Télé et radio

Séries+ et Historia repartent la machine

CHRONIQUE / On peut dire que Séries+ et Historia ont manqué d’amour durant la dernière année. Presque à l’abandon, ces deux chaînes n’avaient rien de nouveau du Québec à annoncer. C’est qu’elles étaient en suspens; Corus, leur propriétaire depuis 2013, a voulu les vendre à Bell, mais le Bureau de la concurrence s’y est opposé. Qu’allait maintenant en faire l’entreprise ontarienne?

La décision de Séries+ de ne plus commander de fictions québécoises après le succès de Plan B avait suscité l’indignation. Après tout, cette chaîne avait fait naître plusieurs séries très appréciées par le passé, dont François en série, Mon meilleur ami, La marraine et Vertige. Cette décision, prise dans le contexte de la revente de la chaîne, a mal paru et fait passer Corus pour un géant ontarien qui se foutait du Québec.

Télé et radio

MusiquePlus: c’est vraiment la fin

CHRONIQUE / Il y avait bien longtemps que MusiquePlus n’était plus une chaîne musicale. Combien de fois tous ses propriétaires ont annoncé un virage pour cette chaîne jadis chérie des amateurs de musique, qui a révolutionné la façon de faire de la télévision et créé des vedettes comme Sonia Benezra, Claude Rajotte et Véronique Cloutier?

Créée par Moses Znaimer et Pierre Marchand en 1986, MusiquePlus s’éteindra officiellement à la fin du mois d’août pour laisser place à une nouvelle chaîne de séries et de films s’adressant principalement à un public féminin. Groupe V Média, qui en a fait l’acquisition avec MusiMax en 2014, considère que «le statu quo n’était plus possible» en ce qui concerne MusiquePlus. Les récentes tentatives de gonfler les parts de marché n’ont pas été à la hauteur des attentes de l’entreprise, qui a choisi de mettre la hache dans le nom et la vocation de plus en plus floue de cette chaîne.

V est conscient qu’il tourne une page importante de l’histoire de la télé en abandonnant la marque de MusiquePlus, pourtant encore forte. «C’est une des marques média les plus connues au Québec, qui est ancrée dans l’inconscient collectif. Mais on a constaté que cet attachement relève de la nostalgie et ne s’inscrit plus dans la réalité d’aujourd’hui», explique Dimitri Gourdin, vice-président exécutif et chef de la stratégie corporative du Groupe V Média. Les parts de marché de MusiquePlus vivotaient à 1 %.

L’entreprise souhaite ainsi reproduire le succès de Max, l’ancien MusiMax, qui a augmenté ses parts de marché de 75 % l’automne dernier. Elle se vante même d’avoir dépassé Séries+ durant les Fêtes avec une programmation spéciale. N’empêche, quand on sait que Séries+ et AddikTV jouent dans les mêmes talles, Max réussit bien à tirer son épingle du jeu, notamment grâce à une entente avec FX, la chaîne spécialisée de Fox aux États-Unis.

En quoi la nouvelle chaîne qui prendra la place de MusiquePlus se démarquera-t-elle de Max, aussi consacrée aux séries de fiction? «On est en discussions avec de grands joueurs à l’international, tant pour l’identité de la nouvelle chaîne que pour les contenus», affirme Dimitri Gourdin. On peut penser par exemple qu’elle pourrait porter le nom d’une marque, comme c’est le cas pour Hallmark Channel ou Disney Channel. Cet ajout d’une nouvelle chaîne de fictions ne risque-t-il pas de faire monter les enchères pour l’acquisition de séries internationales?

Cette décision n’est pas une bonne nouvelle pour la production de séries originales québécoises, puisque ni Max ni la future chaîne n’en diffuseront pour l’instant. Avec la fin de MusiquePlus, on largue aussi le talk-show OD+ en direct, qui visait à faire migrer une partie de l’auditoire d’Occupation double vers cette chaîne. L’entreprise n’ayant plus de productions originales à ces antennes, Groupe V Média se départira cet été d’un de ses deux studios, le «A», dans son immeuble situé à l’angle des rues Sainte-Catherine et de Bleury. Seul le studio «B», où est actuellement tournée L’Open Mic de..., sera conservé.

