Netflix

Pourquoi pas la post-production?

CHRONIQUE / Je suis un peu beaucoup en retard sur l’actualité, mais bon, je me disais que comme tout le monde semblait parti pour ajouter son grain de sel à ce sujet, quelqu’un finirait par en parler, mais non.

Alors hop, alors que le grand marathon de l’opinion à propos du mystérieux accord entre le gouvernement canadien et Netflix est fini depuis belle lurette et que plus personne n’attend qui que ce soit au fil d’arrivée, me voilà donc, arrivant d’un pas lent et même pas essoufflé.

Mais c’est quoi au juste ce truc dont je m’attendais à ce que quelqu’un finisse par en parler ?

Eh ben, c’est en lien avec la langue française.

Mais bon, avant d’aller plus loin, je veux être certain qu’on se comprenne bien.

Tout d’abord, je suis nul avec les chiffres. En fait, bien que je n’aie aucune connaissance en ce qui a trait au cantonnais écrit, je suis certain que ça serait quand même moins du chinois pour moi que des colonnes de chiffres. Alors mettons ici de côté tous ces trucs de pourcentages et de taxes qui auraient pu être perçues. De toute façon, le Québec ne jure plus que par mon collègue Pierre-Yves McSween à cet effet.

Maintenant que c’est dit, concentrons-nous plutôt sur un point qui ne semble pas avoir été abordé lors de l’entente entre le gouvernement canadien et Netflix. 

Certes, la ministre Mélanie Joly était bien heureuse d’annoncer qu’une partie de l’argent investi par Netflix au Canada serait réservée aux productions québécoises. Or, je dis juste ça comme ça, mais produire des émissions et des films, ça peut coûter très cher. 

Ainsi, même si Netflix investissait quelques millions de dollars par année dans des productions québécoises, je me permets de me poser la question à savoir dans quelle mesure cela nous serait profitable. Et là, je dis ça en pensant à toutes ces nombreuses productions qui sont déjà financées par nos propres organismes.

Et si à la place de vouloir produire à tout prix des trucs afin de rentabiliser cette somme d’argent, nous la réservions plutôt au financement de sous-titres et/ou de doublages qui seraient alors disponibles pour les clients canadiens et francophones de Netflix ?

Parce que oui, un catalogue Netflix accessible dans la langue de Molière (du moins, par l’entremise de sous-titres si nécessaire), c’est possible. On n’a qu’à penser au catalogue de la France où la presque totalité des productions sont offertes avec une piste française et sinon, avec des sous-titres français.

Évidemment, comme je vous disais, je vous lance ça tel un authentique gérant d’estrade qui ne connaît rien à rien. Or, il me semble que si on concentrait cette somme d’argent dans la postproduction, on maximiserait ces dollars et en plus d’en faire profiter à davantage d’artisans du milieu, Netflix en tirerait certainement profit, car elle agrandirait considérablement son bassin d’abonnés potentiels qui refusent d’adhérer au service en raison d’une présence trop faible de titres en français.

Peut-être aussi que je vous raconte tout ça et qu’en fait, ce fut un sujet au coeur des discussions entre la ministre et Netflix. Et en toute honnêteté, j’en serais ravi, car cela signifierait que le gouvernement canadien est soucieux de la place du français dans notre pays.

Mais bon, mis à part faire un Gabriel Nadeau-Dubois de soi et annuler son abonnement à Netflix en leur signifiant notre point de vue sur leur façon de faire, tout ce qu’il nous reste comme choix, c’est d’écouter le conseil de la ministre Joly et ainsi, de fermer doucement les yeux en attendant de connaître toutes ces belles choses inconnues qui sont supposées survenir dans les prochains mois, suite à son entente avec la compagnie américaine.

En tout cas, si jamais cette histoire finit par coûter à Mélanie Joly son poste de ministre, avec des belles annonces vagues comme elle sait si bien les faire, elle pourra très bien se recycler en fée des étoiles.

Ça, c’est une bonne nouvelle pour elle.