Je m'amuse encore parfois certains soirs à imaginer qu'une des voitures que je croise sur ma route est la réincarnation de la célèbre Christine de John Carpenter.

Pour l'amour des nuits blanches

CHRONIQUE / Je le répète ici chaque fois que j'en ai l'occasion, mais je raffole du cinéma d'épouvante.
D'ailleurs, plusieurs de mes meilleurs souvenirs cinématographiques de jeunesse proviennent du cinéma d'horreur. Par exemple, je n'ai qu'à penser au fascinant Poltergeist et à sa finale spectaculaire pour replonger soudainement presque 30 ans dans le passé. Je peux aussi vous fredonner chacun des thèmes musicaux de Vampire, vous avez dit vampire ? et sinon, je m'amuse encore parfois certains soirs à imaginer qu'une des voitures que je croise sur ma route est la réincarnation de la célèbre Christine de John Carpenter.
Hausse de popularité
Ainsi, je ne vous cacherai pas que c'est avec un certain bonheur que j'ai remarqué, au cours des dernières années, une hausse de popularité du cinéma d'horreur auprès du grand public.
Mais outre cela, ce qui fait mon grand bonheur, c'est que ces oeuvres se distinguent très souvent des productions que l'on voit traditionnellement à l'affiche.
La raison est pourtant bien simple : le cinéma d'horreur a cette particularité qui lui permet d'emprunter à d'autres genres cinématographiques et ainsi, de fricoter parfois du côté du thriller, de la science-fiction ou même du cinéma d'auteur.
À cet effet, les films qui ont été à l'affiche des cinémas au cours des dernières semaines démontrent plutôt bien cette géométrie variable si propre au cinéma d'horreur. On a donc eu droit au sublime Mother ! de Darren Aronofsky qui, en plus de glacer le sang, s'apparente à un certain cinéma d'auteur. Mais aussi, on a eu le fameux ÇA (version française de IT) qui a fait courir les foules jusqu'aux salles de cinéma.
Évidemment, je n'ai manqué aucun de ces deux rendez-vous et, entre vous et moi, lors de mon visionnement de ÇA, ça faisait très longtemps que je n'avais pas été témoin d'une salle aussi remplie alors que nous étions à une projection du vendredi soir.
Maintenant, j'aimerais bien vous dire avec tout l'enthousiasme du monde que c'est le meilleur film d'horreur que j'aie vu de l'année, mais bon, ça m'a plutôt donné l'impression d'être un alcoolique à qui on offre une tournée de shooters de Grand Marnier. Oui, c'était bon, mais ce n'était vraiment pas suffisant pour que j'y repense encore quelques jours plus tard.
Toutefois, ça ne sera certainement pas le cas de cette petite famille qui s'est pointée candidement dans la salle de cinéma avec leurs enfants de 5 et 8 ans.
En fait, pour être franc avec vous, j'ai passé l'entièreté du film à me demander à quel niveau pouvait se situer le trouillomètre de la pauvre fillette de 5 ans. Cependant, une chose est certaine, c'est que je connais maintenant deux parents qui ne feront plus leurs nuits complètes pendant un bon mois au moins.
Get out
Sinon, à ceux et celles qui auraient pu avoir la piqûre du cinéma d'horreur en visionnant ÇA (et j'espère que vous êtes nombreux), je vous suggérerais fortement de voir le brillant Get Out.
Voilà justement la concrétisation parfaite de ce que je vous racontais un peu plus tôt. C'est là un film d'horreur pur et simple. Or, en plus de faire rire jaune à quelques occasions, ce film se veut aussi un exercice de réflexion très puissant sur le rapport qu'entretiennent les personnes de couleur blanche versus les personnes de minorités visibles.
Je vous le dis, un seul visionnement de Get Out vous jouera très longtemps dans le cerveau et ça vous encouragera certainement à jeter un regard sur certaines de vos façons d'agir par rapport aux autres.
Enfin, bonne nouvelle pour ceux et celles qui désireront approfondir davantage leur exploration du cinéma d'horreur : une nouvelle chaîne de télé dédiée au genre a fait son apparition au Québec. Pour le moment, Frissons TV n'est disponible qu'aux abonnés de Vidéotron, mais d'ici la mi-octobre, elle devrait être offerte auprès de la plupart des fournisseurs de télé.
Et puis hop, pour les purs et durs qui ne carburent qu'à l'horreur, il y a toujours Shudder TV, le Netflix d'horreur, auquel vous pouvez accéder en tout temps, moyennant un abonnement de quelques dollars par mois.
Bonne nuit blanche !