Il y a bien longtemps que MusiquePlus s’était départie de ses VJ pour les remplacer par des téléréalités souvent de qualité douteuse. On a ensuite fait l’acquisition de séries de superhéros comme Marvel : les agents du S.H.I.E.L.D. et Supergirl, qui déménageront à Max. «La musique d’aujourd’hui est consommée sur les plateformes numériques et absolument plus à la télévision», rappelle Dimitri Gourdin. L’abolition des genres imposés aux chaînes spécialisées par le CRTC permet à Groupe V Média de faire ce qu’elle veut de MusiquePlus. Sa seule contrainte est de contribuer à un fonds spécial pour soutenir la production de vidéoclips.

M. Gourdin assure que cette décision n’entraînera aucune mise à pied puisqu’une nouvelle chaîne sera lancée, mais il évite de mentionner que plusieurs pigistes œuvraient sur les émissions originales diffusées à MusiquePlus, que ce soit Buzz ou OD+ en direct.

Chronique

Réal Giguère, Monsieur Télévision, n’est plus

CHRONIQUE / Il y a de ces voix, de ces visages, qui finissent par s’ancrer dans votre quotidien, devenant presque un membre de la famille. Personnage incontournable de la radio et de la télévision durant cinq décennies, Réal Giguère fait partie de ceux-là. Monsieur Télé-Métropole, qui avait quitté l’écran depuis deux décennies, s’est éteint lundi à l’âge de 85 ans, à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. La télé perd tout un monument.

M. Giguère, qui incarnait la classe et parlait un français impeccable, a choisi de mettre ces talents au service du divertissement pur. Le public lui a toujours voué une grande affection. À l’écran, il pouvait commettre les pires folies, misait beaucoup sur l’autodérision en se plaçant dans les situations les plus ridicules, comme il pouvait mener les entrevues les plus sérieuses, avec le plus grand respect de ses invités. Un art qu’il a pratiqué avec brio au talk-show Parle parle jase jase, à l’heure du souper, de 1975 à 1979.

Né en 1933 à Montréal, il entreprend sa carrière à la radio de CKAC dans les années 50, avant de passer brièvement à la télévision de Radio-Canada en 1957. Mais c’est véritablement à Télé-Métropole qu’il devient une figure familière du public. Pionnier de la télévision dite populaire, Réal Giguère incarnait à lui seul le canal 10. Il était là à l’ouverture de la station, qui venait faire concurrence à Radio-Canada, en 1961. À travers les années, il cumulera les succès comme Dix sur dix, Réal Giguère illimité et Madame est servie.

Surnommé «le gros parfait» par Les Cyniques, Réal Giguère a longtemps essuyé les moqueries sur son surplus de poids et son rire gras. Il a choisi d’en rire à son tour. En 1962, il endisquait Gros jambon, une version française de Big Bad John, plus récitée que chantée, mais dont il vendra plus de 300 000 exemplaires.

L’homme, pourtant rieur à l’écran, l’a avoué lui-même : il n’avait pas un caractère facile. Le magazine TV Hebdo lui a un jour accordé son prix Citron de l’artiste le plus désagréable avec les journalistes. Il lui est arrivé plus d’une fois de tenir tête à ses patrons, et de claquer la porte quand il n’obtenait pas satisfaction. C’est arrivé en 1979, alors qu’il a abandonné l’émission Les matins de Réal à TVA, en pleine saison, un geste qu’il regrettera. Il fera un bref passage à Radio-Canada en 1982 pour écrire la comédie Métro boulot dodo, un cuisant échec.

Je ne crois pas avoir manqué une seule émission de Galaxie, qui recevait chaque jour cinq étoiles du showbiz, pour répondre à des questions. Le jeu a duré cinq ans à TVA, de 1983 à 1988. Tout en animant Galaxie, on lui confie dans les années 80 l’émission de bien-cuit Club Sandwich, dont une édition spéciale durant laquelle sont remis les tout premiers trophées Artis. Puis en 1991, on lui confie la version québécoise de Jeopardy! pendant deux saisons. Réal Giguère, qui adorait faire rire, a aussi touché à la scène, notamment en jouant dans La cage aux folles. Élu Monsieur Télévision en 1962, il reçoit l’Ordre du mérite de l’Association canadienne de la radio en 2000.

