therrien

Minuit, le soir: genèse d’une série gagnante

CHRONIQUE / Si l’on peut trouver des avantages à ce confinement, c’est de nous permettre de revoir ou de découvrir des séries de qualité, comme Les invincibles et C.A. Jeudi, ce sera au tour de Minuit, le soir de réapparaître sur ICI Tou.tv, dans la section gratuite. Déjà à la première saison, à l’hiver 2005, plus de 1,2 million de téléspectateurs sont accrochés aux mésaventures de ce trio de gars et de son exigeante patronne, le mercredi à 21h30, tout de suite après Les Bougon

«Pour moi, ça a été la série la plus agréable que j’ai faite dans ma vie», me confie d’emblée Claude Legault, coauteur avec son complice Pierre-Yves Bernard, en plus de jouer Marc Forest, un des trois portiers de bar. «C’est vraiment là que je me suis trouvé, comme acteur et comme auteur. Je suis sorti de ma coquille, grâce à Podz beaucoup, grâce aux textes. J’ai pu atteindre des paliers de jeu que j’ignorais être capable d’aller chercher.»

Pierre-Yves Bernard et lui avaient terminé quatre ans plus tôt Dans une galaxie près de chez vous, et cherchaient un nouveau projet. «Au départ, on voulait faire un show de police — c’était bien avant 19-2. Mais Claude Meunier développait déjà Détect Inc. Alors, on a laissé ça de côté, se souvient Claude Legault. J’avais vu une pièce en Belgique intitulée Les videurs et j’ai proposé d’en acheter les droits, mais ils appartenaient déjà à Michel Côté et des associés. C’est là que Pierre-Yves a proposé de faire notre propre série sur des doormen. Moi, j’avais plus envie de faire un film de Dans une galaxie. Alors, on s’est entendu pour mener les deux de front.»

Dès le départ, il était convenu que Claude jouerait un des trois portiers, Marc. «On lui a inventé un passé pas trop le fun. Fallait qu’il ait une certaine dose d’agressivité et de force même s’il était petit par rapport aux autres.» Le choix de Louis Champagne pour jouer un des deux autres portiers était tellement évident qu’on a prénommé le personnage Louis. «Il n’était pas si connu que ça, dans le temps. Notre productrice Diane England nous a prévenus que Radio-Canada demanderait à passer d’autres comédiens en audition. Mais dans notre tête, notre choix était fait.»

Enfin, Julien Poulin est venu compléter le trio pour le rôle de Gaétan. «On a été déculottés par lui. Il était tellement touchant. Il avait seulement de la difficulté pour les scènes où il devait être agressif. Fallait qu’on croit qu’il soit capable de casser la gueule de n’importe qui. Mais ça s’est très vite arrangé, et il nous a fait brailler en audition. Il y avait une chimie entre nous avant même qu’on joue ensemble», raconte Claude Legault, présent à toutes les auditions.

Puis, restait à trouver l’actrice capable de jouer l’antagonisme amoureux avec Marc, la nouvelle propriétaire qui veut moderniser le SAS, Fanny. «L’arrivée de Julie Perreault a été un moment magique. Je trouve que c’est avec ce rôle-là qu’elle a explosé, qu’elle s’est révélée comme la grande actrice qu’elle est.» 

Avant Minuit, le soir, le réalisateur, Podz, arrivait de 3 x rien, où il avait entre autres dirigé Julie Perreault. Une série que Claude Legault aimait beaucoup. «Podz a donné à Minuit, le soir sa couleur particulière, qui magnifiait les textes. Il aime les acteurs, il nous poussait dedans, et on avait totalement confiance en lui.» 

Ajoutez au quatuor vedette Stéphane Gagnon, qui jouait Yan, «un des pires trous de cul de l’histoire de la télévision», et la musique de Nicolas Maranda, «un personnage en soi», et vous avez une série gagnante. «Nous avions une équipe tellement soudée. Un alignement de planètes qui a donné un univers unique, qu’on n’a pas vraiment revu par la suite à la télévision québécoise», croit Claude Legault.

Attendue comme une comédie, Minuit, le soir s’est plutôt démarquée par ses textes profonds et ses scènes souvent très intenses. «C’était un peu inconscient de notre part. On a continué comme ça et ça a donné la couleur de Minuit, le soir.» 

Mais aux moments dramatiques se greffait un humour noir irrésistible, jamais bien loin. Comme ces noms que Marc trouvait pour ses chats dans le dictionnaire : Véranda, Homosexuel, Laryngite, Porte-avions, Scrotum. Ses pauvres compagnons, qui finissaient tous au cimetière de sa cour arrière, comme un karma funeste qui poursuivait Marc. «Quelques années avant, j’avais perdu un de mes chats, Crapule, que j’avais eu durant 16 ans. Je l’ai enterré dans la cour en braillant comme un veau. Pierre-Yves a ressorti cette idée-là.» Le chien, qui s’appelait Chat, allait briser le mauvais sort.

Pour donner le plus de crédibilité possible à son personnage, Claude Legault s’est entraîné intensivement cinq fois par semaine pour gagner de la masse musculaire. «J’ai réduit mon taux de gras de 22 à 12, et j’ai gagné 15 livres de muscle. Ça paraissait à l’écran», se souvient-il. C’est aussi pour Minuit, le soir que l’acteur a multiplié les scènes de nudité, justifiées par la nature volage du personnage. «On était dans l’univers de la drague. Une fois que ses pulsions sexuelles étaient comblées, Marc était incapable de recevoir de l’amour. C’est pour ça qu’il trouvait le moyen de chasser les filles avec des enregistrements douteux.»

Comme pour Les invincibles, Minuit, le soir s’est arrêtée après trois saisons, en pleine gloire et après une bonne quinzaine de Gémeaux. «Dès la saison deux, Pierre-Yves a établi qu’on en ferait trois. Moi, s’il m’avait dit qu’on en faisait une quatrième, j’aurais dit oui. Pierre-Yves se tanne plus vite que moi. On ne pouvait pas le forcer à en faire plus», raconte Claude Legault. 

Après deux films de Dans une galaxie près de chez vous, le duo profite du confinement pour compléter un troisième opus, tant attendu. «On communique par Skype trois à quatre fois par semaine. Ça nous fait du bien. Si un nouveau film de Dans une galaxie pouvait sortir dans les deux années qui vont suivre la pandémie, je pense que ça ferait du bien à tout le monde.» 

L’an dernier, Legault et Bernard ont coécrit Appelle-moi si tu meurs, diffusée en ce moment le lundi à 22h sur AddikTV, et ne ferment pas la porte à une deuxième saison.

Sachez qu’en plus de l’intégrale de Minuit, le soir, ICI Tou.tv mettra en ligne jeudi les saisons deux et trois des Invincibles, de quoi vous distraire plusieurs heures de la COVID-19.