Protection des personnes mineures contre les abus sexuels

CHRONIQUE / Cette semaine, plus de 150 personnes parmi lesquelles l’Évêque du diocèse, des prêtres, des diacres et leur épouse, des agents pastoraux laïcs, des personnes bénévoles en paroisse, des membres des communautés religieuses, des membres du personnel de l’évêché et dans les paroisses, étaient réunies soit à Alma ou à Jonquière, dans le cadre d’une formation sur la Protection des personnes mineures contre les abus sexuels, document de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC). Pour nous présenter ce document paru en 2018, le conférencier invité était Mgr Roch Pagé, prêtre du diocèse de Chicoutimi, expert en droit canon et vicaire judiciaire du Tribunal d’appel du Canada. Ce dernier a été le conseiller canonique pour la rédaction de ce document.

Lorsqu’il est question du scandale des abus sexuels sur des personnes mineures, nous avons l’impression que ce sujet date de quelques années seulement. Or, si nous remontons dans les années 1980, nous pouvons nous souvenir du grand bruit provoqué par la dénonciation des abus sexuels à l’Orphelinat de Mount Cashel à Terre-Neuve. À la suite de ce scandale, la Conférence des évêques catholiques du Canada avait publié des directives, faisant d’elle le chef de file en la matière.

Protocole

Dans notre diocèse, c’est en 1994, qu’un Protocole concernant les allégations d’abus sexuel par un agent de pastorale comprenant l’évêque, les prêtres, les diacres et les agents pastoraux laïcs, a été mis en place. Depuis, des révisions de ce protocole ont été faites à cinq reprises, incluant celle de 2018, afin de répondre aux exigences du document mentionné ci-haut.

Formation offerte à tous les intervenants

La formation proposée par notre évêque et son équipe était très attendue par les personnes œuvrant au sein de notre diocèse. Tout ce que les médias nous ont rapporté depuis plusieurs mois sur les scandales mis à jour aux États-Unis, en Europe et ailleurs, ont provoqué une profonde aversion dans l’ensemble de la population et au sein des membres de tout le personnel ecclésial. Ajoutons à cela l’humiliation ressentie par la majorité des membres du clergé et des religieux qui, le plus honnêtement possible, vivent leur vocation dans la fidélité et avec intégrité. Au-delà de ces quelques évocations, il y a cette incompréhension quasi indescriptible, que nous avons face à l’ampleur des scandales mis à jour. Il y a cette impression, malheureusement fondée dans bien des cas, que peu de choses ont été faites à l’égard des victimes, lorsque celles-ci dénonçaient les abus sexuels qu’elles ont subis.

Chez nous, au Québec comme au Canada, les autorités ecclésiales ont fait des efforts considérables pour mettre en place des procédures à appliquer dans les cas de dénonciation d’abus sexuels de la part des évêques, des prêtres, des diacres, des religieux ou des agents pastoraux laïcs. À cela s’ajoute également ce qui s’est fait en matière de prévention.

Au diocèse de Chicoutimi

Devant l’ampleur du phénomène, le document publié par la Conférence des évêques catholiques du Canada, qui a été la raison d’être de notre formation au sein du diocèse, a été bien accueilli par les personnes présentes chez qui les attentes étaient très grandes.

Il a été bon de réentendre de la part de Mgr René Guay, évêque de notre diocèse, que toute démarche des victimes faite auprès de nos autorités diocésaines est vraiment prise au sérieux.

En matière de prévention, et afin de se rendre encore plus conforme aux recommandations et aux procédures que l’on retrouve dans le document de la CECC, les personnes œuvrant dans les paroisses et au diocèse seront rencontrées dans les prochains mois. Le protocole leur sera présenté, s’assurant ainsi d’une bonne compréhension de leur part et de l’importance de sa mise en application.

Le témoignage des victimes démontre noir sur blanc que la prévention des abus sexuels doit être une responsabilité qui incombe à tout le monde, et ce, à tous les échelons de la société et de l’Église.

Pour ceux et celles qui souhaitent avoir accès au document Protection des personnes mineures contre les abus sexuels, vous pouvez vous rendre à l’adresse suivante : www.cccb.ca/site/images/stories/pdf/Protection_des_personnes_mineures_2018.pdf.

Jean Gagné, prêtre

Responsable diocésain des communications