Parallèlement à sa carrière d’animateur, il a signé plusieurs téléromans, dont un avec Claude Jasmin, Dominique, un gros succès de TVA, diffusé de 1977 à 1979, avec Dominique Michel dans le rôle-titre. Il créera plus tard ce qu’on appellera le «Dynastie» québécois, L’or du temps, qui tiendra l’antenne de TVA durant huit saisons, de 1985 à 1993, et qui sera le premier téléroman à parler aussi crûment d’homosexualité et de consommation de drogues.

Son fils, le comédien et photographe Sylvain Giguère, issu d’un premier mariage, a partagé la triste nouvelle sur Facebook lundi soir. Réal était le frère de Roland Giguère, cofondateur du réseau TVA, décédé en 2005, et le père de Magalie, qu’il a eue avec sa deuxième femme, Paulette.

Longtemps omniprésent, M. Giguère avait choisi de se retirer de l’espace public après la fin de Reporter, qu’il a animée durant une saison à TVA, en 1996. En 2011, Éric Salvail l’avait convaincu de lui accorder une longue entrevue, en plus de participer à l’émission Fidèles au poste!, à TVA. Ce sera sa dernière apparition publique, mais il serait bien étonnant qu’on la rediffuse un jour.

RICHARD THERRIEN

Deux millions pour «La voix»

BLOGUE / La première de «La voix» a rallié 2 035 000 téléspectateurs dimanche soir à TVA. C'est plus que l'an dernier, alors que l'émission dominicale en avait retenu 1 938 000.

La vraie nature, dont c'était aussi le retour, et qui recevait Paul Houde, Éric Gagné et Cathy Gauthier, a été vue par 821 000 fidèles. En début de soirée, l'émission Vlog en a retenu 944 000.

Sur ICI Radio-Canada Télé, Tout le monde en parle a attiré 949 000 téléspectateurs.

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.

Télé et radio

Resplendissante Nathalie

CHRONIQUE / Il y avait longtemps qu'on avait vu Nathalie Simard aussi sereine et resplendissante, à distribuer les bravos autour d'elle. Beaucoup de modèles inspirants au pied carré dimanche à «Tout le monde en parle», un antidote à la grisaille et au découragement.

Il y a près de 20 ans que Nathalie, à qui je décerne mon étoile du match, n'avait pas enregistré un album de chansons originales. Je veux vivre vise entre autres à encourager les victimes à dénoncer leur agresseur. «Les gens n'étaient pas prêts à entendre ça», croit-elle au sujet de sa dénonciation de Guy Cloutier il y a déjà 15 ans. «C'est comme si la victime devient jugée alors que ça devrait être le contraire», ajoute-t-elle pour expliquer «l'acharnement» dont elle dit avoir été l'objet. Ses retrouvailles sur scène avec son frère René, pour la chanson «Tourne la page», est un des plus beaux moments de sa carrière. «Parce que jamais personne va pouvoir briser une famille.» Nathalie avoue avoir pensé souvent au suicide. «Mais c'est ma fille [Ève, 25 ans] qui m'a gardée en vie.» Finie la cabane à sucre, qui a mis en péril son mariage.

Pier-Luc Funk n'a que 24 ans, mais quelle carrière déjà. Et on le verra dans la série Fragile de Serge Boucher avec Marc-André Grondin. La vie que menait l'acteur adolescent à l'époque de Tactik n'était pas de tout repos, entre les tournages et les devoirs. «C'était terrible. […] On avait deux jobs à temps plein et on ne pouvait pas choisir l'école», affirme Pier-Luc Funk, qui a eu peur de ne pas compléter son secondaire, mais qui y est parvenu. À ses côtés, Nathalie Simard, dont l'enfance a été consacrée au showbiz, a avoué n'avoir pas terminé son secondaire deux. Pour Pier-Luc, la LNI est son gym, qui lui permet de garder son talent de comédien et son imagination bien alertes. Le Jérémie de Mémoires vives vient de tourner dans le nouveau film de Xavier Dolan, un ami pour qui il n'a que de bons mots. «C'est un enfant. C'est l'enfant le plus professionnel que je connaisse. Quand il tourne, t'as l'impression qu'il déballe un cadeau la veille de Noël.»

