Jean-Paul Desbiens, Rock Lessard et Jean-Louis Tremblay sont déjà en ligne devant le Pavillon du quai des croisières pour avoir le meilleur emplacement de pêche blanche sur la baie des Ha! Ha!. Ils vont patienter ainsi jusqu’à samedi matin.

Pêche blanche: 100 heures dehors

Je ne le croyais pas quand on m’a dit que des crinqués allaient passer les prochains jours à camper devant le Pavillon du quai des croisières, à La Baie, pour être les premiers à faire une demande d’emplacement pour leur cabane à pêche sur la baie des Ha ! Ha !

« Oui, mon cher monsieur, ça va faire une attente de 100 heures quand je vais me présenter samedi matin pour la prévente des emplacements des cabanes à pêche », m’annonce tout souriant Jean-Paul Desbiens, 81 ans, que j’ai rencontré dans sa camionnette stationnée depuis mardi matin, en face de la porte du Pavillon des croisières.

« Je suis arrivé mardi à 4 h du matin et mon chum à côté est arrivé mardi midi. Je suis le premier, et lui le deuxième, et un troisième est venu s’installer aujourd’hui. On veut être certains d’avoir l’emplacement qu’on veut. À l’Anse-à-Benjamin, il y a seulement une dizaine de cabanes qui sont excellentes pour la pêche à l’éperlan et je veux être sûr d’avoir la bonne », fait savoir le maniaque de pêche qui a installé ses chaises devant la porte d’entrée.

Emplacements recherchés

Des passionnés comme eux, il ne s’en fait plus. Les trois mordus de pêche blanche que j’ai rencontrés ont vraiment l’intention de rester dans leur camionnette jusqu’à samedi matin, 8 h, le moment prévu pour l’attribution des emplacements des cabanes à pêche pour la saison 2019. « Je vais attendre les prochains jours ici et j’habite seulement à trois kilomètres », dit-il.

Les cabanes que convoitent ces mordus de pêche dans le secteur de l’Anse-à-Benjamin sont situées à un endroit précis et très favorable pour l’éperlan. « L’an passé, j’en capturais beaucoup alors que mon voisin d’en face ne capturait que du sébaste. Le niveau de profondeur varie rapidement d’une cabane à l’autre. Il peut y avoir une différence de profondeur de 30 à 40 pieds sous la glace, selon l’emplacement », explique le pêcheur.

Des passionnés

« Je suis un passionné de pêche. Avant, j’habitais à Falardeau, au lac Sébastien, et j’avais installé une cabane de 16x20 à La Baie. Elle était tout équipée avec la télé et le chauffage à l’huile et on y passait plusieurs nuits. Il y a 13 ans, nous avons acheté une maison à La Baie, près de la polyvalente, et j’ai vendu ma grosse cabane à un gars de Saint-Félix ; elle valait 10 000 $. Maintenant, j’ai une petite cabane de 6x12 et on va coucher à la maison tous les soirs », raconte celui qui pêche sur les glaces depuis 25 ans.

« Ma femme est aussi passionnée que moi. Le matin, je lui fais un petit-déjeuner avec un bon café et elle pêche avec sa toast dans une main. Elle pêche 16 heures par jour sans se tanner », confie Jean-Paul Desbiens.

Celui qui est aussi bénévole sur le comité de pêche blanche était plutôt favorable à une attribution des emplacements par ordinateur. « Quand j’ai su que des adeptes avaient l’intention de venir camper devant la porte, j’ai décidé de les prendre de vitesse et de passer la semaine dans mon camion. La nuit dernière a été très froide et il ventait très fort. Je démarrais le moteur toutes les 30 minutes pour me réchauffer », explique celui qui a toutes les victuailles nécessaires dans sa glacière.

« Je suis à la retraite et j’ai beaucoup de temps devant moi. On prend le temps pour jaser entre nous. On parle de pêche, nous sommes tous des mordus », dit-il.

Un peu dingues

Rock Lessard, de Jonquière, nourrit les mêmes ambitions que son voisin de camion sur le stationnement. « Jean-Paul et moi, on se connaît depuis longtemps, il a été mon contremaître pendant des années à l’Alcan, avant que je prenne ma retraite. Nous sommes des passionnés de pêche. L’hiver dernier, j’ai passé 42 jours dans ma cabane. J’ai payé ma carte 25 $ pour utiliser les douches du centre communautaire, sinon je ne sortais pas des glaces », détaille le deuxième crinqué à s’être installés devant le quai des croisières.

« L’emplacement a de l’importance, surtout pour l’éperlan, car pour le sébaste, il y a de la place en masse. Nos blondes nous trouvent un peu cinglés, mais nous sommes des passionnés. Elles vont être bien contentes cet hiver quand ça va mordre dans la cabane », dit-il en riant.

Le troisième pêcheur en ligne devant le Pavillon du quai des croisières, Jean-Louis Tremblay de Chicoutimi, se consacre à la pêche blanche depuis six ans et patientera aussi dans son camion jusqu’à samedi. Les premiers passionnés de pêche blanche croient qu’ils seront sûrement une dizaine à camper sur place jeudi et qu’au moins une centaine de personnes seront là tôt samedi matin.