Protégez vos soldats de la santé

CHRONIQUE / «Les gens mentent. Ils nous cachent leurs symptômes. » Les infirmières sont nos soldats de premières lignes, ce sont elles qui sont au front. Protégez-les et évitons qu’elles tombent au combat.

Une infirmière qui oeuvre dans un hôpital de Québec me racontait, mercredi soir, comment certains citoyens, qui se présentent dans les urgences ou à leurs rendez-vous médicaux, cachaient leur état de santé. Alors que plusieurs travailleurs de la santé dénonçaient les vols d’équipement de protection dans les hôpitaux, voilà qu’une autre problématique met à risque les infirmières et les médecins.

« Je veux travailler, j’aime ma profession, mais les patients mentent, ne sont pas transparents et nous sommes exposés à des grands risques », estime cette infirmière.

Cette jeune femme est actuellement tiraillée entre son travail et sa famille. Elle est la maman d’un petit garçon né prématurément et qui souffre de plusieurs problèmes pulmonaires encore aujourd’hui. Il doit se soumettre à des traitements quotidiens à la maison.

L’infirmière veut assurer son rôle en cette période pandémique, mais elle veut aussi, et surtout, protéger ses enfants.

« L’autre soir. J’ai été possiblement à risque. J’ai quitté ma chambre (d’hôpital) en pleurant, je suis allée me laver à la douche. J’ai fini mon quart les cheveux mouillés et angoissée », raconte cette infirmière, qui somme les gens d’être honnêtes s’ils présentent des symptômes grippaux.

Elle ne veut pas devoir abandonner ses fonctions, mais elle craint pour la santé de ses enfants.

Elle espère maintenant que la population respectera les consignes du gouvernement et celles du personnel soignant et que les patients répondront la vérité aux questions posées par les infirmières lors de l’admission à l’urgence, par exemple.

Ce n’est plus une question de simple civisme, c’est une question de sécurité et de santé publique.