Les enfants québécois qui vivent avec un trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) se font prescrire trois fois plus de psychostimulants que les autres jeunes Canadiens. «On nous met beaucoup de pression pour qu'on en prescrive», déplore le pédiatre Guy Falardeau, signataire d'une lettre dénonçant l'abus de médicaments pour traiter le TDAH. Sa collègue Valérie Labbé explique que les pédiatres, formés pour traiter des maladies physiques, se retrouvent avec une majorité de cas de santé mentale. «On croit que c'est rendu un problème de société», dit-elle. Elle prône l'activité physique et la diminution des écrans consultés. «Scusez, j'écoutais pas», a blagué Pier-Luc Funk, qui vit lui-même avec un TDAH. Se trouver une passion, voilà la clé pour en adoucir les effets, croit l'acteur, pour qui les médicaments ont eu des effets néfastes au départ. «La plupart des humoristes, d'après moi, sont TDAH», croit Valérie Labbé. Deux fois plus de garçons en sont atteints que les filles. «L'école est pensée par des femmes», observe Mme Labbé, qui affirme que ce sont des mères qui se retrouvent dans son bureau.

Une blessure à la cheville a beau avoir mis fin à sa saison de football, Laurent Duvernay-Tardif n'en reste pas moins l'être exceptionnel qu'il est. N'a-t-il qu'un seul défaut? «Il joue pour les Chiefs», a blagué un partisan des Patriots sur Twitter. Craint-il de voir son remplaçant, Andrew Wylie, très performant, lui voler sa place? «Tu y penses. C'est un monde hyper compétitif la NFL», admet le joueur. Et si vous pensiez qu'il fabriquait vraiment des bols en bois, comme dans les publicités : «J'en ai fait un ou deux pour le fun, et c'est à peu près tout!» Figure inspirante, il était le candidat rêvé pour porter la cause des journées de la persévérance scolaire. «Chaque petit geste peut faire une différence dans la vie académique des jeunes», croit celui qui est en plus un amateur d'art.

«À faire sentir n'importe qui comme une beurrée de marde!» s'est exclamé Alexandre Barrette, qui passait tout de suite après le médecin footballeur, mais qui a été fort drôle dimanche. «Je suis toujours un peu bandé sur la scène», a poursuivi l'humoriste de 37 ans en élaborant sur le titre de son nouveau spectacle, Semi-croquant. «Si ça te dérange pas, on va juste revenir à mon entrevue», a envoyé Barrette à Guy A., qui racontait une anecdote personnelle. «Je me sentais comme le B dans le nom Lefebvre, zéro rapport là», dit-il pour décrire son impression lorsqu'il est entré au gym pour la première fois. Il a «zéro respect» pour ceux qui plagient les gags des autres comme on le dit de Gad Elmaleh. «Je trouve ça minable, dégueulasse.» Drôlement, l'animateur de Roast Battle a devancé le fou du roi, qui lui avait écrit : «C'est quoi la différence entre Alexandre Barrette et Alexandre Taillefer? Toi, au moins, tes taxis sont payants!»

Les réseaux sociaux ont du bon : ils ont permis à Roxane Bruneau d'accéder au public, d'intéresser les radios et de vendre 20 000 exemplaires de son album. Trop timide pour mettre sa musique en avant, elle a commencé avec des vidéos humoristiques. «J'avais peur de tout, j'avais peur d'avoir peur», confie celle qui semble pourtant en confiance. L'énergique et sympathique chanteuse, qui a donné un des meilleurs segments de l'émission, regrette ses «stretchs» aux oreilles, une décision de jeunesse qui est aussi une de ses marques physiques distinctives.

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.

Télé et radio

«La voix»: un premier blocage et Corey Hart

CHRONIQUE / Pour la septième saison de «La voix», il fallait surprendre le public avant de le voir se lasser de la formule. Pas de grands coups de coeur, mais une entreprise en grande partie réussie dimanche soir à TVA, pour la première de cinq auditions à l'aveugle. Mais il y a des choses qui ne changent pas, comme les discours inspirés d'Éric Lapointe, et l'ardeur d'une Lara Fabian pleinement dans son élément. En prime: un candidat mystère du nom de Corey Hart.

Pour lancer cette septième saison, on a mêlé les coachs aux gagnants des précédentes éditions pour La danse du smatte de Daniel Lavoie, dans un réjouissant numéro d'ouverture, qui lançait bien cette soirée. Le nouveau bouton «bloqué», qui permet à un coach d'empêcher un rival d'être choisi par un candidat, n'a servi qu'une fois jusqu'à maintenant; Alex Nevsky a bloqué le passage à Lara Fabian, qui aurait bien aimé enrichir son équipe de Ferline Regis, d'origine haïtienne, un match tout naturel. La tactique du blocage met du piquant, mais a tout de même un peu gâché le moment de la candidate, qu'on a presque oubliée pendant la séance de règlement de comptes entre les deux coachs. «Je vais te lécher en direct», a menacé Lara à un Alex heureux d'exploiter son «petit côté sadique». Ça ne l'a pas servi, puisque Ferline a finalement choisi Marc Dupré. Celui-ci a aussi été le choix de Jacob Guay, qui avait été sélectionné pour The Voice Kids en France, portant maintenant la moustache, comme témoin des années qui passent.

Cette première réservait quelques bonnes surprises. Comme l'arrivée sur scène d'un candidat mystère, nul autre que Corey Hart, qui a mystifié les coachs. Il sera membre honoraire de l'équipe d'Éric Lapointe, qui l'a séduit en lui disant que le premier spectacle qu'il a vu au Forum était le sien. Rappelons que le réalisateur Jean-François Blais a laissé tomber l'idée des mentors cette année. Corey Hart sera de retour pour la finale. Ça tombe bien, la coqueluche des années 80 a des billets à vendre pour son spectacle du 6 juin prochain au Centre Vidéotron.

On a simulé un problème technique pour faire entrer en secret la famille de Briana Victoria, tout droit venue du Mexique. Très émue, la jeune femme n'avait pas vu sa grand-mère depuis l'âge de deux ans. «C'est pas une aventure, c'est pour la vie», a lancé Éric à la candidate, qui a plutôt choisi Alex.

Beaucoup d'émotion pour Lara Fabian, la seule à se retourner pour Mory Hatin, d'origine libanaise. Neuf ans plus tôt, un spectacle de Lara au Liban avait été annulé, pour des raisons politiques. Rendez-vous manqué, mais repris toutes ces années plus tard à La voix. Ariane Drapeau, 20 ans, de l'Anse St-Jean, est sans doute la candidate la plus singulière de la soirée. En bas de laine sur la scène, elle a offert une interprétation unique de Va-t'en pas de Richard Desjardins. Les coachs ont été convaincus à la dernière seconde, mais Éric Lapointe a obtenu sa faveur.

Réjouissant de voir une candidate de la première saison, Samantha Neves, pour qui personne ne s'était retourné, voir les quatre coachs lui dire «Je te veux». Tony Crow, le rockeur de la soirée, a chanté derrière le rideau Oh! Darling de Lennon et McCartney. «Un tank!» s'est exclamé Éric Lapointe, en voyant le jeune homme de 20 ans, au petit gabarit, avant d'ajouter : «À côté de toi, j'ai l'air d'un Petit Chanteur du Mont-Royal.» Puis : «Le feu est en train de prendre dans mes bottes.» Qu'il opte pour Éric aurait été convenu; Tony a plutôt choisi Lara, qui n'en revenait pas comme nous.

Chaque fois que les coachs ne se sont pas retournés, ils ont eu raison. À Émilie Durand-Grenier, Lara a fait répéter les premières phrases de sa chanson, I Want You Back, en prononçant davantage. Et on a vu le résultat. Personne n'a appuyé non plus quand Mélissa Martin a repris Pour l'amour qu'il nous reste de Francine Raymond. «Dis à ta voix comment raconter un texte», a conseillé Lara. Maxime Lavallée-Lang a offert un bien sympathique Dédé, mais il manquait quelque chose pour que ça passe.

Parmi les bons points, on n'a pas raconté les malheurs des candidats, dimanche. Que de belles histoires, et surtout une quête commune de pouvoir chanter devant un public et obtenir l'aval des coachs. Du côté des bémols, pas sûr que le passage où Éric Lapointe s'est emparé d'une caméra et qu'Alex Nevsky a chanté spontanément était nécessaire. C'est bien de voir les coachs déconner, mais ce qu'on veut voir le plus et surtout entendre, ce sont les candidats. L'enrobage musical de la nouvelle version est aussi un peu trop discret.

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.

RICHARD THERRIEN

L'adaptation française de «Pour Sarah» prend forme

BLOGUE / La populaire série québécoise «Pour Sarah» sera adaptée à la télévision française. Le tournage de cette minisérie de six épisodes, diffusée sur TF1, doit commencer le 18 février à Perpignan et à Paris, rapportent plusieurs sites français.

L'acteur Clément Rémiens, bien connu en France pour son rôle de Maxime dans le soap de TF1 Demain nous appartient, repris ici à Séries+, tiendra le rôle de Cédric, joué dans la version originale par Félix-Antoine Duval. Celui de Sarah sera par ailleurs incarné par Eden Ducourant.

Diffusée en 2015 à TVA et signée Michelle Allen, Pour Sarah était inspirée d'une histoire vraie, celle de Justine Rozon, fille du producteur François Rozon, elle-même victime d’un accident alors qu'elle était à bord d'un véhicule conduit par un conducteur en état d'ébriété. La jeune femme en a conservé de lourdes séquelles. La série avait valu le prix Artis du rôle féminin dans une télésérie à Marianne Fortier, interprète de Sarah. Hélène Florent, Sylvain Marcel et Patrice Robitaille faisaient aussi partie de la distribution.

Parlant de Demain nous appartient, les fans québécois de la série ont eu une mauvaise surprise jeudi en constatant que leur feuilleton quotidien n'apparaissait plus à la grille de Séries+, remplacé par des reprises de Rizzoli & Isles. Sur la page Facebook de la chaîne, on indique avoir complété le premier bloc de programmation de 190 épisodes. «Il n'y a pas de rediffusion prévue à court terme et il est encore trop tôt pour vous confirmer les dates de diffusion des nouveaux épisodes de la série sur nos ondes.» Discours différent aux communications, qui expliquent plutôt que «l'équipe de la programmation est en réflexion en ce qui concerne l'acquisition de la suite de la série.» À suivre.

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.

RICHARD THERRIEN

Radio-Canada ferme son bureau de Beyrouth

BLOGUE / Dans une nouvelle approche de couverture internationale, Radio-Canada a décidé de fermer son bureau de Beyrouth. Ce seront désormais des envoyés spéciaux qui couvriront le Moyen-Orient pour le diffuseur public.

Marie-Ève Bédard, qui occupait ce poste depuis octobre 2013, sera donc rapatriée à Montréal en juin prochain.

D'autres mouvements surviendront chez les correspondants, notamment par le retour de Jean-François Bélanger, qui était à Paris depuis l'automne 2014, de même que Christian Latreille, posté à Washington depuis la même année. Leurs successeurs n'ont pas encore été désignés.

Dans une note interne obtenue par Le Soleil, la directrice générale de l'information des services français, Luce Julien, et la première directrice programmation, nouvelles, actualité et déploiement information, Ginette Viens, expliquent vouloir «développer une offre de déploiement à l’international plus souple, plus agile, plus numérique, aux formats et destinations plus variés. Le tout dans le but de proposer des incursions et un regard à multiples facettes dans des régions de la planète que nous fréquentons moins.»

Toujours selon cette note, les économies issues de la fermeture du bureau de Beyrouth permettront de «rediriger le budget [...] à des projets rattachés à cette nouvelle approche. Celui-ci sera totalement dédié à l’actualité internationale. Nous sommes convaincus que ce choix fera rayonner davantage la couverture internationale de Radio-Canada.»

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.

Chronique

Changement de Voix

CHRONIQUE / On le sait : la septième année est souvent charnière. «La voix», qui reprend dimanche à 19h à TVA avec les auditions à l’aveugle, sort de ses confortables pantoufles, brasse sa formule et se donne un tout nouveau look. Et vous verrez la différence. Dans le thème musical, dans le décor, et surtout, avec l’arrivée du bouton «bloqué», qui apparaît désormais aux côtés du fameux bouton rouge devant chaque coach.

C’est dans le souci de «protéger la marque» et de la perpétuer pour encore longtemps que le diffuseur et les producteurs ont changé l’équipe de réalisation et de mise en scène, après six saisons sous la gouverne de Stéphane Laporte. Une fois qu’on a dit ça, on ne réinvente pas le jeu. Les quatre coachs doivent toujours se constituer chacun une équipe de 12 candidats. Jusqu’à la 13e et dernière émission, le 5 mai prochain. Charles Lafortune reprend l’animation, et Marc Dupré reprend son siège, laissé momentanément à Garou, aux côtés d’Alex Nevsky, d’Éric Lapointe et de Lara Fabian.

C’est dans la version américaine que Jean-François Blais a vu pour la première fois le concept de bouton «bloqué», qu’il a eu l’idée de reprendre pour pimenter notre version. Il permet aux coachs d’empêcher un de leurs rivaux de recruter un candidat. Attention, cette tactique ne peut servir qu’une fois pour chaque coach, mais peut faire toute la différence et permettre plus de diversité dans chaque équipe. Si Lara Fabian veut empêcher Éric Lapointe de mettre la main sur un rockeur, ou si Alex Nevsky veut dévier une chanteuse à voix de l’équipe de Lara, ils pourront le faire. Attendez-vous à des revirements spectaculaires.

En prenant les choses en main, Jean-François Blais (En direct de l’univers, Gala Artis) a laissé tomber un certain nombre d’éléments, par exemple les mentors, qui assistaient les coachs. Chaque équipe aura plutôt un membre honoraire célèbre. Leur identité sera dévoilée au cours des semaines.

Le réalisateur a aussi aimé de la version britannique le fait qu’on voit les interactions des coachs entre les prestations. Ce que les anglophones appellent du small talk pourra paraître superflu, mais le réalisateur souhaitait illustrer la véritable complicité qui règne entre les coachs. Par contre, il y a des choses qu’on préfère laisser aux versions étrangères. Imaginez : dans certaines d’entre elles, quand les coachs ne se retournent pas, ils restent dos aux candidats sans s’expliquer, même après la prestation, un choix qui passerait sans doute très mal chez nous. «C’est important que le candidat sache pourquoi on ne s’est pas tourné», pense le réalisateur, aussi metteur en scène et producteur associé.

«Est-ce qu’on peut voir ta révolution?» demande à la blague Marc Dupré, en référence à l’émission de danse. Sachez que ce n’est pas parce que les maîtres de Révolution se montrent plus sévères, que les coachs de La voix le seront pour autant. «Tout peut se dire tant que le coach est à l’aise de le dire», explique Jean-François Blais. Dans la première émission, ce rôle de «dire les vraies choses» revient surtout à Lara Fabian, qui donnera quelques séances de coaching en pleine émission.

Même La voix extra, l’hebdomadaire de coulisses d’Anouk Meunier, a pris un coup de jeune. Plutôt que de revenir sur les émissions du dimanche, on a choisi de s’attarder chaque semaine à un thème, comme les familles des candidats ou la préparation des coachs avant les enregistrements. C’est le mercredi à 19h30. Au fait, rien de nouveau sur les menaces d’expulsion de Yama Laurent, la gagnante de l’an dernier. La production assure qu’elle est soutenue par Musicor et qu’elle détient un permis de travail. «Ça suit son cours», nous dit-on.

Chronique

Des aveux un peu tièdes

CHRONIQUE / Depuis la première saison d’«Unité 9» qu’on attend ce jour fatidique. Celui où Marie (Guylaine Tremblay) annoncerait à Lucie (Émilie Bibeau) qu’elle n’est non pas sa sœur, mais bien sa mère. Un secret bien enfoui, que seule une poignée de personnes avait le privilège de connaître.

Si vous n’êtes pas à jour, je vous suggère de revenir me lire plus tard. L’auteure Danielle Trottier a réussi à faire durer le suspense jusqu’à la septième et ultime saison, mais ce moment est enfin arrivé mardi soir, au 162e épisode. La soudaine leucémie de Lucie a forcé cet aveu tant attendu, Marie ayant été désignée comme donneuse potentielle de moelle osseuse. Comme si, après l’avoir tant repoussé, elle avait sauté sur l’occasion pour se libérer de ce terrible aveu.

Je l’avoue : je m’attendais à un moment plus solennel. L’auteure a plutôt choisi de lancer cette bombe en milieu d’épisode, à travers une conversation intime entre les deux femmes, perdant sans doute l’occasion d’en faire un grand moment de télé. Affaiblie par la maladie, Lucie a à peine réagi, sans colère ni amertume. J’ai même eu envie de reculer l’image pour être bien sûr que Marie avait bien craché le morceau qu’elle retenait pourtant fermement depuis toujours. Dommage. J’ai vibré pas mal plus lorsque Lucie a chassé Marie de sa vie avec fracas, l’automne dernier. Peut-être trop marquée par la nouvelle, Lucie n’a encore posé aucune question sur ses origines, mais on devine qu’elle le fera dans un prochain épisode. Je ne demande pas qu’elle arrache son soluté, mais que ce qu’elle apprend la chamboule un peu.

L’événement arrive pourtant au cours d’une mi-saison parmi les plus palpitantes des dernières années à Lietteville. Le personnage de Boule de quille, joué magistralement par Kathleen Fortin, a créé de bien intenses moments, parfois d’une violence inouïe comme mardi, d’autres fois, d’une grande tendresse. Un mélange de rage et de grande fragilité.

Comme c’est souvent le cas dans les séries d’ici comme d’ailleurs, les méchants du début s’adoucissent et s’humanisent en fin de parcours. Comme si l’auteure voulait les laisser sur une note plus heureuse. Prenez Despins (François Papineau), qui a osé de bons mots à l’endroit de Marie à son anniversaire. Et qui semble cette fois dévasté après la mort de sa fille. Ou encore l’IPL Koffi Yatabéré (Gouchy Boy) au maximum, attendri par la nouvelle détenue Coicou (Schelby Jean-Baptiste).

Les invisibles en arrachent

C’est peine perdue pour Les invisibles, toujours boudée par le public de TVA. Lundi soir, à peine 397 000 irréductibles ont assisté à la transformation soudaine de Rachel Graton en humoriste vulgaire, pas le meilleur épisode. À 21h, sur ICI Radio-Canada Télé, Les pays d’en haut a retenu 905 000 fidèles. À 19h, District 31 se maintient à 1 466 000 contre 812 000 pour Un zoo pas comme les autres. À 19h30, En tout cas (836 000) reprend le dessus sur Lâcher prise (744 000). Attendez de voir, dans la comédie d’Isabelle Langlois, la mentor de Valérie, jouée par Marie-France Lambert, qui agit en robot et l’accueille très froidement à son nouvel emploi. C’est déjà sur l’Extra, si vous ne pouvez attendre au prochain épisode. Toujours lundi, à 20h, L’Échappée (925 000) maintient sa domination sur Une autre histoire (681 000), dont la lenteur me rebute un peu. Le tricheur est la deuxième émission millionnaire de la soirée avec 1 017 000.